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journal n741 - publi le 15/05/2014

Toute la Haute Provence chante ses saveurs avec Henri Bardouin

Un grand classique du pastis joue sa partition en niche gastronomique.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération : le pastis Henri Bardouin à la subtilité presque féminine invite à être largement allongé de 6 à 10 fois en une boisson légère et parfumée qui peut s’envisager ainsi tout au long du repas, expérience réalisée en live lors d’une présentation au restaurant Jan, rue Lascaris, décidément un des must des adresses niçoises en termes de raffinement gustatif.

 

Fondée en 1898, la distillerie se veut héritière de la culture des simples de la montagne de Lure, à une époque où chaque famille paysanne fabriquait son propre pastis rustique mis à rafraîchir dans l’eau de la fontaine. Quand l’épopée de l’absinthe s’achève en 1915, le pastis prend le relais.

La  petite distillerie passe entre plusieurs mains avant Henri Bardouin, un carrossier de Forcalquier qui se reconvertit au lendemain de la guerre, à la suite d’une blessure. Passionné de plantes sauvages, il lance un nouveau pastis, le Diamant, à forte identité locale, et crée des liqueurs vendues en boutiques. Son fils lui succède jusqu’en 1979, la gérance étant confiée à Alain Robert, autre natif de Forcalquier à la solide ascendance paysanne qui en deviendra alors le PDG (voir notre vidéo).

 

En devenant  Distilleries et Domaines de Provence en 1984, l’ancienne Distillerie de Lure va jouer la carte du raffinement et de l’innovation tout en sachant conserver son identité et son esprit familial, recrutant aussi bien des techniciens, des spécialistes que des personnels sans qualification initiale, formés dans l’entreprise.

Un vin pétillant aromatisé à la pêche, le Carlton, a un tel succès qu’il représente près de 90% du chiffre d’affaires et va attirer l’attention de Ricard qui rachète l’entreprise pour la revendre, sans le Carlton, en 1990, à Alain Robert. Ce dernier va devoir faire preuve de dynamisme et d’innovation: le pastis évolue et, contrairement aux apéritifs industriels présentant une forte dominante d’anis et peu de complexité, le pastis Henri Bardouin, avec ses 65 ingrédients, simples connus de l’herboristerie provençale et épices plus ou moins lointaines, vise l’excellence. Maîtrise de l’infusion, talent du liquoriste pour équilibrer chaque année l’assemblage, art de la distillation traditionnelle…

L’entreprise  lance en 1999 l’Absente, crème d’absinthe, grande absinthe et absinthe, jouant sur le fantasme et l’identité provençale.

 

Toujours solidement ancrée dans son histoire et son terroir autant que dans l’évolution du marché, la PME de 35 personnes se tourne résolument vers le haut de gamme français et vers l’exportation, forte de ses succès : médaille d’or au Concours agricole dès 2008, le pastis Bardouin vient d’être classé comme meilleur pastis du monde par la sommellerie anglaise, pourtant  peu réputée pour sa mansuétude.

 

 

 

 



Liliane Tiberi

 

 

 

www.distilleries-provence.com