Exposition
Art
Saint Paul de Vence
 

Lifting et retour aux sources à la Fondation Maeght
Très belle rétrospective Giacometti, avec 170 pièces.

Isabelle et Yoyo Maeght Les importants mais peu spectaculaires travaux que vient de connaître la Fondation Maeght lui auront permis de retrouver l’originelle pureté de son architecture et de mettre en place les conditions techniques d’une future extension. Retour aux sources également, au cœur de la mémoire familiale, avec la rétrospective Giacometti qui marquera la réouverture. Une exposition présentée par Yoyo et Isabelle Maeght comme l’événement de l’été. Il se peut fort que ce soit le cas.

Giacometti, un des artistes de premier plan du surréalisme, s’éloigne du mouvement pour revenir vers la recherche de la «ressemblance» en un combat constamment renouvelé avec une figure qui s’entête à lui échapper et se réduit à une filiforme expression de la complexe vulnérabilité d’un personnage isolé du monde. Dans les années de guerre, les personnages deviennent minuscules, passant au surdimensionné à partir de 1946 et du retour à Paris, femmes les bras le long du torse, hommes en mouvement. Ce n’est que dans les toutes dernières années de sa vie que Giacometti donne corps à ses personnages désillusionnés en exposant les modalités de leur création en leur surface inégale.

Giacometti a toujours été très lié au mouvement intellectuel, à Genet, Leiris ou Sartre. Ce n’est pas le Giacometti des livres d’histoire de l’art que la Fondation va nous offrir, mais celui qui, pendant 20 ans, fut un ami de la famille. Aimé Maeght n’a que 16 ans lorsqu’il rencontre l’artiste qui le fascine, et 17 quand il ouvre sa première galerie et l’expose. Le temps est venu de livrer au public ces souvenirs, de présenter des œuvres qui n’étaient pas sorties de la famille, des documents jamais montrés. Le public va vraiment découvrir les grandes peintures de Giacometti comme le portrait de Diego à la chemise écossaise : Diego, le frère, modèle posant chaque jour pendant deux ou trois heures comme Annette, l’épouse, ou Caroline, l’amie.

Les grandes collections mondiales ont joué le jeu, tel le centre Pompidou qui avait bénéficié d’une donation des Maeght ; de même que ce collectionneur américain qui n’avait jamais prêté le tableau d’affiche et n’aurait pas voulu rater ce rendez-vous historique. Pas une exposition conçue par un commissaire, mais plutôt un retour des œuvres sous le regard de l’artiste dans le lieu conçu par des artistes qui l’ont connu, accompagné des textes de ceux qui ont fait route avec lui. Pour autant, la nostalgie ne sera pas au rendez-vous : primera la volonté de retrouver l’art vivant de Giacometti.

Giacometti et Maeght 1946-1966,

du 27 juin au 31 octobre à la Fondation Maeght, à Saint-Paul

www.fondation-maeght.com

Liliane Tiberi

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 14 mai 2010)

 
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