PME
Marketing
Christian Estrosi
 

Auto-promotion de rigueur pour les PME

Une entreprise sachant marketer sans chef marketing en vaut deux sur le marché, et ce n'est pas notre ministre qui contredira le détourné adage.


Marketing : "ensemble des actions ayant pour objet d'analyser le marché présent ou potentiel d'un bien ou d'un service et de mettre en œuvre les moyens permettant de satisfaire la demande ou, le cas échéant, de la stimuler ou de la susciter".

Et le Petit Robert d'ajouter : "on entend par techniques de marketing les études de marchés et de motivation, prospection, publicité, promotion (des ventes), distribution, animation de la force de vente, service après-vente, sondage, etc..." Si ce jargon-là ne vous émeut pas, le nouveau site www.marketingpourpme.org ne vous sera d'aucune utilité. Car malgré un bel effort côté vulgarisation, quiz à l'appui, il n'en reste pas moins que le marketing impose temps et compétences, acquises ou en devenir. S'il est vrai qu'il est bien difficile pour une TPE-PME d'inclure un "plan" dédié au marketing dans ses charges, souvent faute de moyens, il n'en est pas moins avéré que quelques connaissances induites peuvent se révéler efficaces : c'est l'objectif de ce nouveau site concocté par la DGIS (direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services) en collaboration avec l'ADETEM (association nationale du marketing) qui vient tout juste d'ouvrir son antenne azuréenne. Une nouveauté présentée en avant-première à Nice par Christian Estrosi en présence de nombreux chefs d'entreprises, sous forme de virtuelle et précieuse "boite à outils" pour se familiariser aux règles et principes de l'auto-marketing, qui ferait tant défaut à nos PME à l'échelon national et international.

 
www.marketingpourpme.org

Le concept du développement personnel adapté à l'économie locale. Son atout : une relative facilité d'utilisation, fiches à l'appui, un accès immédiat via internet et une gratuite appréciée. Reste qu'il ne suffit pas de surfer pour obtenir des résultats, et que les démarches "marketing", si elles ne présentent aucune difficulté de compréhension, prennent du temps et de l'énergie au dirigeant ou à ses collaborateurs. Autre motif de réticence dans les rangs : une normalisation trop flagrante des "effets marketing" qui risque de desservir les PME qui n'auront pas fait l'effort supplémentaire de s'adjoindre les compétences d'un professionnel. Qu'importe, côté ministère, l'on veut avant tout faire franchir un cap aux chefs d'entreprises: pour Christian Estrosi, "trop souvent en France, l'innovation et la création ne sont pas suivies d'une réflexion marketing, ce qui nous fait défaut par rapport à nos concurrents." Et il est vrai qu'en termes de poste structurant, le directeur marketing arrive bien souvent bon dernier. "Il fallait donner les moyens aux PME, c'est également ressorti des suggestions recueillies lors des Etats généraux de l'industrie. Quand on pense à tous ces façonniers, tous ces brodeurs, ces plumassiers, des métiers qui risquent de se perdre faute de stratégie marketing..." conclut le ministre. 75 fiches thématiques suffiront-elles à changer la culture d'entreprise à la Française ? Qui, même si elle se révélait très bonne élève, devra rattraper des décennies de retard sur ses rivales européennes.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 12 février 2010)