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journal n°740 - publié le 07/05/2014

Concours Lépine : six Azuréens à Paris

Parmi les 550 innovations candidates au Concours Lépine International 2014, six sont les créations d’inventeurs azuréens. Combien seront primées? Réponse dès ce 10 mai à la Foire de Paris.

Starpress : Raoul Parienti repasse le concours

 

Déjà double lauréat du Lépine, Raoul Parienti présente cette année une centrale de repassage complète intégrée dans un miroir mural.

Sacré coup de com’ pour le récurrent de l’étape…

 

Tel Newton et sa pomme, l’idée de Raoul Parienti lui est tombée sur la tête il y a quatre ans, lorsqu’il se prend accidentellement une table à repasser sur le coin de la figure en ouvrant son placard. Pas question pour l’homme aux 146 brevets de subir une nouvelle attaque de planche folle. A grand renfort de calculs mathématiques, de mesures d’intégration et d’ingéniosité, l’inventeur azuréen a réussi à faire rentrer une table, une centrale à vapeur et un fer à repasser dans un coffre de six centimètres d’épaisseur, habillé d’un «élégant miroir». En quatre ans d’étude, le système Starpress était né.

 

A la Foire de Paris, inlassablement,  le serial créateur fait pivoter la plaque verticale du miroir pour déployer une centrale de repassage complète en un tour de main sous les yeux des badauds. «On n’entend parler que de ça !» s’enthousiasmait une visiteuse vendredi matin. «Vivement Noël !», soufflait-elle avec envie en lorgnant sur le système qui sera commercialisé fin 2014, dans des enseignes de distribution de produits électroménagers. Raoul Parienti demeure secret quant aux noms desdits distributeurs, pour ne pas froisser ses partenaires, mais apparaît confiant quant à l’avenir de son dernier bébé. Son prix ? La question est passée (et repassée) dans les allées, mais l’inventeur n’en dira rien. «Le prix sera... accessible», se contente-t-il de répondre.

 

Starpress en est aujourd’hui à l’étape des tests de conformité et de résistance, avant d’entamer la tournée des foires, jusqu’à celle de Canton en Chine. A Paris, Raoul Parienti a surtout gagné en visibilité, avec un éclairage médiatique important et la visite de futurs clients, comme des représentants de groupes hôteliers intéressés par le produit. Le truc en plus, c’est le Lépine. «C’est un label, un concours emblématique», relève notre ingénieux multi-récidiviste.

 

En 2010, il avait remporté le prix du président de la République avec Top Braille, un appareil de poche permettant la lecture instantanée en relief ou en vocal de n’importe quel texte imprimé. En 2013, il avait décroché le Grand prix du concours avec le Freeway, un tricycle ultra-léger pliable à moteur électrique. Une invention qui continue sa route, puisque Raoul Parienti s’apprête à initier une opération de crowdfunding pour lancer l’outil de production de son scooter 100% branché.

 

 

 

 

Handiplat : transformer l’essai

 

Rita Basile a remporté le bronze en 2011 avec une première version de son plateau-repas conçu pour se restaurer avec une seule main.

Elle revient cette année avec un produit plus achevé.

 

C’est à la suite d’un accident que Rita Basile a mûri l’idée de son plateau adapté aux personnes ne pouvant manger qu’avec une seule main. Artisan dans les Alpes-Maritimes, elle se sectionne le bras gauche en 1997. Elle doit alors réapprendre les gestes du quotidien dont l’un des plus anodins: manger. Pour l’aider, son père lui bricole une planche de bois avec un clou pour caler les aliments. L’ancêtre d’Handiplat était né.

 

Avec le temps, le système se perfectionne. «Autour de moi, les gens me disaient qu’il y avait quelque chose à faire avec ce plateau», se souvient l’Azuréenne plongée dans le grand bain de l’innovation. En 2011, elle présente le plateau en bois à la Foire de Paris et décroche le bronze au prestigieux concours Lépine. «Tout le monde voulait repartir avec mon plateau», s’étonne-t-elle encore.

 

Elle décide donc de développer son concept à grande échelle : «j’étais au chômage, c’était le bon moment pour me lancer, il n’empêche que ça a été très difficile. Chômage plus handicap, c’est compliqué, j’ai dû passer par un véritable parcours du combattant», raconte-t-elle. Mais elle aura aussi fait de belles rencontres, enrichissantes, comme ces ergothérapeutes du Centre Hélio Marin de Vallauris, qui l’ont aidée à perfectionner son produit.

 

Handiplat c’est aujourd’hui un plateau en plastique avec assiette intégrée, des cales pour le pain, des picots pour immobiliser les aliments… En moins de six mois de commercialisation, elle en a vendu 300, surtout à des magasins spécialisés mais aussi à des hôpitaux ou des particuliers, à 89€ l'unité, ouvrant droit à des aides.

 

 

 

Clovéo : baptème de l'air pour Isabelle Massolon

 

Elle concourt pour la première fois au Lépine avec son système de support articulé pour verres.

 

Clovéo, c’est la fin de la coupe de champagne renversée par la houle ou du ballon de rouge qui valdingue en route à cause d’un changement de cap. Hôtesse dans le nautisme il y a quatre ans, Isabelle Massolon en a eu assez de voir ses verres finir par terre. «Il va falloir inventer quelque chose, créer un système élégant, chic, costaud et efficace», s’était-elle promis à l’époque.

 

C’est sur ces bases qu’elle a conçu son système de supports en plexiglas articulés pour deux ou quatre verres. Grâce à un ingénieux double axe de rotation, les plateaux accompagnent les mouvements de l’environnement, tout en assurant aux verres une station quasi-stable.

Il y a trois ans, elle a fait le grand plongeon et s’installait à son compte. Après un travail de conception, de design et de recherche de matériaux, elle a lancé la commercialisation de ses plateaux en mai 2013. «Mon entreprise démarre, pour le moment je me fais connaître, et mes plus gros acheteurs sont à Monaco», explique l’habituée des salons nautiques, gérante de la SARL Id-Delle, basée au Cannet.

 

A la Foire de Paris, elle a récolté «beaucoup de compliments, mais paradoxalement pas trop de ventes, car c’est un produit de luxe réservé à une certaine clientèle». Et nous sommes ici bien loin des plus proches amarres. Les plateaux, vendus avec les verres, coûtent de 110 à 220€ suivant le modèle choisi.

Isabelle Massolon travaille encore et toujours ses produits : elle propose par exemple des flûtes à champagne en verre soufflé de Biot, des verres en cristal, des supports en plexiglas colorés ou agrémentés de dentelle… Quel que soit le modèle, la fabrication est française, le montage fait maison et les vis sont en inox marine pour assurer la longévité des produits en milieu hostile.

 

 

 

 

 

 

Dossier réalisé par Lucie Lautrédou