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Emploi : Saint-Cézaire a eu du nez...
Surmontant son handicap géographique, le village attire désormais quelques fleurons du pôle aromatique. Bel exemple de conversion économique en moyen-pays.

  Il n’y pas de fatalité économique. Confronté comme bien d’autres communes à la disparition d’une activité agricole ou pastorale, Saint-Cézaire-sur-Siagne, sur sa falaise dominant la rivière (qu’ici on appelle «le fleuve»…), aurait pu se résoudre à devenir un village dortoir, s’animant quelques week-ends par an ou pendant les vacances. «Dès mon élection en 1985, j’ai facilité l’aménagement d’une zone d’activités», souligne le maire Maxime Coullet, également président de la Communauté de communes Terres de Siagne née il y a 18 mois. «C’était alors une vraie gageure pour ce village sur son piton dans l’arrière-pays grassois.» Surprise, la zone de la Festre Sud (7 hectares) s’est progressivement remplie d’entreprises venues du pôle aromatique grassois. Aujourd’hui, l’alignement de bâtiments à l’architecture soignée abrite une quinzaine d’entre elles, employant plus de 300 personnes en général très qualifiées. Des fleurons comme Aromatech (47 salariés, 11 M€ de CA), Floressence (64 salariés, 15 M€), SFA Romani, Créations et Parfums, APA, Diffusion Aromatique ou Club Parfum, l’un des derniers arrivés sur 2.000 m², qui emploie 20 salariés dont deux recrutés dans le village. Leur métier : fournir la matière première en aromatique et parfumerie pour le reste du monde.

Trois sociétés s’apprêtent à s’installer sur les derniers terrains. De nouveaux bâtiments en construction offriront 5.000 m² d’activités supplémentaires. Et les actifs rajeunissent un village dont la population a doublé en 20 ans (3.500 habitants aujourd’hui). «Le nouveau PLU va étendre la zone à 10 hectares. Et nous veillerons à ce que le site conserve sa vocation dans l’industrie aromatique.»

Prochaine étape : la construction d’un bâtiment réservé aux artisans, sur le modèle de Valbonne. Une réussite qui fait des émules au sein des autres communes de Terres de Siagne, et dont les effets se répercutent sur l’économie locale. Ainsi, un petit supermarché de 500 m² va ouvrir dans le village, à l’emplacement d’un théâtre de verdure qui sera reconstruit au dessus. Plus emblématique, ce renouveau a également des conséquences sur la relance de la culture de l’olivier : «la commune compte 400 propriétaires pour 6.000 arbres qui alimentent le moulin à huile coopératif.» Il collecte chaque année 100 tonnes d’olives, pour une production de 20.000 litres d’huile labellisée AOC. Y transite d’ailleurs la récolte de Jacques Chibois… Le moulin a même décroché une médaille de bronze au dernier Salon agricole de Paris. «Nous avons aussi l’un des marchés de Provence les plus typiques du département.»



Le village s’attaque désormais au tourisme : ses célèbres grottes, qui attirent 60.000 visiteurs par an, vont être couplées à un centre de découverte avec jardin botanique. Dolmens, vestiges de l’époque romaine ou vieilles ruelles moyenâgeuses, les atouts patrimoniaux ne manquent pas. Pour l’hébergement, le maire fait pression pour que le terrain de 9 hectares d’une maison de retraite, abandonnée depuis 20 ans, puisse accueillir une unité touristique de type Pierre & Vacances. Salle polyvalente, aménagement d’un grand pré ou des sources de la Siagne, la commune multiplie les projets. Son budget (près de 6 M€, dont la moitié en investissement) autorise quelques ambitions. La désertification du moyen-pays n’est donc pas inéluctable…

Michel Bovas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 20 août 2010)


Sur la photo :

Pour Maxime Coullet, il faut désormais transformer l’essai, en offrant d’autres infrastructures aux entreprises désirant prendre un peu d’altitude.