Jeune Chambre Economique
Cannes Le Cannet Mandelieu
 
 

««« Retour share
Stéphanie Grosmaire, Mademoiselle la présidente
La JCE Cannes-Le Cannet-Mandelieu, antenne à dominante masculine, vient d'élire une femme à sa tête. Son projet ? La création d'une unité d'accueil pour les enfants victimes de maltraitances.

  «Il est parfois préférable d'être très actif plutôt que de penser trop intensément». Cette citation de l'écrivain américain Louis Bromfield sera le leitmotiv du mandat de Stéphanie Grosmaire à la présidence de «sa» Jeune Chambre Economique. Une promesse qui sonne tout sauf faux dans la bouche de cette jeune blonde, qui s'amuse volontiers de sa «taille anormalement peu développée…» Pas du petit, mais du concentré : l'avocate au barreau de Grasse est une boule d'énergie, qui gravite entre nuits cannoises et dossiers de droit des affaires à Saint-Laurent-du-Var, où elle exerce au sein du cabinet Valentini, avant, comme elle l'espère, de s'installer comme une… grande. D'ailleurs, au cours de la récente soirée de passation entre elle et Jean-Noël Brun, au Bistrot des Anges de Bruno Oger, les commentaires confirmant ce portrait ne manquaient pas, allant de «fêtarde» à «un peu dissipée en réunion, souvent encline à papoter avec ses voisins» : des traits bien marqués qui n'enlèvent manifestement rien à son sérieux, et c'est avec sérénité que son conseiller en gestion de patrimoine de prédécesseur cède la place à celle qu'il qualifie de «dynamique, dévouée, attachante et digne de confiance».

Dynamique, cette Bourguignonne d'origine arrivée dans les Alpes-Maritimes il y a une dizaine d'années devra l'être pour mener à bien son projet-phare : la création d'une unité d'accueil médico-judiciaire, en partenariat avec l'association «Femmes et Enfants du Monde», qu'elle a connu grâce à sa consœur et voisine de cabinet, Me Nathalie Joffroy. Elle espère donc voir la création, dans l'une des trois communes couvertes par son antenne, d'une structure d’accueil digne de ce nom pour les enfants victimes de maltraitances physiques ou sexuelles, au sein du milieu hospitalier, afin de recueillir la parole des mineurs dans un univers sécurisé, et d'apporter un accompagnement tout à la fois médical, psychologique et judiciaire. Actuellement, «les auditions d'enfants se font généralement dans les locaux de la police, dépourvus de structures adaptées, et sommes toutes assez effrayants et impersonnels pour permettre de recueillir sereinement le témoignage de l'enfant et parvenir à la manifestation de la vérité», regrette la juriste.

Un programme qui sera donc, une fois n'est pas coutume, plus juridique et social que purement et durement économique, objectif premier des JCE. Plus féminin aussi. Ça tombe bien, puisque les douze membres actifs de la JCE Cannes-Le Cannet-Mandelieu déplorent la faible représentation du deuxième sexe en leurs rangs : «il y a deux ans, Stéphanie était la seule fille parmi nous», se souvient Jean-Noël Brun. L'action majeure de ce bureau à dominante masculine pour attirer ces dames ? Une élection de Miss, qui aura lieu pour la troisième année consécutive le dernier week-end de juin, un rendez-vous certes festif et original, mais qui, ramenant la femme à son rôle de Barbie, risque de ne pas séduire certaines working girls qui ont lutté bec et ongles pour se faire une place dans un monde d'hommes … Une présidente et une action engagée auront sans doute d'autres attraits pour les leadeuses «plus féminines du cerveau que du capiton», pour ne pas citer le magazine féminin (voire féministe) Causette.

Mais attention, point de chienne de garde cachée sous la chevelure blonde de Mademoiselle Grosmaire. Elle cherche à recruter large : «laïque et apolitique», la JCE compte accueillir tous les 18-40 ans de bonne volonté, actifs ou en recherche d'emploi, pour s'engager à ses côtés et mener à bien les actions programmées. Outre la création de l'unité d'accueil, l’élection de Miss, à noter la reconduction d’une participation lors de la Quinzaine de l'emploi cannoise et l’implication dans la Fête des P'tits Loups.

Lucie Lautrédou

Sur la photo : Stéphanie Grosmaire et Jean-Noël Brun