Palmarès 2010
Horus Pharma
Laboratoire ophtalmologique
 

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HORUS PHARMA regarde au-delà des frontières
Le laboratoire ophtalmologique laurentin a les yeux rivés sur l'international.

  Au classement de la progression de chiffre d'affaires, Horus Pharma coupe le ruban. Introduit seulement depuis l'an dernier dans notre palmarès, le laboratoire ophtalmologique de Saint-Laurent-du-Var méritait d'être distingué en dépit de sa brève antériorité, car il n'a cessé de brûler les étapes, atteignant les 12 M€ en 7 ans d'exploitation. Sans le moindre kopeck extérieur, à l'inverse de trop d'entrepreneurs moins pressés de vider leurs poches que d'aller sonner chez le premier banquier venu.

Martine et Claude Claret n'ont pas joué à la start-up, au risque de faire "ringard". "Bien que 4 ou 5M€ au départ nous auraient dispensés d'un certain nombre de problèmes." Au modèle de développement à la NicOx s'appuyant sur un produit-phare, ils préfèrent celui de Genevrier ou Théa, à la panoplie bien garnie.

Un indiscutable acquis de leurs parcours professionnels qui se sont croisés chez Dulcis à Monaco, avant son rachat par Allergan où Claude exerça, pour déboucher sur la fondation de MC Développement. Qui, "avant de s'effacer, servira de marche-pied à Horus". Ils paieront leur ticket d'entrée sur le marché pharmaceutique en commençant par la distribution de produits, en obtenant leur remboursement ou en décrochant des AMM pour de nouvelles synthèses (sur les génériques du Spasfon) dont ils touchent toujours des royalties. Une période de 5 ans pour sortir la société du rouge, pendant laquelle ils ont "beaucoup travaillé", apprenant une chose : "En pharmacie rien ne se fait linéairement. Il ne suffit pas de mettre de l'argent pour produire quelque chose en 3 ou 4 ans ; on a des mauvaises surprises... et des bonnes."

S'ils attaquent en 2010, "avec un an de retard", l'export (pays germanophones d'abord), c'est parce qu'ils estiment avoir atteint un seuil. Ils disposent d'une gamme d'une trentaine de médicaments. Remboursables pour les deux-tiers, ils sont répartis entre sécheresse oculaire, collyres et compléments alimentaires spécifiques à l'ophtalmologie sur prescription, dont la fabrication est confiée à une série de sous-traitants européens. La première solution sans conservateur pour les soins et l'hygiène des paupières dénommée "Eye Free" est un atout commercial de taille pour l'équipe de 25 délégués médicaux. Elle est aussi le signe tangible des capacités d'une équipe, en croissance, de huit chercheurs, dont trois thésards sous contrat (à l'Institut de la vision, à l'Université de Marseille et à l'INRIA de Dijon), disposant d'un crédit-impôt-recherche et d'un budget de 1Ma que Martine et Claude Claret rêvent de tripler rapidement. Les perspectives du marché leur en laissent l'espoir : grâce au vieillissement des populations, la part de l'ophtalmologie dans l'industrie pharmaceutique a doublé (de 2 à 4%) et les prix des produits ne s'inscrivent pas vers la baisse. Mais ils ont un regret : Nice n'a toujours pas de faculté de pharmacie pour répondre aux nombreux besoins.

Jacques Bruyas

Sur la photo : Martine et Claude Claret, présidente et directeur général du laboratoire Horus Pharma.


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