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Monaco
 
 

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Concert > Iggy and the Stooges à Monaco : acte punk ?
 

  Pas un concert exceptionnel des Stooges … mais un concert exceptionnel à plus d’un titre. Et un joli coup de pub au passage pour l’image de la Principauté. Un événement, un vrai, par son caractère d’abord, organisée sur la Place du Palais par Monaco Live Productions. Mais aussi par l’opposition symbolique entre la prestation viscérale des punks de Detroit et l’épatant show à l’américaine des boogie-men texans ZZ Top, stars de la soirée. Et, bien entendu, pour l’opportunité de découvrir le gang du Michigan avec leur second guitariste historique, James «Skull» Williamson, ramené aux affaires par Iggy après le récent décès de Ron Asheton, membre fondateur. Avantage, les fans ont droit à une set-list radicalement différente de celle du show cannois de 2008, qui fait -enfin- la part belle à Raw Power, album essentiel composé avec Williamson. Les Stooges prennent la scène d’assaut en courant. «Raw Power» justement, «Kill City» et «Search and Destroy» dans la foulée, et Iggy déjà trempé, torse nu et noueux comme un arbre. Le son est un peu brouillon, la rythmique parfois bancale malgré la performance du bassiste Mike Watt, troll déchaîné qui ne quitte que rarement des yeux son patron. Un «1,2 fuck fuck fuck» lance «Cock in my pocket», sur lequel Williamson vrille un solo barbelé et tendu. Ce que les Stooges ont perdu en groove hypnotique et expérimentations free jazz, ils le compensent ce soir par l’urgence. «Nous avons été séparés trop longtemps» croone Iggy, avant de lancer le solo de sax sur Funhouse, premier titre du rappel. Il écoute, prend la pose et sourit, d’un sourire désarmant de gosse heureux. Le roi des punks, peut-être impressionné par la proximité princière, ne se jette pas dans le public, ni ne dégrafe son pantalon. Au contraire, il multiplie les interventions en français, et fait la bise à tous les membres du public qu’il a invité sur scène sur «1970». Avant de se confier, émouvant comme jamais, sur l’inédit studio «Open Up and Bleed», point d’orgue d’un concert imparfait car profondément humain. No Fun ? Vous plaisantez ?

MPC

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 9 juillet 2010)