Enseignes
Commerce
 
 

««« Retour share
Label Enseignes brille à l'international
Le trinitaire fabricant d'enseignes a passé le cap des 20 ans, entre crise et succès, tous deux internationaux. Aujourd'hui, la question de la succession aux commandes commence à se poser.

  Jean-Luc Passeron avait la petite trentaine et débordait d'énergie lorsqu'il a créé son entreprise, Label Enseignes, spécialisée dans la fabrication d'enseignes. Pourquoi l'entrepreneuriat ? « Pour ne plus être aux ordres de petits chefs, de roitelets... » 20 ans ont passé, et le patron, c'est lui. Il aura traversé la région en voiture chargée de néons, pour honorer ses premiers contrats, il aura traversé aussi une crise économique mondiale et d'importantes mutations côté marché. Ce fut éprouvant mais sa petite entreprise est bien lancée, et s'il lui arrive toujours de monter sur l'échelle pour fixer une enseigne, le quinquagénaire commence à penser à l'après.

Pour l'heure, il est à la tête d'une douzaine de collaborateurs. « Que je gère comme une équipe de foot, où tous ont un fort caractère mais surtout un talent très spécifique », se félicite celui pour qui la longévité d'une entreprise dépend beaucoup de la capacité du dirigeant à savoir s'entourer. Leurs petits talents? La soudure, le découpage, et même le soufflage de tubes néon ou le dorage à l'or fin. Car c'est ici, dans les 2.000 m² d'usine de La Trinité, que des enseignes prestigieuses ont été façonnées. Des lettres de métal ou de lumière qui voyagent, puisque la moitié des facturations de Label Enseignes sont signées hors PACA, pour des chaînes de restauration, de prêt-à-porter, automobile… Résultat : les néons azuréens éclairent les rues de France, d'Italie, et jusqu'aux États-Unis.

Des contrats qui font briller notre PME locale, mais toute médaille a son revers: « nous comptons beaucoup de grands comptes parmi nos clients, et ce sont les premiers à avoir fermé les robinets quand la crise s'est déclenchée, donc nous avons traversé une annus horribilis », se souvient l'entrepreneur. La société a tenu sur le fond de trésorerie que Jean-Luc Passeron avait mis de côté, sentant le vent tourner. Le marché s'est durci, mais il reste les contrats locaux et les clients fidèles, comme ce syndic niçois qui vient de commander une nouvelle enseigne à Jean-Luc Passeron. Tout un symbole : c'était son premier client, il y a vingt ans déjà.

Cette première signature, il s'en souvient... Car percer dans le business n'a pas été une mince affaire, même pour lui, niçois de souche, fils de ferronnier d'art azuréen. « Je suis comme un poisson rouge dans son bocal, si on me sort de Nice, j'ai du mal à respirer, j'ai besoin de voir la Promenade… Et même si j'ai installé mes locaux à La Trinité, je reste dans le Comté », plaisante celui qui envisage tout de même de refaire la Route de la Soie en voiture, une fois la retraite venue … Mais avant de partir sur les ancestraux chemins du commerce, Jean-Luc Passeron doit régler la question du passage de relai à la direction de sa société, qui ne deviendra sûrement pas un empire familial… Car si le dirigeant est père de trois enfants, âgés de 18 à 26 ans, ils n'hériteront pas forcément des clés de l'usine nichée sur le chemin d'Eze. « Je n'ai pas fait tout ce travail pour qu'il parte à vau-l'eau, ce sera donc la personne la mieux armée que j'aiderai pour reprendre l'entreprise, car il est hors de question qu'elle ne soit pas pérennisée. ». Le mieux armé aujourd'hui, c'est Anwar Ahkouch: entré en contrat de qualification à 17 ans, il est aujourd'hui « le bras gauche du patron », s'amuse-t-il à dire à son gaucher de dirigeant, qui ne cache pas son émotion en présentant ce jeune homme de 27 ans comme la relève.

 

Lucie Lautrédou



Dirigeant : Jean-Luc Passeron
Chiffre d'affaires 2010 : 1,2 M€
Effectif : 12
Tél. : 04 97 00 12 12