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Performance et innovation déclinées en trophées
Deuxième édition des trophées de l’Economie, décernés par la CCI et son Club des Ambassadeurs, en partenariat avec Nice Matin. Peu de surprises, mais une constante : la discrétion des lauréats.

  Sept trophées pour sept entreprises: méritantes, innovantes, sélectionnées par un jury pointilleux et aguerri (Dominique Estève, Laurence Genevet, Jean-Pierre Mascarelli, Alice Guilhon, Christelle Lefebvre…). Toutes ont pignon sur rue, mais toutes ont fait l’impasse sur une communication à outrance malgré leurs révélés atouts. Et leurs respectifs succès.

Côté Trophée de la croissance rentable et durable, le choix collectif s’est porté sur ARM (ex Euromips Systems), concepteur de cartes à puces et autres processeurs intégrés à Sophia. Née d’un essaimage de Texas Instruments, la start up de Pascal Peru n’est reconnue du grand public que depuis sa participation à la billettique des JO de Pékin. Pourtant, il s’agit bien là d’un des leaders mondiaux des licences dans le domaine des semi-conducteurs. «Nous chatouillons les plus grands», précise Pascal Peru, fier de la notoriété acquise au fil des ans par cette entreprise azuréenne aujourd’hui cédée à un groupe britannique. Qui a eu du nez en investissant à Sophia, et qui fait travailler 1.800 salariés dans le monde (dont 46 sur la technopole).

Le Trophée du développement méditerranéen est revenu à Corinne Barrault, PDG d’Aromatica (arômes pour boissons, confiseries, produits laitiers…). Créée en 2000 au Bar-sur-Loup, elle affiche un chiffre d’affaires de 1,9M€ et emploie 12 personnes. Pour sa dirigeante, qui désormais vise l’imposant marché indien, «être industriel en France reste difficile. Avec toutes ces contraintes, il faut vraiment vouloir aller de l’avant.» Ce qui ne l’a pas empêchée de miser sur le développement durable pour la construction de sa nouvelle usine, en 2008. Un pari gagnant.

Christian Lenôtre, directeur général délégué de SAED (Sophia-Antipolis Energie Développement) s’est vu remettre le Trophée de l’Innovation : installée à Sophia en 2008 avec un important investissement de départ (1.15 M€), la société table sur un nouveau concept de production d’énergie solaire thermique (avec stockage) dirigé vers le secteur industriel. «Dans la région, il y a un véritable savoir-faire au niveau du thermique», précise-t-il. «Nous avons testé nos solutions sur le toit de l’Ecole des Mines, et pensons qu’il y a un réel marché mondial du côté de l’industrie.»

Il fallait un homme ou une femme de l’année pour compléter le palmarès : ce sera… deux femmes, ex-aequo sur le podium, dans des secteurs d’activité pourtant fort différents. Focus sur Nathalie Esclapez, co-manager des Thermes marins H2O aux côtés de Gilles Stellardo. Ouverts en 2009, les bains cannois s’octroient un chiffre d’affaires de 10Ma pour l’exercice en cours. «Notre objectif, c’est d’aller au delà d’un service banal, d’être acteur de l’activité touristique de notre région.» Cible atteinte : avec 75.000 curistes par an, H2O est devenu en une saison un grand pourvoyeur de nuitées locales: 15.000 clients pour l’hôtel couplé, et 45.000 sur l’ensemble de Cannes… Et 90 emplois directs à la clef.

Même réussite, mais format différent pour Ghislaine Augé, à la tête de Béton 06 à Saint-André de-la-Roche. Une femme dans le béton, rien de choquant lorsque l’on connaît les états de service de l’entreprise, fondée en 1967 et restée depuis dans le giron familial. Elle l’avoue humblement, elle aurait pu gérer bien d’autres activités, mais le destin l’a poussée vers le BTP. Un effectif de 27 salariés, un chiffre d’affaires de 6 M€ en 2009, Ghislaine Augé croit dur comme fer en l’innovation, en distribuant, pour exemple, cet ingénieux monomur en pierre ponce qui réconcilie construction et développement durable.

Vous avez dit Success Story ? Un prix qui ne pouvait échapper à l’historique Panini, dont le siège français n’a jamais quitté Saint-Laurent-du-Var. Une manière de ne pas trop s’éloigner de la nation-mère, la toute proche Italie qui insuffle partout son esprit et sa culture d’entreprise. On connaît de Panini les traditionnelles images : le groupe, présent dans 110 pays à travers le monde, s’attaque aujourd’hui à l’e-commerce (Foot center) et à la téléphonie mobile. «Nous sommes aussi leaders en France sur les comics, et 5èmes éditeurs de mangas dans l’hexagone… Nous avons toujours cherché d’autres leviers de croissance» souligne Bruno Guillen, directeur commercial de la célèbre maison. A Saint-Laurent, ils sont 55 à rouler pour les sacro-saintes petites images. Pour un chiffre d’affaires 2010 de 232M€… rien qu’en France.

Enfin, le Prix Coup de Cœur 2010 s’est penché sur les Vitrines Parisiennes de Frédéric Allard, dont nous parlions il y a peu dans nos colonnes. Un original site de vente de prêt-à-porter en ligne qui s’acoquine avec une présentation «magazine», pour plus d’impact et d’idées mode. «Nous sommes de vrais commerçants, impliqués, dynamiques. Nous offrons plus qu’un produit : des looks, des scénographies, un renouvellement permanent de nos collections, à la manière des grands magasins.» Du multi-marques par net interposé, qui a su séduire le jury de ces attendus Trophées, remis mardi dernier au Palais consulaire.

Isabelle Auzias

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Sur la photo : Six catégories mais sept récompensés : pour ces Trophées de l'Eco 2010, on observera une belle parité, et aussi beaucoup d'éclectisme dans les activités sélectionnées, du BTP au tourisme en passant par le net.