Conseil général
BTP
Eric Ciotti
 

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2009 : baptême du feu et bilan pour le CG 06
En 2010, Eric Ciotti refroidit la machine départementale : stabilisation fiscale, contraction des dépenses improductives et de l’endettement.

Eric-Ciotti L’année qui s’achève aura été chaude pour le jeune président du Conseil général. Chaleur intime et familiale d’abord, avec son mariage et la naissance de la petite Jeanne Marie.

Mais, plus négativement, échauffement pour les commandes d’une machine administrative qui a dû être manipulée, pour la première fois depuis longtemps, à contresens : en commençant à ralentir un train de vie peu regardant et en accélérant la collecte des ressources fiscales (+15%) ainsi que les dépenses d’infrastructures et d'équipements dont le BTP a été le principal bénéficiaire.

Jugée par lui «à la fois très exigeante et très passionnante», l’année fut surtout très déséquilibrante à cause de l’ampleur de la crise, que personne n’a vu venir, avec un brutal effet de ciseau : d’un côté «une forte baisse des droits de mutation qui auront diminué de 110 M€ à la fin de l’exercice, c’est à dire de 33%, de l’autre un creusement de nos dépenses de solidarité sociale avec une augmentation des allocataires du RSA (ex-Rmistes) de 13% et la poursuite d’une tendance structurelle à l’alourdissement de la protection de l’enfance ainsi que des prestations compensatoires d’handicap (presque deux fois plus d’allocataires en 2009) et le vieillissement des populations.»

Plus de dépenses, moins de recettes ? Dans une telle situation «le plus catastrophique aurait été de couper les moteurs de l’économie», juge Eric Ciotti qui a fait «le choix inverse».

Pour Eric Ciotti, point d’alternative : «c’est l’investissement qui crée la croissance, puis l’emploi. Avec le plan de relance, ce département, qui a depuis 1983 le meilleur taux d’investissement par habitant, s’est maintenu à un niveau très élevé (400 M€ où se distingue à Sophia-Antipolis le campus Stic pour 72 M€, en suspens depuis longtemps et pour lequel je me suis beaucoup battu. Il y a aussi le programme des 18 maisons de retraite bloqué depuis des mois, les très gros chantiers routiers (pénétrante de la Siagne, de Cannes-Grasse, achèvement de la 202 bis et rocade de liaison entre la 202bis et l’A8), la mise en place d’un centre de valorisation des déchets au Broc et les travaux de protection contre les inondations du Var.»

 
Eric-Ciotti Pour en rester à l’environnement et plus particulièrement au problème –crucial- des déchets, le président du Conseil général estime que le département «arrive en vue d’une issue à la crise majeure ouverte par la disparition de la Glacière» grâce à une série de décisions. «J’ai soutenu fortement la création de la carrière de la Roque à Roquefort-les-Pins, qui donne une solution aux besoins du BTP en évitant le désastre écologique qu’auraient représenté les décharges clandestines dans les vallons ou le transport hors du département. J’ai soutenu le dossier du Broc, qui va s’appuyer sur un site d’enfouissement à

Massoins pour traiter près de 45.000 tonnes de déchets. C’est la première fois que s’ouvre un nouvel équipement. L’installation d’un centre de valorisation énergétique géré par le SIVADES à la Roquette-sur-Siagne règlera le problème des déchets à l’ouest. Après la présentation en 2010 du nouveau plan départemental d’élimination des déchets, il restera un dernière étape à laquelle nous travaillons et qui ne sera pas la plus facile à franchir: trouver le lieu pour un dernier site d’enfouissement».

Certains grands dossiers impliquant le département auront connu une évolution moins satisfaisante au cours de l’année, à commencer par celui de la LGV, «que j’aimerais voir avancer plus vite. Déjà difficile à cause de son tracé, même si j’apprécie le choix, il ne devrait pas susciter différentes musiques chez nous. La LGV doit desservir les Alpes-Maritimes et rejoindre l’Italie. Si le tracé est mieux accepté à l’Est qu’à l’Ouest, commençons par là.»

2009 aura vu l’enterrement, clairement confirmé cette fois, du grand projet portuaire à l’embouchure du Var, caressé par Christian Estrosi. En cause, «deux contraintes majeures» ressortant d’études à la publication indéfiniment reportée et au contenu pudiquement distillé. «La première est imposée par la navigation aérienne; la hauteur des superstructures des navires requiert un système d’approche par satellite plutôt que par radar, qui ne sera pas agréé en Europe avant une dizaine d’années. La seconde est déterminée par les risques géologiques qui supposent l’utilisation de grues spéciales, en butte également à la réglementation aérienne. Les coûts très élevés escomptés étaient de nature à rendre l’opération improbable.»

Autre action remisée avec discrétion après avoir pourtant été acceptée au terme de débats contradictoires et coûteux : l’extension de l’A8 dans le contournement de Nice, qui est appelé de ce fait à rester chaotique. Pour Eric Ciotti, «le dossier n’a plus sa raison d’être. Une politique très dynamique de transports en commun, avec le maillage complet du territoire, doit faire l’économie de ce projet extrêmement coûteux et pour lequel nous aurions des difficultés à trouver des financements, du fait de sa complexité technique».

A la place ? «Il faut améliorer les entrées et sorties d’autoroute. C’est la priorité absolue, à commencer par le goulet d’étranglement de l’échangeur de la Promenade des Anglais pour lequel j’ai saisi le Ministère de l’équipement. Escota, qui a beaucoup traîné, a enfin déposé le dossier d’enquête d’utilité publique, et j’espère que le chantier démarrera dès 2012. Il faut également réaliser l’échangeur de Biot et améliorer celui de Mougins pour lequel le Conseil général va apporter des solutions. Mais aussi investir dans le bus à 1e, la Carte Orange sur tous les modes de transport. Dans 20 ans, au terme du projet, il y aura de nouveaux modes de déplacements, la diminution du tout-voiture étant une évolution longue, mais aussi lourde.»

Jacques Bruyas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 25 décembre 2009)