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Grippe A : «Il ne faut pas baisser la garde»

Médecins et collectivités tentent une piqûre de rappel pour éviter un second pic épidémique trop virulent.

Daniel Benchimol, Francis Lamy, Jacques Schweitzer
Pour le préfet Lamy, il s’agit de délivrer un message clair : les centres de vaccinations restent ouverts pendant les vacances, hors week ends et jours fériés.

Et la période est propice à l’action : le froid et l’inévitable rentrée des classes début janvier devraient relancer la machine grippale, pour l’heure en nette défervescence, de l’avis même de l’Ordre des médecins. Un gage de réussite pour Francis Lamy, qui recense 63.000 personnes déjà vaccinées dans son département, sur 380.000 bons CPAM distribués : «soit 6% de la population, ce qui correspond à la moyenne nationale, et qui a aussi montré son efficacité, puisque la contamination est aujourd’hui moindre.» Au rang des «remèdes», il y a également la fermeture de quelque 300 classes, et la vigilance des corps enseignants et médicaux. «Nous avons pu noter une belle mobilisation des professionnels retraités» souligne Jacques Schweitzer, président départemental de l’Ordre. «Mon seul regret : que les praticiens n’aient pu participer à cette opération dans leurs officines. C’était sans doute une erreur, nous le saurons pour la prochaine fois.» Pour le professeur Daniel Benchimol, doyen de la faculté et adjoint au maire en charge de la santé publique, si la première bataille a été gagnée, la guerre, elle, est loin d’être remportée : «Les experts nous avaient prévenus, il y aura bien deux vagues, l’une s’est déjà produite comme prévue à la rentrée scolaire et universitaire de septembre/octobre, et nous avons pu contenir le pic épidémique grâce aux mesures-barrières imposées. Le deuxième pic devait arriver aux premières baisses de température : chose faite il y a trois semaines, avec plus de cas enregistrés. Le prochain ? En début d’année à la reprise des cours, et nous risquons une réelle recrudescence. D’où l’importance de se vacciner au plus vite. L’effort doit être global.» Et peut désormais l’être, puisque la totalité des bons CPAM devrait être distribuée d’ici trois semaines.

Et que désormais, il est possible d’accéder à la vaccination sans sésame officiel, en se présentant directement dans l’un des 11 centres fixes des Alpes-Maritimes. Pour le Dr Hervé Haas (pôle pédiatrie Archet II), il y a urgence : «Il faut à tout prix continuer. On l’a vu dans les pays du sud, touchés avant nous, le virus se développe par vague. Et la prochaine arrive… Les médecins s’accordent aujourd’hui à dire qu’il faut s’immuniser. Que cette grippe est véritablement dangereuse. Et que dans 20% des cas, les personnes admises en réanimation suite à un syndrome grippal, avec atteinte directe des tissus pulmonaires, n’étaient nullement prédisposées.» A noter aussi la forte contagion observée avec cette souche encore inconnue pour beaucoup d’anticorps : d’où l’appel lancé à cette vague de vaccinations massives et familiale pour un comportement… grippo-responsable.

Isabelle Auzias

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 25 décembre 2009)