CCI
Yvon Grosso
Dominique Estève
 

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Conjoncture : attention au dernier trimestre 2010
Pour Dominique Estève et Yvon Grosso, il serait prématuré de parler de croissance. Il s’agirait plutôt de signes «ténus» de reprise.

Jean-François Agostini- Dominique Estève et Yvon Grosso Mi-temps 2010 pour la conjoncture économique, et premières analyses livrées par la CCI et l’UPE traditionnellement réunies pour l’occasion, qui ouvre aussi quelques perspectives pour l’été en cours. Base étudiée : l’ éco-climat jusqu’à début juin sur 500 entreprises azuréennes. Et point positif développé par Dominique Estève : «après plusieurs trimestres difficiles, le chiffre d’affaires redevient positif. Un constat satisfaisant, mais tempéré par la faiblesse des amplitudes.» Tant il est vrai que l’année de référence (2009) fut particulièrement critique. Si l’industrie s’en sort bien grâce au segment de l’aromatique, la construction continue à s’affaisser, «avec un bâtiment toujours pénalisé par le manque de projets de logements neufs et par la fin du plan de relance.» Si le commerce tire son épingle du jeu côté automobile ou grossistes alimentaires, la vente de proximité reste en souffrance. Quant aux services, l’activité s’est stabilisée, avec toutefois un léger recul au niveau de l’emploi et une branche touristique que l’on sent tendue (-2,5% pour la restauration).

 
A noter aussi les disparités selon les bassins d’emplois concernés, et là, les écarts se creusent : forte poussée pour Grasse, toujours boosté par les arômes, et un périmètre antibois souffreteux suite à l’atonie sophipolitaine. Ainsi, Dominique Estève se veut prudent, et si le chiffre d’affaires global est en hausse de 1,5% et que le CA export pousse jusqu’à 5%, les prévisions, elles, sont revues à la baisse pour le second semestre, sauf sans doute pour l’industrie, où les carnets de commandes laissent quelques espoirs. «Des espoirs qui doivent rester mesurés», précise le président de la CCI, avec une sortie de crise qui tarde un peu. Normal, puisque cette même crise a mis du temps à s’installer. Car des inquiétudes tangibles persistent, comme la forte baisse des créations d’entreprises, érodées par l’arrivée des auto-entrepreneurs, le travail non salarié (dépendant lui-aussi de l’auto-entreprenariat). Et si le chômage semble s’enrayer (46.000 demandeurs d’emploi en avril), la pression reste de mise, avec 7,7% d’augmentation sur un an.

Pour Yvon Grosso,
«nous sommes entrés dans une crise et nous sommes loin d’en être sortis. La remontée sera longue et pénible. Et le dernier trimestre 2010 va être sévère côté emploi. L’effet fin de saison et la non reprise de l’activité va faire mal…» Pour preuve, la baisse des offres de postes de -30% constatée en 2009 qui s’étiole, certes, en 2010, «mais cela reste un ajustement et non une véritable hausse.» Et lorsque Dominique Estève parle de signes «ténus» de reprise, c’est qu’il compare les tendances azuréennes à des territoires, régionaux ou nationaux, encore plus fortement impactés. C’est vrai, on ne s’en sort pas bien, mais vu d’ailleurs, c’est un tantinet mieux…

REPERES


Les secteurs qui vont embaucher
> restauration
> hôtellerie
> agents d’entretien
> aides à domicile

Les secteurs en souffrance
> commerciaux
> ingénieurs et cadres d’études
> secrétariat

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 25 juin 2010)


Sur la photo :

Moins d’entrepreneurs, moins d’embauches. Une équation simple pour une sortie de crise douloureuse. Et inquiétante pour Jean-François Agostini (CCI), Dominique Estève et Yvon Grosso.