Développement durable
Auto-partage
 
 

Semaine verte pour Côte bleue
Grande mobilisation cette semaine autour du développement durable, à l’heure de la semaine nationale dédiée. Cap sur les substituts énergétiques pour les Alpes-Maritimes.

  Le Conseil général a planché sur son Plan Climat 06, et même sollicité nos voisins transalpins pour débattre sur d’éventuelles économies électriques au niveau des collectivités locales, dans un département que l’on sait bien peu sécurisé. Dans le même temps, Christian Estrosi, sous sa casquette de président de la Communauté urbaine, présentait à Nice le projet Auto-Partage, des voiturettes électriques à usage collectif, et inaugurait presque simultanément, en tant que ministre cette fois, la centrale solaire Tiragon à Mouans-Sartoux, plus grand générateur photovoltaïque du département juché sur les toits de C.Confort, une entreprise locale de menuiserie-alu-PVC. La semaine verte bat son plein, même si côté «voiture bleue», l’annonce n’en est qu’à l’état d’appel d’offres (constructeurs et délégation de service public), et qu’il faudra attendre le 2ème semestre 2011, si les recherches en cours se révèlent fructueuses, pour voir apparaître les premiers véhicules partagés. Qu’importe, Christian Estrosi est confiant et… heureux : il vient de doubler, dans cette première grande ligne droite, Bertrand Delanoé, en promettant une prestation niçoise bien avant Paris. Avec comme mot d’ordre pour ce futur Auto-Partage une citation empruntée à Aristote (qui n’avait sans doute pas, à son époque, pensé à cette application précise) : «La richesse consiste bien plus dans l’usage que dans la possession».

 
  100% électrique, 100% écologique, 100% durable : à terme, ce sont 200 décarbonés véhicules électriques en auto-partage qui devraient être disponibles pour grand public, professionnels (on parle de petits utilitaires) et collectivités, répartis sur 70 stations à travers la communauté urbaine niçoise à l’horizon 2011. Une initiative "innovante" qui fait d’ores et déjà partie des dispositions du Grenelle II. «Les Vélos Bleus, le stationnement résidents, les pistes cyclables, et aujourd’hui l’Auto-Partage, une solution pour réduire les flux de circulation intra-muros, il s’agit d’une stratégie globale, d’une complémentarité évidente» pour Christian Estrosi. «Et c’est une bataille que je veux gagner. C’est en gagnant des batailles successives que l’on gagne une guerre.» Une guerre pour «Nice, ville verte de la Méditerranée», et pas contre Bertrand Delanoé… Car pour Paris, il faudra attendre un peu plus longtemps.

Sur le papier, la voiturette Auto-Partage remplacerait de 4 à 8 véhicules individuels. Pas de galère de stationnement (gratuit pour les modèles électriques à Nice), plus de bruit, et un atout monté en mayonnaise: comme l’uniforme, l’Auto-Partage s’adresse à toutes les catégories sociales. Un abonnement, un téléphone pour ouvrir la portière et démarrer, 24h sur 24, le système est séduisant, même si pour l’heure, il faudra ramener la voiture (150 km d’autonomie) à sa borne d’origine pour éviter toute manutention à vide, et

s’acquitter d’un tarif-horaire un tantinet élevé (10€). Le 23 avril prochain, la première vitesse sera enclenchée, avec lancement des appels d’offres lors du conseil communautaire. A terme, les stations devraient s’étaler sur tout le territoire, jusqu’à Vence ou Carros, pour un coût estimé à 3,5M€ pour 70 arrêts, dont 60% pris à la charge du grand emprunt. Côté constructeurs, Heuliez, Walter ou le monégasque Venturi sont déjà sur les rangs. «Et nous n’écartons pas la possibilité de choisir plusieurs marques».

Quelques minutes seulement après avoir essayé une petite Heuliez devant l'entrée du Parc Phoenix, c’est en véhicule traditionnel que Christian Estrosi s’est dirigé vers Mouans-Sartoux, symbole vert s’il en est du département, pour inaugurer la centrale solaire de la zone industrielle du Tiragon : 1.000 m² de panneaux photovoltaïques sur trois bâtiments installés par ValSolar, 40 ans d’âge et de belles prédispositions dans les nouvelles énergies depuis 2 ans.

Raccordement effectué par ERDF il y a trois semaines, soit 8 mois seulement après les premières démarches administratives : le coup d’accélérateur semble efficace sur ce premier bâtiment «vert» des Alpes-Maritimes. La force déployée par ValSolar ne s’arrête pas là, et d’autres unités, toujours au Tiragon, sont en passe d’être raccordées au réseau. Avec un carnet de commandes de 70.000 m² de panneaux, la société azuréenne se prépare une belle et verte année 2010. Déjà 160.000 kW/h/an au compteur, soit la consommation de 65 foyers assurée grâce à ces installations sur de l’industriel pré-existant.

Pour Christian Estrosi, c’est «la péninsule énergétique qui se défend» : après avoir obtenu du gouvernement le doublement sur la même ligne des 400.000V, et une sécurisation enterrée de 250.000 V livrable sous 5 ans, le département n’est pas encore pour autant débarrassé d’un potentiel black out électrique. «Il faut donc compenser avec une énergie produite sur place. Elle représente 5% de la consommation en 2010, elle devra être à 15% en 2020. Plus il y aura d’initiatives de ce genre, plus nous approcherons de notre objectif.» Et de rappeler en conclusion : «La croissance verte, c’est aussi un atout en faveur de notre développement industriel et de nos emplois : 400.000 à la clef…» Il faudra bien sûr compter sur les 500 M€ de prêts verts, sorte de prime à la casse pour les entreprises, qui elles-aussi devront montrer l’exemple en assainissant leur parc de machines et outils vieillissant.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 9 avril 2010)

 
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