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Industrie
Sylvain Massa
 

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La conjoncture freine, Massa accélère
Sylvain Massa veut faire de l'entreprise familiale le leader national incontesté.
Pendant la crise, le chiffre d’affaires continue d’augmenter chez MP, plus connu du public sous l’appellation Massa Autopneu.

Sylvain-Massa Il avait cru de 4% entre 2006 et 2007, à 175 M€. A 226 M€, il a progressé de 30% entre 2007 et 2008. Et Sylvain Massa, son PDG, annonce encore 310 M€ pour cette année, soit 37% de hausse. Rien que ça ! Pourtant, son entreprise n’est pas sur une île déserte et prend de plein fouet les secousses : «l’industrie est en récession totale avec une baisse de 20 à 30% ; et l’immatriculation des véhicules neufs a chuté de 50%.» Et alors qu’il pouvait espérer au moins une compensation avec l’entretien des véhicules en circulation, la baisse de 5% du marché du pneumatique de remplacement a annihilé ses espérances. Devant de telles déconvenues, comment MP a-t-il donc pu continuer à aller de l’avant ? Comme souvent, il n’y a pas une réponse univoque mais une convergence de facteurs. La croissance externe d’abord : au milieu de la décennie, le Cannois avait clairement dit qu’il comptait couvrir l’arc méditerranéen et surtout devenir le numéro 1 national en 2008, date du centenaire. A quelques mois près, c’est chose faite. Le nombre de magasins avait doublé entre 2002 et 2005. De 40 unités, il est passé à 60 l’an passé et dépassera les 100 cette année. Une opération rendue possible par le rachat d’un réseau couvrant Rhône-Alpes et Jura qui donne une stature nationale à l’enseigne. Et une capacité à fournir 6.000 à 10.000 pneus par jour. La période 2010-2013 sera mise à profit pour la consolidation de cette position, qui consistera notamment à agrandir, dès 2010, la plate-forme de distribution de Lille, qui passera de 10.000 m√ à 35.000 m√, puis en 2013 celle du Muy portée de 10.000 m√ à 25.000 m√. Doucement, les frères Massa sont sortis de leur cœur de métier, en offrant de nouveaux services à haute valeur technologique ajoutée grâce à des équipements servis par un personnel compétent, souvent requalifié par l’école de formation créée en interne à cet effet. Le chauffeur de poids lourds ne rentre plus dans les centres pour changer ses pneus ou les entretenir par l’intermédiaire de la filiale Sogepneu, mais aussi pour procéder aux entretiens répétitifs du véhicule : châssis, hydraulique, électronique embarquée, contrôle de vitesse et du temps de conduite… ça va sans doute grincer chez les garagistes, mais c’est de bonne guerre.

Jacques Bruyas

(Tribune Bulletin Côte d'Azur - Edition du 8 janvier 2010)