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Yvon Grosso
Programme
 

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Yvon Grosso dans les starting blocks
Parcours et perspectives du nouveau patron des patrons azuréens, officiellement élu ce 15 avril, qui surfe sur une dynamique impulsée par Laurent Lachkar, président sortant. Et sur un programme ambitieux.

Laurent Lachkar et Yvon Grosso Du monde et de la motivation dans les rangs de l’UPE 06 pour cette passation de pouvoir. De l’émotion aussi pour Yvon Grosso, qui concrétise ainsi 28 années de militantisme patronal. Sa devise : «il n’est jamais trop tard pour entreprendre», et après plus de 25 ans passés sous l’étendard d’Adecco, dont il fut le directeur régional, le voilà à 54 printemps plongé dans le grand bain de l’entreprenariat avec la reprise et la création de deux sociétés, Agyca et T’Plus, dédiées au travail intérim et à l’insertion professionnelle. Son arme : le management. Son atout : la passion. Son objectif: créer encore plus de richesses économiques sur un territoire azuréen qui lui est cher. Sa quête : la liberté, l’autonomie, la possibilité pour le chef d’entreprise de tout oser, tout tenter, pourvu que les intentions soient réfléchies et viables. Enfant de l’UPIAM, membre actif de l’UPE, il s’est toujours investi pour la noble cause des entrepreneurs locaux, passion au cœur et rigueur en tête. Car là est le secret d’un bel équilibre. Sa vie, consacrée aux prestations de services aux entreprises, l’a poussé vers de hautes fonctions managériales. Pour Adecco, il avait créé 34 centres de profits sur la Côte, par autofinancement, pour un chiffre d’affaires de 100 M€. Persuadé du bien fondé d’une formation continue et régulière, c’est à 45 ans qu’il reprend ses études, avec un troisième cycle HEC Executive en management des entreprises obtenu dans la foulée. Et c’est avec le même élan qu’il compte aujourd’hui présider aux destinées de l’Union patronale des Alpes-Maritimes.

 
  Il n’avait d’autre vocation professionnelle que celle de… travailler. Champion du sud-est de judo à 14 ans, livreur de journaux ou DJ en Angleterre, où il effectue une partie de ses études, il sera passé par bon nombre de chemins avant que de trouver sa terre promise : l’intérim, et surtout une société, Adecco, qui lui laisse toute marge de manœuvre, toute autonomie financière pour mener sa mission à bien. Ce n’est donc pas un hasard si, lorsqu’on lui demande de citer les personnes importantes à ses yeux, Philippe Foriel-Destelet, créateur d’Adecco, fait partie du trio gagnant, pour lui avoir laissé la chance d’exercer sa pleine responsabilité au plan local. Les deux autres ? «Gilbert Stellardo, fondateur de l’UPIAM, qui m’a donné le goût du militantisme, qui m’a appris à «jouer collectif». Et puis il y a Tony Tschaeglé, émérite professeur d’économie: c’est ma partie académique… J’ai une entière confiance en ces hommes. Ils m’ont poussé à me dépasser, à trouver ma voie : on me donne des outils, et je développe…» Avec cette élection à la tête de l’UPE 06, Yvon Grosso boucle sa boucle, en apportant un vision toute personnelle pour un mandat qu’il souhaite percutant, énergique. Sur les grandes lignes, peu de différences avec le programme impulsé par Laurent Lachkar : «Il faut donner une bonne image de l’entreprise, lui rendre ses lettres de noblesse. Face aux institutions et aux collectivités, il faut parler d’une seule et même voix. Quelles que soient les branches professionnelles représentées par leurs syndicats, nous avons un tronc commun, c’est ce qui est intéressant.» Sur le fond, c’est donc la continuité affichée. Sur la forme par contre, Yvon Grosso profite d’un «terreau» désormais plus fertile pour oser et s’imposer : son projet complet et définitif pour l’UPE, il ne le dévoilera que le 2 juin prochain, en présence de Laurence Parisot. Mais pour les grands axes, les dés sont déjà jetés : affirmer sans rougir une plus forte légitimité de l’entreprise au cœur de la société civile, se rassembler autour d’actions fédératrices, être plus proche des adhérents (9.500 entreprises dans les Alpes-Maritimes), dynamiser la croissance des PME. C’est clair, la plus jeune UPE de la région PACA, historiquement plus confidentielle que ces coreligionnaires du Var ou des Bouches-du-Rhône, veut aujourd’hui se faire entendre et recadrer ses missions, en se démarquant du travail des institutions consulaires, même si la finalité, elle, reste commune.

"Ma mission, défendre les intérêts des chefs d’entreprise, améliorer et développer leur image, en capitalisant sur tous les acquis, et en insufflant le goût d’entreprendre"
François Grosso

Au programme donc pour la mandature Grosso, quelques nouveautés d’envergure : d’abord la très prochaine nomination de cinq vice-présidents pour l’UP, un par bassin d’emplois significatif : Cannes/Grasse, Antibes/Sophia, Nice, Menton et le haut-pays. «Un moyen aussi de se professionnaliser, en déléguant, et donc en étant plus présent, plus proche des PME.» Autre vœu pieux : féminiser les troupes, car pour Yvon Grosso, «quatre femmes seulement pour 80 administrateurs, ce n’est plus possible.» Pilier central de son projet : «Créer une véritable cité des entrepreneurs, toujours pour rassembler et mutualiser nos forces, nos compétences, en un lieu unique et dédié. Pourquoi pas y accueillir aussi les associations et les syndicats de branches ? Si chacun développe ses bonnes idées dans son coin, ça ne servira à rien. Il faut partager.» Une souscription va être lancée «pour que tout le monde soutienne les valeurs de l’entreprise. Il faut que tout le monde participe à la création de cette maison commune.» Au menu aussi la création d’une école de mandataires (prud’hommes, tribunaux de commerce…) pour aguerrir les troupes à l’économie, aux institutions, et surtout donner l’envie de militer et de s’investir. Autre piste encore : «Créer une Génération UPE motivée et responsable. Avec des jeunes qui poussent en pépinières pour faire leurs armes, et défendre à leur tour les valeurs de l’entreprise. Aujourd’hui, on doit pouvoir dire : «mon entreprise» et «mon UPE»… Grâce à un projet créatif, généreux, une équipe unie. Laurent Lachkar nous a laissé des finances saines et des bases solides. Il faut pérenniser. Et avancer.» Dernier volet : la modernisation, en particulier dans les règles de fonctionnement. Réforme des statuts, qu’il faut adapter aux actuelles réalités, ouverture à l’échelon régional, les perspectives sont belles et les feux résolument bloqués au vert. Le public d’Acropolis, en cette soirée d’assemblée générale, s’est montré solidaire et… volontaire, derrière son nouveau président.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 16 avril 2010)