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Les élèves perturbateurs mis au vert
S’ouvrira dès la rentrée à Saint-Dalmas de Tende l’un des premiers établissements de réinsertion sociale de France.

  L’on savait Eric Ciotti sensibilisé au problème. Deux jours à peine après que l’Assemblée nationale ait approuvé son projet de loi sur la lutte contre l’absentéisme à l’école, et deux mois après que Nicolas Sarkozy ait évoqué l’ouverture de 53 établissements de réinsertion scolaire en France, le projet maralpin est déjà sur les rails : grâce à un internat flambant neuf en manque de troupes, accolé au collège Jean-Baptiste Rusca, ce sont 15 collégiens en rupture avec la réalité scolaire et/ou sociale qui seront accueillis par une équipe enseignante dédiée et un encadrement renforcé, qui appuiera sur certaines activités (apprentissage de la discipline, sport et découverte des métiers) pour redonner le moral à la classe, et pouvoir ainsi rebasculer les jeunes en milieu traditionnel. Sorte de compromis entre les existantes structures-relais (accueil à court terme) et les centres éducatifs fermés (réservés aux élèves sous contrôle judiciaire), il s’agit pour les établissements de réinsertion scolaire d’éviter les décrochages et d’offrir, hors biotope habituel, de meilleures conditions d’apprentissage pour un retour aux valeurs sûres de l’étude et du travail. Vie en groupe, goût de l’effort, et ultime sortie de secours du cercle vicieux des exclusions à répétition, l’ancien hôtel Alpes d’Azur retrouve une dimension fortement sociale et sa mission d’accueil d’origine. Coût global de l’opération : 3,9 Ma pour la réhabilitation du bâtiment. Le rectorat, en phase avec le Conseil général et l’Etat, y est allé de sa contribution : 400.000a pour financer les postes d’enseignants et d’accompagnants.

Chaque année dans l’académie de Nice,
on recense de 400 à 500 élèves perturbateurs ou perturbés, traduits en conseil de discipline et exclus de leur établissement. Sur les seules Alpes-Maritimes, ils sont de 250 à 300 à subir un ou plusieurs échecs scolaires avec circonstances aggravantes, violences ou incivilités à répétition. Ils seront donc bien peu, au final, à obtenir une dernière chance dans les montagnes.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 9 juillet 2010)


REPERES


Dans les Alpes-Maritimes :

>Le premier ERS de France à Saint-Dalmas de Tende.

>10 structures relais (400 élèves).

>101 contrats de responsabilité parentale déjà signés.

Sur la photo :

L'ancien hôtel, destiné aux internes du collège dans un premier temps, vogue vers d'autres vocations.