CCI
Economie
 

Année 2010 en demi-teinte

Une conjoncture économique qui se déride, certes, mais des indicateurs de tendance qui restent à surveiller de près si l'on veut éviter une rechute.

Laurent Lachkar et Dominique Estève sur une longueur d'onde commune.
Traditionnel bilan conjoint pour la CCI et l'UPE. Et premières perspectives pour un cru 2010 qui, quoique mieux charpenté, ne sera certainement pas millésimé côté entreprises.

Les chiffres sont clairs : c'est au second semestre 2009 que l'activité s'est brutalement mise en berne dans les Alpes-Maritimes, toutes filières et tous territoires confondus. Malgré les annonces à caractère souvent politique, personne n'aura tiré son épingle du jeu, hormis peut-être le bassin grassois, qui réussit à préserver son emploi malgré un chiffre d'affaires global en chute de 4% par rapport au précédent bilan, et ce grâce à une activité arômes et parfums bien arrimée. "Pourtant, les chefs d'entreprises de toute évidence ont fait de gros efforts pour maintenir l'emploi" souligne Dominique Estève. Pas suffisant pour Nice (-2,5%), Antibes-Sophia (-3,5%) ou Carros (-3,5%), particulièrement touché dans ses troupes BTP et transports. Cependant, une petite éclaircie, appuyée par quelques précieux indicateurs, est à noter en ce début d'année : le recul de la consommation observé en 2009 semble se ralentir depuis décembre, la dégradation du marché du travail se voit stoppée ("momentanément" selon Laurent Lachkar, qui se montre très prudent), avec un taux de chômage départemental de 9% de la population active (10,5% en PACA et 9,1% au national). Avec surtout un marché de l'intérim qui frémit, et la promesse de substantielles économies côté taxe professionnelle qui pourrait booster les investissements et le moral des dirigeants : 100 M€ qui ne partiront pas dans l'escarcelle des collectivités pour les 110.000 entreprises du département, même s'il reste des inquiétudes sur la quantification de la taxe carbone. Avec aussi des volontés affirmées, du plan de relance (dont les retombées n'ont toujours pas été encaissées dans la majorité des cas) aux fonds de revitalisation, imposés aux grands groupes qui ont licencié et qui devraient permettre d'aboutir à 500 emplois créés en 2010. Une sorte de démarche citoyenne devenue obligation légale pour accompagner une dizaine de porteurs de projets. Au chapitre des bonnes nouvelles, les décisions d'Intel ou d'Icera de donner un coup de fouet à leur R&D locale (respectivement 35 et 50 postes prévus), et la mise en place de plate-formes collaboratives dans l'industrie pour mener à bien quelques initiatives d'envergure dans le secteur micro-électronique, avec un financement aidé par le Grand emprunt. Mais l'on veut rester mesuré dans les annonces : "rien ne permet d'affirmer que le renversement sera brutal ou plus lissé. Les indicateurs sont plutôt optimistes, mais il faut continuer à gérer notre compétitivité, notre attractivité et la reprise du marché de l'emploi" pour Dominique Estève. Même son de cloche côté UPE : Laurent Lachkar appelle à se retrousser les manches et à faire perdurer l'effort entrepris, sans se laisser caresser par les sirènes d'une reprise trop évidente.

 
Laurent Lachkar et Dominique Estève sur une longueur d'onde commune.
REPERES

Chiffres d'affaires : un net repli

Entre 2008 et 2009 :

* Menton : -5%

* Nice : -7,5%

* Antibes-Sophia : -8%

* Cannes : -5,5%

* Grasse -4%

* Carros-plaine du Var : -7%

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 5 février 2010)