Plages
Alpes-Maritimes
 
 

««« Retour share
Plagistes : sauve qui peut...
Premiers sables touchés par le décret national : ceux de la mythique Pampelonne.

  La directive est nationale, et tous devront un jour ou l’autre s’y plier, souvent à l’occasion des renouvellements de concession de plages privées : désormais, le schéma d’aménagement prévoit la démolition totale de tous les établissements situés sur le domaine public maritime, et un démontage/remontage saisonnier à date fixe, faisant fi de la météo ou de l’affluence : à Ramatuelle, le ton monte. Et à Juan-les-Pins, on s’interroge : pour Alain Palamiti, président du syndicat des plagistes, «le décret est passé sans écouter les professionnels, et sans tenir compte de la typographie des régions. On ne s’installe pas dans les landes comme sur la Côte d’Azur…» Et de souligner l’absurdité de la situation : «Pour Pampelonne, on touche le fond. C’est un site classé, donc comment procéder au démontage des structures sans engin autorisé ? Et c’est la commune qui, au final, perdra de l’argent…»

Ligne de défense pour les Alpes-Maritimes : «essayer de faire admettre aux institutions qui légifèrent que nous sommes en zone urbaine, avec une activité tout au long de l’année. Mais pour l’instant, même si l’on dit nous écouter et nous comprendre, rien n’a été véritablement entériné.» Et l’enjeu est de taille : si l’actuelle loi est respectée, Juan-les-Pins perdrait une quinzaine de plages privées. Il n’en subsisterait plus que trois ou quatre concédées. Même chose pour Cannes. «Et c’est toute l’activité économique des communes qui sera, de fait, fortement déséquilibrée. Le monde entier copie nos plages. Il faudrait être fous pour tuer un concept que nous avons mis des années à développer. Et qui contribue à faire vivre un territoire.» A Antibes, ce seul secteur d’activités représente 1.200 emplois directs en saison pour 30 M€ de chiffre d’affaires annuel. En 2015, la moitié des plages devront renouveler leur concession. Et donc appliquer la loi…

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 30 juillet 2010)