Sophia Antipolis
Jeux
Club des Dirigeants
 

Une technopole comme terrain de jeux
16ème édition pour les Jeux de Sophia, toujours organisés par le Club des Dirigeants sur quatre semaines résolument ludiques et conviviales.

Si les collectivités et quelques entreprises affichent fièrement leurs préférences HQE (haute qualité environnementale), les exemples chez les particuliers sont encore peu nombreux. Formation et information : le challenge est lancé pour les artisans, qui se préparent, surtout chez les plus jeunes, à de profondes mutations dans leurs activités et leurs savoir-faire. Las d'attendre le Grenelle II, censé mettre en pratique les règles édictées par la saison I, ils prennent aujourd'hui le taureau par les cornes : 70% des entrepreneurs interrogés par Ipsos-Le Moniteur sont d'ores et déjà prêts à intégrer de nouvelles compétences et à se développer sur de prometteurs marchés. Et si les plus grandes unités (plus de 10 salariés) disposent déjà souvent d'une labellisation ou d'une qualification reconnue (Qualisol, QualiPV, Qualifelec et autres Qualibât ou Qualibois), les artisans traditionnels ne veulent pas rester en marge, et n'hésitent plus à s'investir dans des formations ciblées pour revoir méthodes et matériels.

Ainsi, la CAPEB* dans les Alpes-Maritimes propose-t-elle une providentielle FEEBAT (formation aux économies d'énergie dans le bâtiment), avec tronc commun couplé à des modules spécifiques à chaque corps de métier (peintre, maçon, électricien, plombier...). A la clef, la maîtrise d'un logiciel qui permet de dresser un rapide bilan technique des installations existantes pour rénover l'ancien dans un esprit écologiquement correct. Formation qui débouche sur une labellisation Eco-Artisan, signe extérieur de bonne volonté et de dynamisme. Après une période de doutes, d'incertitudes voire de pagaille, le marché de la haute qualité environnementale semble aujourd'hui s'assainir, précieux éco-sésames à l'appui. En ligne de mire, des réglementations en matière d'utilisation de l'énergie qui se durcissent, et qu'il est parfois bon, pour le particulier, d'anticiper.

 
 

    Les ann²©es passent, et la manifestation cr²©²©e en 1994 par G²©rard Audra n‚Äôa pas pris une ride : 7.000 Sophipolitains inscrits, le succ²®s est encore une fois au rendez-vous pour d‚Äôaimables joutes inter-entreprises (elles sont plus de 300 ²† participer ²† la grande f²™te du sport) o²þ se soudent, dans l‚Äôeffort, quelques solides amiti²©s ²† transformer en juteuses collaborations une fois le temps du travail revenu. C‚Äôest cela, l‚Äôesprit des ¬´Jeux¬ª : de la solidarit²© (avec 1.500 athl²®tes d²©ficients visuels qu‚Äôil faudra guider pour les simultan²©s 6²®mes Jeux Nationaux), de l‚Äô²©change, de la sueur, de la d²©couverte aussi, puisqu‚Äôici, les disciplines s‚Äôencha²Ænent et ne se ressemblent pas. Au compteur 2010, 38 ²©preuves, 38 d²©fis, pour trois dates ²† retenir : l‚Äôouverture, le 3 juin, par le traditionnel cross avec 700 coureurs sur la ligne de d²©part, mais aussi la journ²©e champ²™tre familiale du 19 juin autour d‚Äôune revigorante paella g²©ante. La soir²©e de cl²¥ture (2 juillet) se d²©roulera ²† Marineland, avec r²©trospective ¬´sportive¬ª de l‚Äô²©dition ²† peine achev²©e. Au rang des nouveaut²©s cette ann²©e, ²† noter le crossathlon, un endiabl²© et original marathon par ²©quipes de 6. Le sport comme vecteur de communication, interne et externe, n‚Äôa jamais trouv²© plus beau terreau que les alentours sophipolitains, que l‚Äôon soit adepte du tennis, du karting, du basket, de poker, de randonn²©e p²©destre ou de VTT nocturne...

     

    R²©serv²©s aux actifs de la technopole droits d‚Äôinscription 10‚Ǩ, 7‚Ǩ par ²©preuve

    infos et inscriptions : www.jeuxdesophia.com

     

    Isabelle Auzias

     

     

    (Tribune Bulletin C²¥te d'Azur - Edition du 26 mars 2010)

     

