Palmarès 2010
Panini
Croissance
 

««« Retour share
PANINI se dope au mobile
Le spécialiste des stickers à collectionner se développe sur des marchés où on ne l'attend pas, notamment ceux d'Internet et de la téléphonie mobile.

  Adam Smith n'a pas complètement tort : l'intérêt particulier peut aller parfois dans le sens de l'intérêt général. Le réseau des distributeurs de tabac et de presse, qui maintient une convivialité dans les villes et jusqu'aux plus infimes bourgs, devra peut-être une part de sa survie à Panini France... Inquiet que la lutte anti-tabagisme et les difficultés de la presse écrite n'affaiblissent ce maillage qui assure une large part de ses ventes, la plus ancienne filiale du 1er éditeur italien de BD et 4ème mondial d'éditions pour la jeunesse (1Md€) a trouvé une solution gagnant-gagnant : lui assurer un surcroît d'offre en devenant distributeur de téléphonie mobile (recharges, packs téléphoniques...). "Une pratique éparse que nous avons généralisée. Mais le premier coup de fil à Orange pour en parler a été plutôt frais", commente Bruno Guillen, son directeur du marketing. Depuis, la mine des opérateurs est plus joviale. Car huit ans plus tard, cette branche d'activité génère 150M€, soit 56% du chiffre d'affaires de la société basée à Saint-Laurent-du-Var, siège français, avec 50 salariés côté effectifs. Même si le profit est moins net que dans les autres segments, c'est incontestablement le mobile (400.000 recharges par semaine) qui explique sa forte croissance et une première place dans la sélection 2010 de notre palmarès, ex-aequo avec Montelec. Mais pour autant, Panini n'est pas devenu un opérateur téléphonique : "nous avons une marge d'initiative commerciale pour nous adapter à la culture du pays, mais notre métier reste l'édition." Et, pourrait-on dire, le football.

L'histoire commence lorsque deux frères ont, à Modène, l'idée d'une collection de vignettes à coller dans un album à l'effigie des vedettes du ballon rond. Vu ce qu'est devenu ce sport, on comprend l'essor de Panini... et la déception devant le fiasco des Bleus en Coupe du Monde. "Fin mai, la collection sortie en avril avait gagné 30% par rapport à la précédente compétition. Tout s'est effondré brutalement". Panini a quand même gagné de l'argent : ce segment (60Ma de chiffre) est le plus profitable. La branche édition pèse d'un poids équivalent avec ses 5,5 millions de magazines et 3,1 millions de bd/comics (dont tous les super-héros, Batman et autre Superman récupérés lors de son passage dans le portefeuille de l'éditeur américain Marvel) qui en font le 3ème éditeur jeunesse en France, derrière Hachette et Bayard-Milan. Mais Panini leur a soufflé la licence pour le 1er film de Titeuf l'an prochain. Enfin, l'entreprise s'est lancée depuis 2006 dans la vente des produits dérivés du foot sur internet (maillots, lunettes, livres...) qui dégage déjà 7 à 8Ma. Pour entreposer tout cela, Panini dispose des hangars de Saint-Laurent, mais surtout de Carros et d'un grand dépôt central à Clermont-Ferrand.

Jacques Bruyas

Sur la photo : Bruno Guillen, directeur du marketing.


Plus d'informations sur notre vidéo.