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Chine : surchauffe dans les couveuses d’entreprises
SKEMA Business School se révèle être aussi un excellent observatoire.

  Surclassée par Montpellier et ses milliers de m² d‘incubateurs et autres pépinières pour jeunes entreprises, notre contrée et son linéaire chichement mesuré éprouverait le vertige devant les buildings que la Chine a dressés pour ses créateurs-entrepreneurs. De Suzhou, près de Shanghaï, où SKEMA Business School a récemment ouvert un campus pour envoyer ses étudiants se familiariser avec «l’Empire du milieu» et où il a lui-même séjourné comme professeur, Michel Bernasconi a rapporté des impressions livrées lors d’un petit-déjeuner du cycle «Innovation et connaissance».

Y transparaît
d’abord une formidable énergie qui se manifeste par le gigantisme des réalisations : 1.500 incubateurs en 2005, 10.000 en 2010… Quand on sait que celui qui a été étudié fait 20.000 m², orienté vers l’environnement-écologie avec 90 entreprises auxquelles les avantages financiers (prêts, garanties, exonérations fiscales) ne sont pas comptés et dans lequel s’impliquent les plus hautes autorités locales (hum !), on imagine... Il en ressort par contre une faiblesse : à ces structures, taillées pour pourvoir en priorité à la production de richesses et d’emplois sur place, il manque l’immatériel de services hérité de 50 ans de société marchande. Les conseils en stratégie, marketing, management, sont étrangement oubliés. Le programme de formation mis en place par SKEMA à partir de l’automne 2010 aura pour rôle d’y pallier, bien que certains regrettent l‘absence de contrepartie claire à ce transfert de technicité. En attendant que les entreprises chinoises en usent en Europe, comme naguère les Américaines, Michel Bernasconi encourage à exporter les PME françaises à la recherche de relais de croissance rapide.

Jacques Bruyas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 25 juin 2010)


Sur la photo :

Michel Bernasconi et un impressionnant incubateur d’entreprises : les Chinois plus malins que les Niçois pour tirer parti de la matière grise de Sophia-Antipolis