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Cannes
 

Bunker : le contre-projet qui fait couler beaucoup d'encre

Faites vos jeux pour le Palais des Festivals, trop à l'étroit dans son costume actuel, au centre des polémiques cannoises.

Palais des Festivals
Un atout de poids dans les rangs des mutins : en première ligne derrière Philippe Tabarot, Henri Céran fustige la politique touristique de Bernard Brochand, pas assez ambitieuse, et voilà le front de droite divisé sur le devenir de l'emblématique Palais des festivals.

Au projet actuel, voté en conseil municipal et approuvé par David Lisnard, 1er adjoint et directeur du Palais (une extension souterraine de 8.000 m√ pour 57 M€ budgétés) s'oppose désormais un Plan B soutenu par l'équipe Tabarot: un bâtiment semi-enterré de 12.800 m√ en bout de quai Lauboeuf, avec gare maritime et parkings intégrés, de l'autre côté du port. Pour la jonction ? Une passerelle amovible. Et surtout un petite note pour le coup moins onéreuse : 25 M€.

 
Palais des Festivals
Pour Philippe Tabarot, "il s'agit d'un projet alternatif, qui présente plusieurs avantages. Un coût moins élevé pour un équipement plus raisonnable, qui permettrait de désengorger le centre Croisette et de faire vivre la partie ouest du port. Un projet qui permettrait surtout de ne pas offrir la concession du Palais pour une durée de 40 ans, ce qui est actuellement prévu, sans aucune garantie, dans le cadre d'une délégation de service public qui concerne aussi des plages publiques pour une utilisation privatisée 150 jours par an, ou encore la Villa Domergue. Et puis, qui sera le prochain délégataire ? Ce qui fait la force de Cannes, c'est la souplesse de la SEMEC, avec 80% de fonds publics... Nous avons voulu travailler sur une alternative, et pas dans une démarche systématique d'opposition." Message non reçu côté municipalité, qui se rebiffe illico par communiqué de presse interposé : "voilà cinq ans que le projet d'extension du palais est évoqué, étudié et voté. Projet qui vient d'obtenir un avis favorable du commissaire enquêteur à la suite de l'enquête publique du mois dernier." Et de s'insurger contre des chiffres "fantaisistes" quant à l'investissement proposé.

Réaction immédiate côté Palais : "un contre-projet sans plan, sans études, sans calendrier (...) qui paraît totalement inadapté aux besoins futurs exprimés par les professionnels liés au développement des congrès." Alors, c'est Henri Céran qui monte au créneau pour défendre la cause : ce multi-cartes du séjour affaires, qui a travaillé à l'Office du tourisme de Nice, a guidé les premiers pas d'Acropolis ou a présidé la Fédération européenne des villes de congrès, s'est fendu d'une analyse du marché cannois, qu'il juge "incertain, hormis le FIF". Evincé du conseil d'administration de la SEMEC au profit d'un autre opposant à Bernard Brochand, il entend aujourd'hui donner de la voix pour défendre le contre-projet. Philippe Tabarot, lui, demande un référendum "pour rendre la parole aux Cannois, puisqu'ils devront au final régler la note."

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 29 janvier 2010)