OIN
Eco-Vallée
 
 

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Sans Eco-Vallée, point de salut pour Nice ?
Devant les DCF (directeurs commerciaux de France) à Carros, Philippe Auroy s’est voulu optimiste... et définitivement convaincu.

  La rencontre se voulait informelle, mais instructive entre l’association azuréenne et le conseiller spécial OIN de Christian Estrosi : une sorte de point d’étape deux ans après la constitution de l’EPA (Etablissement public d’aménagement) dédié à l’Eco-Vallée niçoise. Et l’orateur de rappeler en préambule, et pour les plus sceptiques devant une phase de démarrage un peu difficile, que le même établissement, côté Défense à Paris, existe depuis 40 ans… L’immobilisme tant décrié serait donc tout relatif. «Profitons de nos atouts, le tourisme et la notoriété, pour faire rebondir notre économie», tel est le leitmotiv de Philippe Auroy, qui table sur la création, à terme, de 50.000 emplois en 30 ans sur la plaine du Var et ses 3 millions de m² SHON dévolus à l’Opération d’Intérêt National. Avec un «moteur» puissant et obligatoire : la gare multimodale et ses associés transports dans la partie basse du projet, base de toute mutation d’envergure. Et de défendre aussi le présent : «on dit qu’il ne se passe rien, mais Ubaldi et Schneider ont d’ores et déjà vu leurs permis de construire acceptés pour doubler leurs actuelles surfaces. Et donc créer de l’emploi.» De citer aussi la reprise en régie directe municipale du MIN: «La SOMINICE n’a pas démérité, mais pour maîtriser les délais (le marché doit déménager à La Baronne pour laisser place aux infrastructures de transport), il était plus prudent pour Christian Estrosi de reprendre la main.» Le projet de port à l’ouest de Nice ? «Un port de plaisance, l’emplacement est inadapté pour y prévoir autre chose.» Enfin une réponse claire et nette… Des zones «thématiques» dans l’OIN ? «Dans la mesure du possible, tout au moins au départ. Pour la suite, c’est la loi du marché, on ne peut pas se substituer aux mouvements d’entreprises.»

Côté IKEA et prison, on sent le coup de frein. Du grenier de Nice au grand bazar, il ne faudra pas s’éparpiller dans cette plaine du Var à vocation économico-agricole.

Et côté potentiels investisseurs ? «Oui, le projet est plutôt bien accueilli. Les demandes sont là, il faut se bouger…» Une trentaine d’hectares seraient déjà sous les feux des projecteurs. «Le positionnement de l’OIN attire. En particulier les Américains et les Asiatiques, qui se montrent attentifs pour implanter chez nous des unités de démonstration à destination du marché européen.» Et de citer l’exemple de Suntech, société chinoise n°2 sur le secteur du photovoltaïque, alpaguée par Christian Estrosi lors de sa visite à Shangai, qui compterait installer sa production pour l’Europe au Maroc et faire d’Eco-Vallée sa vitrine. Pour l’heure, franc cap sur la récupération des terrains agricoles, squattés par des activités commerciales (marchands de pneus, céramiques…) ou sur le retour d’un centre de logistique digne de ce nom, l’actuel PAL, grignoté par Monaco, ne suffisant plus. «Les entreprises azuréennes sont contraintes d’aller jusqu’au Capitou. Ce n’est pas normal.» La vallée du Var, seule réserve (presque) vierge du territoire niçois, reste donc plus que jamais promesse d’Eldorado économique. «Un vrai saut qualitatif et quantitatif pour toute la Côte d’Azur.»

Isabelle Auzias

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Sur la photo : Pour Philippe Auroy, si Sophia est un peu un «contre-exemple» dans certains domaines (manque de logements et de transports cohérents), il ne s’agit pourtant pas pour l’OIN de faire de l’ombre à la technopole.