Espace Jacques-Louis Lions
Pépinière Aroma Grasse
Pôle Azur Provence
 

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Grasse : le parfum de la réussite
Quoi de mieux pour commencer 2011 que de revenir sur l'un des meilleurs chantiers azuréens de 2010 ? Pour notre rédaction, l'inauguration de l'espace Jacques-Louis Lions en septembre à Grasse, se détache clairement du lot.


  Après la rénovation du Musée international de la parfumerie, en parallèle à l'aménagement du parc d'activités AromaGrasse, le montage de ce creuset d'innovation participe au repositionnement de Grasse sur ses savoir-faire historiques : les arômes, parfums et ingrédients naturels. Le territoire a d'ailleurs été labellisé comme lieu d'expertise mondial du naturel en tant que pôle de compétitivité «Parfums, Arômes, Senteurs, Saveurs» (PASS) en 2005.

L'espace Jacques-Louis Lions réunit les trois composantes de l'innovation : recherche, université et entrepreneuriat. Sur trois étages, les locaux de l'ex-usine Roure regroupent la pépinière d'entreprises InnovaGrasse, le Master de chimie Foqual de l'Université Nice Sophia et le laboratoire de la plateforme ERINI (European Research Institute on Natural Ingredients). Une proximité qui, moins d'un an après l'inauguration de l'espace, a déjà fait naître nombre d’interactions. Et c'est toute une ville qui est tirée vers le haut par cette politique. «Grasse avait une image vieillotte, mais aujourd'hui on sent une nouvelle impulsion», note Dominique Lamballais, incubé sur place. Une impulsion qui touche tout le bassin puisque, selon les chiffes de l'Observatoire Sirius, l'emploi entreprises a augmenté de 1,5% sur la zone entre les premiers semestres 2009 et 2010. Sur la même période, il baissait de 1% à Sophia... En 2011, Grasse fera-t-elle trembler la technopole ?

Ce que j’aime dans les mathématiques appliquées, c’est qu’elles ont pour ambition de donner du monde des systèmes une représentation qui permette de comprendre et d’agir», déclarait Jacques-Louis Lions, père de l’Ecole française de mathématiques appliquées, né à Grasse. Il a donné son nom au «bâtiment 24» de l’ex-usine Roure. Comprendre et agir, c’est aussi l’objectif de ce lieu qui abrite aujourd’hui la pépinière InnovaGrasse, le master 2 Foqual de l’université et la plateforme ERINI. Un espace dédié aux arômes, parfums et ingrédients naturels, mais pas seulement, puisque la pépinière est également ouverte aux entreprises technologiques. Objectif : créer «de l’innovation dans l’innovation», vise Richard Rios, directeur du service économie du Pôle Azur Provence. Pari gagné : la coopération entre entreprises est d’ores et déjà lancée, et les partenaires institutionnels ne sont pas en reste ...

Lucie Lautrédou


Plus d'informations sur notre vidéo.

 
  Tech ISI . Jouer de la proximité avec le Pôle Azur Provence

Geneviève Coulomb était parmi les premières à poser ses cartons dans les locaux d’InnovaGrasse, avec notamment Yannick Grasset, de la société RFIDEAL. Avec plus de 20 ans d’expérience dans le monde des arômes et de la parfumerie, elle n’aurait lancé sa société de conseil et d’accompagnement technique des professionnels de cette industrie nulle part ailleurs que dans les murs de l’ex-usine Roure. Après avoir créé son entreprise en juillet 2009, elle s’est donc installée en avril 2010. Un bon calcul car elle bénéficie sur le site d’interactions avec ses voisins de bureaux, mais aussi avec le Pôle Azur Provence, partenaire de choix, basé à quelques mètres. Résultat : un chiffre d’affaires qui devrait doubler l’année prochaine.

Geneviève Coulomb, consultante et fondatrice de Tech ISI.

 
  Botanicert. Recruter des étudiants

Si Tech ISI a joué la carte de la synergie avec la communauté d'agglo, Francis Hadji-Minaglou, lui, est allé chercher de nouvelles ressources quelques étages sous la pépinière, du côté du master FOQUAL. Botanicert, spécialisé dans la certification des plantes et produits à base de végétaux, a en effet créé un laboratoire d’analyse et de recherche des matières premières naturelles pour la cosmétique et l’agroalimentaire, en collaboration avec la formation chimie de l’Université. Un partenariat qui profite aussi aux jeunes, puisque Botanicert a recruté l’un des étudiants de l’UNS, Loïc Loffredo, ingénieur, et prévoit aujourd’hui de travailler avec deux nouveaux élèves.

Francis Hadji-Minaglou a embauché un étudiant du Master Foqual, aujourd'hui ingénieur : Loïc Loffredo.

 
  Nice Aromatics. Profiter des outils de recherche

Ne vous fiez pas à son nom, Nice Aromatics est bien basée à AromaGrasse. Le spécialiste de la commercialisation de matières premières aromatiques naturelles profite d’ailleurs du laboratoire de l’espace Jacques-Louis Lions. C’est pour le dirigeant de la SARL, Jean-Michel Molin, l’un des atouts majeurs de la pépinière. Car en plus d’y bénéficier d’un loyer modéré, profiter du labo économise un investissement de départ qui aurait pu être très lourd pour la société. Fondée il y a un an, elle enregistre déjà un chiffre d’affaires d’1Ma et devrait atteindre l’équilibre dès cette année.

Jean-Michel Molin,gérant de Nice Aromatics emploie deux personnes à mi-temps, dont Delphine O'Layer.

 
  Easy Medias Systems. Respirer le nouveau souffle grassois

Pour sa part, Dominique Lamballais, à la tête d’une société qui propose un système de diffusion d’informations couplé à celle d’arômes, prend tout le package pépinière : «les conditions d’accueil exceptionnelles, le savoir-faire, l’accompagnement, le dynamisme...». Mais ce que l’entrepreneur apprécie tout particulièrement, c’est «l’impulsion qui est rendue à Grasse, qui devenait un peu vieillotte». Une énergie communicative, puisque la société commercialise ses produits jusqu’à Paris. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 95.000a en 2010, après un an d’activité, et devrait elle-aussi atteindre l’équilibre en 2011.

Dominique Lamballais réalise un CA de près d'1 Ma avec sa société Easy Media Systems.