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Le micro-crédit au secours des TPE

En 2009, 176 porteurs de projet de création d'entreprise ont été épaulés par l'ADIE dans les Alpes-Maritimes.

Mounir Azzouz (ici en discussion avec Matthieu Barrier)
L'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE) ne connaît pas la crise : premier opérateur de micro-crédit en France, elle affiche de solides résultats quant à la pérennisation des activités pour les chefs d'entreprises soutenus.

A 5 ans, 47% d'entre eux sont encore sur l'échiquier économique local, et nombre d'autres ont "basculé" vers un emploi salarié durable, mission première pour le équipes de l'ADIE. Et en période conjoncture troublée, les objectifs se renforcent : des petits entrepreneurs fragilisés en difficulté passagère de trésorerie, voilà une cible toute naturelle pour le micro-crédit ; jusqu'à 6.000a accordés pour acheter du stock, du matériel ou un véhicule. Pas question non plus de dé-responsabiliser le chef d'entreprise : cette aide providentielle, il faudra la rembourser, taux d'intérêt inclus, même s'ils restent inférieurs à ceux pratiqués par les établissements bancaires pour des prestations similaires (9,71% contre 16% pour un crédit classique à la consommation). Il faudra aussi trouver caution. Mais aux dires-mêmes des bénéficiaires (que l'on appelle "clients" en interne), ces mini-contraintes ne les impactent pas : et si le dossier initial tient la route, aucun problème de remboursement en vue pour des crédits à court terme et à faible montant.



Si le système ADIE séduit, c'est qu'il inclut, outre l'aide financière d'urgence, tout un suivi et un accompagnement souvent jugés fort utiles par l'entrepreneur. Pour Matthieu Barrier, directeur régional de l'association, "le micro-crédit n'a pas encore atteint son pic de notoriété. Plus qu'un crédit, il apporte aussi une réflexion, parfois un repositionnement." Il se veut remède, pas pansement. "C'est la raison pour laquelle des structures publiques similaires ont bien du mal à officier : pas assez de responsabilisation, pas assez de suivi, même si bien sûr, nos prestations sont en partie financées par des fonds publics." Région, Département ou communes, les subventions allègent une part d'autofinancement que jamais l'association ne pourrait atteindre. Subventions qui permettent aujourd'hui d'organiser quelques campagnes "de fond" sur des secteurs ciblés, courtes formations à l'appui: pour mars, place à la vente ambulante (qui représente 25% des entreprises financées en 2009). Viendra ensuite le bâtiment.

www.adie.org

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 19 février 2010)