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Grasse : quand l'aromatique réinvestit
Focus sur Cargill et Firmenich, deux entreprises qui injectent en local pour conforter leurs bons résultats.

Alpes-Maritimes > Cargill muscle sa chaîne de production

L’unité grassoise se réorganise pour répondre en temps réel aux commandes.


C
argill, géant mondial de l’alimentaire créé en 1865 dans le Wisconsin aux Etats-Unis, investit 3M€ dans la modernisation du process de production de son unité azuréenne. Cargill est présent depuis 2006, après le rachat des activités grassoises de l’allemand Degussa. La filiale occupe un terrain de 7 hectares où les locaux (10.000 m²) accueillent 200 salariés affectés à la production d’arômes pour un chiffre d’affaires de 41 M€. Des arômes utilisés dans différents produits alimentaires comme les biscuits, les chocolats, les bonbons ou encore les médicaments. L’unité traite ainsi 4.000 commandes par an et conçoit, à partir des mélanges, près de 2.000 références différentes, du «sur-mesure», afin de répondre aux besoins de ses clients. L’investissement en cours permet de rationnaliser la chaîne de production des mélanges aromatiques. Les clients, de grandes sociétés de l’alimentaire, de la papeterie et de produits divers, ne souhaitent plus faire du stock: ils commandent et veulent être livrés en flux tendu, d’où la nécessité de travailler en temps réel, à la demande. Une centaine de salariés sont concernés par la réorganisation en cours. Les préparateurs ont à leur disposition 3.200 matières premières. Chaque «bouquet» d’arômes se compose de 2 à 80 ingrédients, et les proportions des liquides ou des poudres sont extrêmement variables. Auparavant, les commandes étaient segmentées en deux pesées et un assemblage, par des équipes distinctes. Désormais, les techniciens sont responsables de la globalité. Des balances mobiles ont été spécialement conçues pour s’approcher des différentes «pompes» qui délivrent délicats fumets de citron, d’orange, d’odeur de rhum, de cacao... Les opérateurs travaillent en continu, et les préparations sont réalisées en seulement 24 heures, contre 72 heures avec le système précédent.

www.cargill.com

 
Alpes-Maritimes > Firmenich consolide sa présence

Le groupe consacre 6 M€ à la modernisation de son unité, s’éloignant du spectre d’une délocalisation.


L
a société suisse, géant mondial des arômes et parfums (2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires), s’est fixée pour objectif de devenir le leader mondial sur le marché des produits naturels. En 2009, le groupe avait entamé une restructuration des unités dans la région après leur acquisition du danois Danisco (Grasse, Seillans) qui avait lui-même racheté des sociétés grassoises : s’ensuivit notamment la fermeture de l’unité de Seillans, dans le Var, pour rapatrier une partie du personnel dans le parc d’activité des Bois de Grasse. Par la suite, ce site allait abandonner à son tour la production d’arômes pour se recentrer sur les produits naturels. Les syndicats se déclaraient alors inquiets face à un possible transfert de l’activité vers d’autres structures dans le monde. L’effectif est tombé à 108 personnes, pour une activité entièrement recentrée sur l’innovation, le contrôle qualité et la transformation des matières premières naturelles vendues aux parfumeurs et aromaticiens. En début d’année, Firmenich a rassuré ses salariés, en annonçant un investissement de 6 M€ dans la modernisation des installations de distillation et fractionnement moléculaire, sur l’extracteur CO2 supercritique, la rénovation des laboratoires ou encore l’automatisation de certains ateliers. Comme d’autres sociétés installées à Grasse, Firmenich s’appuie sur l’expertise locale pour se développer dans les produits naturels. Cette activité a connu une augmentation de 14% depuis le début de l’année. Et le groupe signale qu’il a trouvé à Grasse, «un savoir-faire de plusieurs générations» qu’il entend bien exploiter sur place. Pas de délocalisation, du moins pour l’instant…

www.firmenich.com

Michel Bovas (édition du 5 août 2011)