 
Pour William Cuperly et son association Ecobâti, 58%... Ou trop, ou trop peu, mais cette quasi-parité des entreprises sondées pose le problème. Un dilemme qui s'explique pour William Cuperly : chef d'entreprise niçois (revêtements sols et murs, peintures naturelles), il est aussi président de l'association Ecobâti, qui regroupe une quarantaine d'artisans labellisés. "Certaines professions sont moins mobilisées que d'autres par nature. Le Grenelle aura moins d'impact immédiat sur un peintre que sur un chauffagiste ou un plombier. Et puis, il y a aussi toute une ancienne génération qui attend la retraite, et qui ne compte pas changer ses habitudes de travail ni ses activités." Il y a aussi l'attitude des particuliers, beaucoup plus attentistes devant des réglementations qui évoluent à la hausse que les collectivités et les entreprises, attirées, elles, par une image de marque valorisée par une labellisation écolo de leurs locaux. Il y a enfin une technique qui évolue parfois plus vite que les hommes. "Le décalage est visible sur le terrain, le progrès double l'enseignement." Pour les artisans du XXIème siècle, il faut donc s'adapter au mieux, et surtout enrayer la montée en puissance de groupes super-performants qui gèrent de A à Z les constructions ou les rénovations à haute valeur environnementale ajoutée, comme EDF sous son enseigne Bleu Ciel.

Alors, les professions se fédèrent, s'entraident, des partenariats se consolident pour contrer les menaces extérieures. Ecobâti fonctionne ainsi : une offre globale où tous les métiers sont représentés, pour un diagnostic complet livré au particulier en mal d'organisation. "Et le secteur du bâtiment est particulièrement sensible. Il s'agit pour le particulier d'anticiper les futures normes, de voir plus loin, sur un investissement destiné à durer. Nous sommes désormais capables, au sein de notre association d'éco-artisans, de délivrer un bilan thermique avec un prévisionnel d'économie d'énergie à la clef. Et outre ces économies, c'est le confort d'habitat tout entier qui s'en ressent. Plus d'isolation, c'est moins de chauffage..." Alors, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de voir les premiers particuliers s'intéresser de plus près à ces nouvelles techniques ? "Auparavant, l'on prenait le problème à l'envers : subventions et crédits d'impôt étaient accordés sur les systèmes de chauffage plus performants, comme les pompes à chaleur. Le gouvernement aujourd'hui a compris, et ces mêmes aides ont été déplacées vers le créneau de l'isolation des bâtiments." Prochaine étape après la maison "passive", peu gourmande et mieux gérée : l'habitat à énergie positive, avec production individuelle et, dans un proche avenir, l'autosuffisance énergétique. "Il y a eu dans le passé de gros blocages, côté communes ou architectes des bâtiments de France. Tout commence à bouger, même s'il n'est pas toujours évident de mettre tous les interlocuteurs d'accord sur un projet d'installation photovoltaïque. Il faudra aussi que les constructeurs et concepteurs de nouveaux produits fassent l'effort. Car si dans certains domaine, l'évolution est rapide, dans d'autres, ça coince : prenez le photovoltaïque justement. Les derniers essais de grandes vérandas avec panneaux transparents n'ont pas donné satisfaction sur la rentabilité énergétique. Et puis ici, l'architecture ne favorise pas vraiment les tentatives dans ce sens. Et il nous faut aussi protéger le patrimoine de nos villes..."

On le voit, l'équilibre est fragile, mais l'enjeu majeur. "C'est fini, le temps où l'on ne regardait que son petit bout de chaudière", souligne Georges Bisson, président de la CAPEB. "Aujourd'hui dans nos professions, place à la vision d'ensemble. Même si les contraintes administratives compliquent toujours les choses." Pour Laurent Trocmé, président de la Fédération du BTP 06, il s'agit de négocier un virage serré:,"pour préserver un tissu de PME-TPE, souvent un peu isolées, qu'il faudra accompagner dans l'évolution des tehcniques de nos métiers. La formation reste un problème, au cœur de nos réflexions, dans une conjoncture difficile. Il faudra surtout que le grand public s'y retrouve." Et là, la parole est aux agents immobiliers. Pour Patrick Siksik, expert en évaluations immobilières (FNAIM), point d'alternative : la marche forcée vers une vraie valeur verte sur le marché est en route. "Nous représentons un secteur privilégié en matière d'économie d'énergie", a-t-il rappelé lors d'une récente conférence au salon de l'immobilier de Nice. "Mais il est important de savoir qu'aujourd'hui, le coût moyen des travaux nécessaires à l'atteinte du seuil de performance de 70 KWh/m√/an (contre 250 KWh actuellement) est de l'ordre de 20.000a, crédit d'impôt déduit. Malgré cela, le prix des logements ne dépend pas encore de sa performance énergétique, notamment dans l'ancien. N'oublions pas que le coût de l'énergie augmente chaque année en moyenne de 7%. A ce rythme, il nous faudra dépenser cinq fois plus pour se chauffer dans 25 ans..." D'où cette volonté, chez les experts en évaluations, de prendre en compte cette nouvelle donnée, bientôt couplée à une taxe carbone en supplément. "Si actuellement, le prix des logements ne s'en ressent pas, notamment en raison de la grave pénurie, il paraît inéluctable qu'à brève échéance, les épaves thermiques seront fortement décotées. "

Isabelle Auzias