Monaco
Ministre d'Etat
 
 

Principauté : première succession «à la monégasque» à la tête de l’exécutif
C’est en déjà familier que Michel Roger a succédé à Jean-Paul Proust.

Carnet de route du nouveau Ministre d’Etat L’ordre, presque dans sa déclinaison alphabétique, est respecté : à 61 ans, Michel Roger succède, comme Ministre d’Etat, à Jean-Paul Proust, qui laissera un plutôt bon souvenir pour avoir mené à bonne fin le difficile dossier du droit au logement des Monégasques de souche, négocié la délicate introduction de l’avortement thérapeutique et obtenu un apaisement dans un dialogue devenu heurté entre l’exécutif et le législatif. Son successeur n’aura pas pour autant de répit, puisqu’il hérite du litige né de l’opposition de certains Beausoleillois à la construction de la fameuse tour Odéon, qui a défrayé la rubrique des faits divers dans l’Est du département, et sur laquelle est attendue une imminente décision du tribunal administratif. La construction de l’hôpital, dont le plan-masse souffre de quelques fâcheux oublis (conditions d’accès et de stationnement) est un autre sujet d’urbanisme sensible ; mais peut-il en être autrement sur un territoire aussi exigu ? Pour preuve cette extension sur la mer qui, remisée dans les placards, est appelée à refaire parler d’elle, au moins du côté de Fontvieille. Juriste de formation (et d’exercice comme avocat et professeur de droit avant d’occuper pendant trois ans un des sept sièges du Tribunal suprême de Monaco, la plus haute instance judiciaire), avec une expérience de la haute fonction publique et des cabinets ministériels (Lecanuet, Monory, Raffarin), Michel Roger a un autre avantage sur ses prédécesseurs : avoir déjà une certaine familiarité avec l’environnement sociologique. Nul doute que cet argument a joué dans la sélection du Prince Albert II, dont le rapprochent aussi des convictions catholiques fortes, assez pour qu’il ne s’abandonne pas aux sirènes d’une franc-maçonnerie trop sûre d’elle-même et dominatrice, jusque sur le Rocher.

Jacques Bruyas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 9 avril 2010)