TGI de Nice
Rentrée solennelle 2011
 
 

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TGI de Nice. Rentrée solennelle et rebelle
Dominique Karsenty, présidente du TGI de Nice et Eric de Montgolfier, procureur de la République, n'ont pas mâché leurs mots face à Christian Estrosi, député-maire de Nice, et Eric Ciotti, président du Conseil général.

  S i la Justice a les yeux bandés, elle n'est pas bâillonnée. La rentrée solennelle du TGI de Nice ce 10 janvier a en effet été l'occasion pour Dominique Karsenty, sa nouvelle présidente, et Eric de Montgolfier, procureur de la République, de sortir leur glaive et de déballer ce qui commence à leur peser sur la balance : le manque de moyens, l'intervention croissante du politique dans l'exercice de la Justice et le passage d'une « démocratie d'opinion à une démocratie d'émotion », dixit Eric de Montgolfier.

Et ce dernier n'a pas mâché ses mots face à Christian Estrosi et Eric Ciotti, reprochant par exemple « au pouvoir politique la part excessive qu'il tend à prendre dans l'exercice de la Justice ». Une justice qui dépend des « moyens qui lui sont chichement accordés », a-t-il blâmé, suivi par la présidente installée fin octobre, qui a enchaîné sur « l'intensification des activités et la réduction des effectifs ».


Pas d'intensification pourtant côté affaires civiles puisque 14.220 nouvelles affaires étaient saisies en 2010 contre 14.985 en 2009. Augmentation cependant au niveau des saisines en vue de placement en détention, puisque, d'après la présidente, elles sont passées de 260 à 414. Et c'est côté effectifs que le bât blesse, car il manque deux magistrats du siège, idem côté parquet et trois fonctionnaires au TGI.


Une rentrée toute en tension donc, pour une année qui promet de l'être, sous le signe de la réforme judiciaire.

Lucie Lautrédou


Plus d'informations sur notre vidéo.


Sur la photo : Dominique Karsenty, présidente du TGI, face à Christian Estrosi, député-maire de Nice.