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Sécurité
 

Sécurité : Nice entre en force dans l’ère de «Big Brother»

Le nouveau QG de la police municipale inaugure son centre de supervision urbain chargé de piloter les 623 caméras de vidéosurveillance prévues dans la ville.

Gros plan sur la ville
Big Brother is watching you», écrivait en 1948 George Orwell dans son roman d’anticipation 1984 décrivant une société sous contrôle permanent. A Nice, la fiction est réalité depuis le 8 mars avec la mise en service du centre de supervision urbaine occupant le 4ème étage du nouveau siège de la police municipale Place de Gaulle, qui doit regrouper 200 des 330 agents municipaux. D’ici un an, le parc de 623 caméras, soit une pour 600 habitants, scrutera l’ensemble de la voirie publique pour y détecter infractions ou agressions. Aucun recoin n’échappera à l’œil électronique et à sa vision à 360° dotée de zoom et pilotée à distance. Les images s’achemineront vers des installations de dernières technologies. Plusieurs salles, bardées d’écrans, sont occupées par une cinquantaine d’agents qui s’y relaient 24h sur 24. Certaines images seront analysées automatiquement en temps réel par un logiciel développé par la société Keeneo à Sophia-Antipolis qui est déjà utilisé par l’armée : il décèle tout mouvement anormal dans le champ de vision. Centre d’appel téléphonique, salle de commandement, salle de consultation des images pour la police judiciaire (avec un stockage équivalent à la capacité de 1.000 ordinateurs traditionnels), la ville sera sous contrôle. Les opérateurs, qui ont reçu une formation technique de 45 jours par l’entreprise et de 10 jours par le Ministère de l’intérieur, sont en liaison directe par radio avec les patrouilles des polices municipale ou nationale, en voiture ou à pied. Positionnés grâce à un système de géo-localisation, ils interviennent aussitôt dès qu’un incident est détecté.

 

Le centre peut afficher en simultané 112 caméras, dont les images sont transmises par fibre optique en ville et réseau hertzien pour les collines. Il est également relié à la salle de gestion de crise implantée récemment en mairie, au QG de la police nationale et au SDIS. Cet équipement, dont le coût (7,5Ma) est assumé par la ville, la Communauté urbaine, le Département et l’Etat, est évolutif. Et les délinquants ne seront pas les seuls concernés : le centre pourra sanctionner les infractions routières (doubles files, stationnements interdits…), les délits à l’environnement et surveiller les éventuels débordements des manifestations. Et ce n’est pas tout: la ville et le Département préparent de concert le projet Lapi, qui consiste à mettre en place aux entrées de la ville des portiques dotés de caméras identifiant les plaques d’immatriculation des voitures entrant dans Nice, afin de rechercher les véhicules volés ou faisant l’objet de recherches par la police nationale. Nous voilà bien entrés dans l’ère du tout sécuritaire, dans laquelle la Principauté nous avait précédés.

Michel Bovas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur – Edition du 12 mars 2010)