Palmarès 2010
SAP France Labs
Développement de logiciels
 

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SAP Labs France, star mondiale recherche monsieur Sophia
Hanno Klausmeier défend SAP Labs France, filiale azuréenne du spécialiste du développement de logiciels, face à son siège allemand. Pourtant, il peine à entrer en contact avec les représentants politiques locaux.

  Lequel des politiciens du département sait que SAP Labs France, qui emploie 200 ingénieurs et techniciens à Sophia-Antipolis, pourrait en occuper 3 ou 4 fois plus ? Et même dépasser Amadeus, le plus gros employeur de la technopole ? Pas même le maire de Mougins, sur la commune duquel est installée cette star mondiale du logiciel (10 Md€ de chiffre d'affaires avec 50.000 personnes). Richard Galy n'a même pas pris 30 secondes pour répondre à la demande de rendez-vous envoyée depuis le début de l'année par Hanno Klausmeier. "Je suis quand même l'un de ses plus gros employeurs" s'inquiète en épluchant notre palmarès ce Westphalien d'origine, qui a passé l'essentiel de sa carrière aux Etats-Unis et au Mexique où "il est plus facile de travailler avec les politiciens". Il ne comprend toujours pas dans quel univers il est tombé en 2007. Il prend à ce moment-là la direction générale de cette filiale arrivée dix ans plus tôt avec... 3 personnes. Elle en emploie aujourd'hui 200, dont 20 dans l'établissement secondaire ouvert depuis à Paris et 50 de plus à partir de janvier après le rachat d'une société normande. "Mais au même moment nous créions une autres filiale ; elle compte aujourd'hui 5.000 personnes." Cherchez l'erreur !

Avec son physique de battant, Hanno Klausmeier qui "porte le drapeau France" et se plaît au demeurant dans notre contrée, ne chôme pas pour renforcer son unité soumise à une rude compétition internationale arbitrée par le siège. "Je me bats tous les jours pour les investissements ici. J'ai même assisté à la présentation à Paris de la politique de relocalisation de Christian Estrosi. J'ai fait ce qu'il y avait dans son projet politique. J'ai réussi à récupérer quelques postes d'Inde. ça m'a demandé un an. Appuyé, j'aurais pu réduire le délai de moitié. Je compte faire la même opération en Russie. Mais où est l'aide, de Paris ou localement ?" Imperméable aux grandes envolées lyriques qui restent lyriques, le PDG demande du concret, de l'écoute pour les besoins de ces 200 familles. Il sait qu'il ne changera pas le code du travail, la fiscalité ou la culture de la grève mal perçue dans les "corporates" étrangers, même si "le président Sarkozy a fait disons... 3/10èmes de ce qu'on espérait." Mais il demande à être écouté et entendu, à voir le poids de sa firme considérée, à s'y retrouver dans le dédale d'autorités enchevêtrées qui fait le charme désuet de la plus compliquée des technopoles d'Europe. Personne ne lui a dit que le patron de Sophia est Jean Leonetti, que Mougins est dans la technopole sans y être. "Il aurait fallu nous prévenir que nous ne bâtissions pas au bon endroit". Il cherche encore "un interlocuteur avec qui faire des choses ensemble comme dans une équipe de foot, pour marquer le but". Mais il garde dans son tiroir un plan B : "J'ai bien observé ce qui s'est passé avec Wipro. Ils sont partis parce qu'il n'y avait pas un Hanno Klausmeier..." Seulement, à l'impossible nul n'est tenu.

Jacques Bruyas

Sur la photo : Hanno Klausmeier, dirigeant de SAP Labs France.


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