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Nice : quel avenir pour le port et la LGV ?

Dominique Estève, président de la CCI, interpelle les élus sur les gros dossiers transports en cours.

Dominique Esteve
Quelle est la position de la CCI sur la LGV en 2010 ?

«Nous sommes très inquiets. Le tracé des métropoles est compliqué. La voie devra être souterraine pour traverser Marseille, Toulon et les Alpes-Maritimes. Nous avons été surpris par la position des élus de l’Ouest du département, qui suggèrent l’utilisation de la voie existante déjà saturée.

Ce qui rompt la belle unanimité au moment où d’autres en région PACA s’interrogent sur l’utilité d’investir 20 milliards d’euros pour la desserte TGV de la Côte d’Azur… On ne s’y prendrait pas autrement pour enterrer le projet. J’ai peur que les difficultés techniques et financières ne remettent en question ce dossier. On suggère une solution de rechange en cas de blocage, avec la réalisation d’une ligne souterraine entre Nice et Vintimille qui viendrait se connecter au réseau ferroviaire rapide italien opérationnel en 2012. La liaison Nice- Paris transiterait par le Piémont, grâce à la future ligne rapide Turin-Lyon via les Alpes. La Principauté est d’accord pour participer au tour de table financier, tout comme la communauté européenne.»

 
Le port de Nice, autrefois moteur économique de la cité, devient un simple parking
Comment réagissez-vous après l’abandon du projet d’un port de commerce à l’aéroport ?

«Il faut trouver une solution pour maintenir notre trafic vers la Corse, l’accueil de la croisière et l’activité ciment. Pour la croisière, et compte tenu de l’augmentation de la taille des unités, on ne pourra se positionner sur les têtes de ligne : notre stratégie vise donc à répartir au mieux les escales en rade de Villefranche ou de Cannes, et depuis cette année Golfe-Juan et Antibes. Le trafic ciment, qui représente 400.000 tonnes par an en provenance des usines du Paillon, pourrait être traité via l’aménagement d’une petite estacade, une digue sur pilotis, située au sud de la plate-forme aéroportuaire. Elle servira à l’accostage des cimentiers ou des petits navires citernes transportant le kérosène pour les avions depuis Fos. Le trafic Corse a augmenté de 20% cette année : comme pour l’aéroport, nous interdirons le trafic de nuit sur le port actuel. Les travaux de rénovation de la voirie (en cours) imposent l’aménagement d’un parking souterrain quai de la Douane. Il faudra donc s’adapter en attendant d’autres solutions. Reste que nos ambitions maritimes seront hélas bien limitées.»

D’autres préoccupations ?

«L’inflation des projets commerciaux avec 450.000 m√ en périphérie nous alarme. C’est déraisonnable, face à un foncier déjà réduit pour les autres activités et le logement pour actifs. Il devient nécessaire d’établir un schéma départemental du commerce. Pour l’instant, les communes font tout le contraire, en élaborant leur plan local d’urbanisme sans que le schéma ne soit édicté. C’est regrettable. Nous sommes également inquiets sur l’alimentation électrique du département, toujours très fragile, et le dossier des déchets à ce jour non résolu.»

Propos recueillis par Michel Bovas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 15 janvier 2010)