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JCE, forces vives et fières de l'être

Héritières du mouvement d'Henri Giessenbier et de son "Association des jeunes hommes pour le progrès civique" aujourd'hui presque centenaire, les jeunes chambres économiques maillent le territoire et s'impliquent.

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Elles sont dans l'air du temps. Car ici, à l'instar de nos politiques, on parle de civisme. En 1952 commence à Paris l'aventure des JCE en France où quelques jeunes de bonne volonté "attirés par un désir commun de continuer à servir l'intérêt général tout en restant engagés dans la vie économique" s'engagent derrière Yvon Chotard, le fondateur.

Ils sont aujourd'hui 2.000 en France pour 150 antennes locales, âgés de 18 à 40 ans, à lire et à appliquer le "credo", point d'orgue commun à toutes les jeunes chambres du monde.

"Nous croyons que la foi en Dieu donne à la vie son véritable sens, que la fraternité humaine transcende la souveraineté des nations, que la liberté des individus et de l'entreprise assure mieux la justice économique, que l'autorité doit d'appuyer sur la loi et non sur l'arbitraire, que la personne humaine est la plus précieuse des richesses, que servir l'humanité constitue l'œuvre la plus noble d'une vie". Il en existe même une version en... nissart. Derrière cette "bénédiction" un peu austère se cache aussi un solide réseau social, une belle volonté d'agir et une recherche accrue de développement personnel par la prise de responsabilité. Histoire de mieux s'armer face à la réalité économique et relationnelle dans une quête d'altruisme génératrice de projets. De rêver et d'agir pour un monde meilleur. Et pour certains, de se forger aux techniques qui ouvrent à l'engagement politique. "Entreprenez, entreprenez, il en restera toujours quelque chose", prônait André Dunan, président 1977-1978 de la Jeune chambre économique du Pays Niçois. Dont acte : on leur doit, à l'échelle nationale la journée nationale du droit de l'enfant, la collecte du verre ou le concept de la zone piétonne. Et plus localement, quelques actions remarquables ou rendez-vous pérennes.

 
Dorian Richelmi et Lori Balyozyan
Janvier, le mois des enjeux pour les JCE : nouveaux présidents, nouveaux programmes, nouvelles commissions, nouveaux défis et quelques au revoir aux quadras de l'année, dont certains accros resteront "sénateurs" au sein du mouvement. L'émotion est palpable et l'envie décuplée. Le "pin's" originel, ostentatoire et peu porté signe de présidence, passe de veste en veste. C'est qu'il ne faudrait pas le perdre... La passation de pouvoir, c'est l'occasion pour tous de dresser le bilan d'une année qui s'achève et de se tourner vers l'avenir. Pour la Jeune chambre Nice Côte d'Azur, direction le flamboyant hôtel Aston pour le départ de Dorian Richelmi, président 2009: à son actif, petits-déjeuners et cocktails-débats (de "la crise est contagieuse, l'optimisme aussi" à "réussir sans diplôme, fiction ou réalité ?"), ou encore l'opération "J'éco-thermise", une action de sensibilisation au problème de la déperdition de chaleur grâce à la thermographie. Beau souvenir collectif que l'invitation honorée d'Hervé Morin, ministre de la défense, venu débattre à Nice autour du thème: "qu'attendent les chefs d'entreprises de l'Europe de demain". Plus festif, le challenge karting inter-JCE en octobre dernier. Dorian Richelmi vient de céder son siège, devant 110 invités, à Lori Balyozyan, qui démarre son programme sur les chapeaux de roues avec l'annonce de la création d'un salon de l'automobile propre à Nice (octobre 2010). A 29 ans, elle est passée par l'étape du stage, puis du travail en commission, et ne compte pas son temps pour l'association. Son credo personnel: Nice, capitale de l'éco-citoyenneté, avec un volet social et éducatif bien rempli. Et un nouveau site internet sur les rails.

Née d'une scission avec l'antenne niçoise il y a 35 ans, la JCEPN (Pays Niçois) est elle-aussi en ordre de marche derrière son nouveau président Giulio Cesare Giorgini. Pour la passation de pouvoir, rien moins qu'un sénateur-maire, Louis Nègre, dans l'assistance. Costume, cravate et... lunettes noires de rigueur pour ces Men In Black bien raccords avec le slogan "Be Better" de la Jeune chambre internationale. Et beaucoup d'ambitions pour 2010, après la performance manageriale saluée et honorée de John Di Rico, qui reste dans les rangs à la commission "international" : normal pour cet exilé américain fondateur d'Apex Traduction, à Saint-Blaise. Sa mission past-présidentielle ? "The Ultimate Raid JCI, un événement sportif international permettant de réunir des membres de tous horizons, et la mise en place d'un solide tissu de relations avec les JCE du monde entier." Ce jeune chef d'entreprise ne s'en cache pas, s'il est entré dans le mouvement, c'est d'abord pour rencontrer ses pairs et faire du networking. "Mais ensuite, l'on s'aperçoit que cela va bien plus loin. C'est aussi l'opportunité de se frotter aux responsabilités. C'est bon pour le développement personnel !" Car à la JCE, on agit, mais on forme aussi les leaders de demain. Son ambition? "Créer d'ici 5 ans une Jeune chambre anglophone sur la Côte d'Azur, pour ceux et celles qui sont un peu freinés par les frontières de la langue... Et continuer à partager des valeurs communes aux 200.000 membres du réseau. La JCE, c'est un vrai engagement, bien plus qu'un simple club." Des valeurs qui l'unissent à son successeur : Giulio Cesare Giorgini, à peine élu, bataille déjà pour Haïti. Là-bas aussi, il y a une JCE, et il s'agit de ne pas la laisser tomber. A 33 ans, il achève son stage d'administrateur judiciaire, et reste malgré ses nouvelles responsabilités maître de conférence en droit international des affaires à la fac de Nice. Ce qui en fait un président atypique, mais convaincu : "J'ai trouvé à la JCE de belles idées et de belles personnes. La prise d'engagement est quotidienne et formatrice. Et ce qui est motivant, c'est de voir les résultats immédiats des actions engagées. C'est enthousiasmant!" Et en 2010, l'enthousiasme se décline en festival Craies d'Azur reconduit et exporté en Tunisie, en Eco-rencontres (speed dating du conseil pour chefs d'entreprises) ou en journal spécial JCEPN sur le net.

Pendant ce temps, à Antibes, Frédéric Nolson se prépare lui-aussi à la présidence de l'antenne CASA. Ce sera pour le mois de mars, sous les ors d'Eilen Roc. Et à Monaco, Kevin Hin ne boude pas son plaisir : lui est président JCE, mais aussi JCI, seul représentant du mouvement de son petit Etat. Son programme? L'entreprenariat et l'ouverture à l'international... Les années se suivent, et les thèmes itou.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 29 janvier 2010)