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Cinéma : Success story pour La Strada
Les salles de cinéma type La Strada à Mouans-Sartoux montrent la voie à l’interventionnisme des collectivités dans la distribution cinématographique. Pour ce faire, elles intègrent le concept multiplexe dans leur réflexion urbaine.

  Créée en 2001 par la détermination de la commune de Mouans-Sartoux, La Strada a réalisé en 2009 près de 300.000 entrées, soit autant que toutes les salles cannoises réunies ! Le Centre National de la Cinématographie lui a même décerné le prix du «meilleur taux de fréquentation par fauteuil au plan national». La Strada, implantée dans la médiathèque, draine les cinéphiles du bassin Cannes -Grasse. L’initiative en revient à Marie-Louise Gourdon, conseillère municipale et générale : «Notre cinéma d’été, dans le parc du Château, avait confirmé la demande d’un public qui ne trouvait pas dans les salles commerciales les conditions d’accueil et de programmation conformes à leurs attentes.» La commune a donc choisi de créer trois salles (1.700 places), et une délégation de service public est lancée pour assurer leur gestion. Le groupe Cinéalpes, exploitant 200 écrans dans le sud-est, emporte le contrat sur 12 ans, pour un loyer annuel de 70.000a et un prélèvement de 5% des recettes. Le succès suit… «Nous espérions dans le meilleur des cas de 70 à 80.000 spectateurs, et La Strada en réalise 5 fois plus.» Le secret ? Un cahier des charges qui impose une tarification spécifique pour les familles et une programmation qui fait une place de choix aux films d’art et essais en VO. La Strada attire ainsi un large public de cinéphiles qui contribue à l’animation du centre du village. Parallèlement, des associations investissent les lieux, comme l’illustre le festival du film documentaire.

Sur la photo :

La Strada, en entrée de village, remplit son rôle culturel et d'animation, bien au delà d'un simple rendez-vous du samedi soir. Et bien au delà des frontières de la commune.

 
  La Strada, une réussite qui fait école : Grasse, qui cherchait à sauver son Studio Cinéma, en a racheté les murs et rénové les deux salles avant d'en confier la gestion à une délégation : le groupe Cinéalpes encore. Comme à Mouans-Sartoux, un contrat encadre les tarifs, la programmation et l'implication des associations, des écoles, des comités d'entreprises… Cinéalpes garantit en outre de jouer la complémentarité entre Strada et Studio Cinéma.

Il y a quelques semaines, Vence se mobilise à son tour pour sauver son cinéma Casino (2 salles). La commune le rachète pour 440.000€ et s’est mise en quête d’un exploitant. Elle envisage d’acquérir des locaux voisins pour créer un pôle culturel cinéma/théâtre. A Nice, c’est le Département qui, face à une ville alors défaillante, a repris le Mercury, place Garibaldi, dont la riche programmation comble aujourd’hui les cinéphiles : en un an, il a présenté 411 films en VO, dont un tiers d’inédits. L’actuelle municipalité renforce cette démarche en transférant dans de proches locaux la cinémathèque (7.664 abonnés, 471 films projetés) afin de créer un pôle autour du 7è art où fut exploité l’un des plus vieux cinémas, le Politeama, ex Théâtre, dès 1913.

Sur la photo :

Toutes les villes cherchent à sauver l'existant : à Nice, Le Mercury ou Le Rialto se sont spécialisés dans des programmations plus confidentielles, et le public est au rendez-vous.

 
 

Désormais les villes souhaitent enrichir leurs grands projets d’aménagements urbains avec un multiplexe : Nice avait lancé le bal en cédant un terrain de la ZAC de l’Arénas à UGC Méditerranée, qui devait y créer l’un des plus grands complexes de France (20 salles, 6.000 places), projet aujourd’hui remis en cause par la nette préférence d’un multiplexe en centre ville. Si elle n’a pu bloquer l’extension de Nice Lingostière qui propose 13 salles (3.000 places), la ville choisira avant l’été l’aménageur des terrains de la Gare du Sud (2 ha) où, à côté des logements, commerces et équipements publics devrait s’installer un multiplexe de 7 à 10 salles.

Projet plus abouti en revanche à Cannes, où la ville du Festival du Film, dans le cadre du projet d’aménagement de la Bastide Rouge a sélectionné le groupe Pathé-Gaumont. Grâce à un accord avec les exploitants du Star et des Arcades, les deux cinémas du centre ville, Europlaces 1 devrait proposer onze salles pour 2.400 spectateurs. Le chantier devrait démarrer cette année. Bernard Brochand a pris la précaution de mettre en place un droit de préemption sur les historiques salles du centre-ville pour qu'elles ne disparaissent pas au profit d'une opération immobilière.

Cagnes-sur-Mer, elle, a reçu le feu vert pour renforcer la ZAC Saint-Jean où, à côté d’un

complexe commercial, devrait voir le jour un multiplexe de huit salles (pour 1.800 places) associé à une piscine, des restaurants et un bowling. A Antibes, le député-maire Jean Leonetti soutient le projet de construction pour sept salles dans le cadre de l’aménagement de l’îlot Marenda-Lacan. Bref, toutes les communes veulent miser sur l’exploitation cinématographique comme moteur de l’animation urbaine, à l’instar du théâtre dont les salles sont en grande partie maîtrisées par le public. Un pari peut-être un peu osé à l’heure des nouvelles technologies galopantes et du 7è art accessible par mobile interposé. Michel Bovas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 14 mai 2010)


Sur la photo :

A l'inverse, les communes investissent aussi dans des cinémas version "grande surface". Ici le projet Bastide Rouge à Cannes.

 
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