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Croisières : la Côte d’Azur perd ses têtes de lignes
Triste constat au Seatrade : faute d’infrastructures sur la Côte, la croisière met ses têtes de lignes à Marseille.

  La Côte d’Azur se contente d’escales alors que Marseille, grâce à ses têtes de lignes, engrange les retombées. «Nous avons triplé leur nombre en quelques années grâce à l’adaptation du port», confirme, au Seatrade Med, Jacques Truau, président du Club de la croisière Marseille Provence. Un passager en tête de ligne dépense 160€/jour en hôtel ou restaurant, soit un total de retombées estimé à 100 M€ cette année dans la cité phocéenne. Et sur la base d’un emploi pour 1.000 passagers, on estime que cette activité a créé 800 postes.» Des chiffres qui font mal du côté de Nice-Villefranche ou Cannes, qui en l’absence d’infrastructures d’accueil, se contentent d’escales en rade et de visites à la journée, moins fructueuses. Et le trafic bascule. En 2000, Nice-Villefranche-Cannes accueillaient 426.000 croisiéristes contre 182.000 à Marseille et seulement 36.000 à Toulon. En 2010, Marseille en traite plus de 800.000, en grande partie des têtes de lignes, alors que les ports azuréens stagnent à 665.000, et que Toulon atteint déjà 250.000 croisiéristes. Le rapport «Essor Prometteur des croisières en France» du Conseil National du Tourisme, remis au Ministère, constate : «le groupe Cannes-Nice-Villefranche, malgré des atouts touristiques indéniables et un aéroport, ne profite plus de la croissance de la croisière en raison d’infrastructures inadaptées. Or, les compagnies sont intéressées». A Marseille, Costa, Louis et MSC investissent dans le port : un programme de 10 M€ d’équipements. «Nous avons installé une tête de ligne à Monaco», précise Georges Azouze, directeur de Costa en France. «Une partie des passagers qui embarquent à Savone sur nos unités transitent par l’aéroport niçois. La Côte d’Azur pourrait capitaliser en accueillant à quai une ou deux unités de 300 mètres». Un avis partagé par l’ensemble des compagnies présentes sur le salon cannois, qui attendent un signe des élus.

Michel Bovas

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