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journal n°737 - publié le 17/04/2014

«La solution ne peut passer que par l'Europe»

C’est Agnès Rampal qui représentera le département à l’échelle de l’Europe pour l'UMP. Adoubée par Christian Estrosi qui lui a confié à Nice les fonctions de 6e adjoint en charge de l’Euro-Méditerranée. Question d’organisation.

Si elle part au combat, c’est pour sa ville. Son département. Son parti. Et pour son maire. «Un Européen convaincu. Mais je veux aussi rendre hommage à Gaston Franco, il a été pendant cinq ans un excellent député européen, et s’il n’est pas reparti, c’est qu’il fallait, parité oblige, que ce soit une femme si Nice voulait rester en quatrième position sur la liste menée par Renaud Muselier et Françoise Grossetête.»

 

Une parité qui la pousse désormais vers Bruxelles, avec de forts enjeux en tête. «D’abord représenter mon territoire. L’Europe a des budgets extrêmement importants que nous n’exploitons pas assez pour l’heure. C’est d’autant plus important qu’il ne faudra plus compter sur l’Etat français… Si nous souhaitons le développement économique de notre région, à nous de le mériter, et de plaider notre cause devant le Parlement européen. Et quand en plus, Nice se positionne déjà comme secrétariat permanent des villes euro-méditerranéennes, le challenge n’en est que plus beau.»

 

«Les médias ont un rôle à jouer»

 

«On dit par exemple que l’Europe coûte cher. Mais il y a moins de fonctionnaires à l’Europe (40.000) qu’en mairie de Paris (50.000). Le fonctionnement, c’est 5% du budget global, qui peut dire mieux ? On vit sur de fausses infos, qui font le lit des extrêmes.»

Pour elle, point de salut sans une Europe plus forte. «C’est l’Europe qui nous a protégés de la crise financière, l’Euro a été un rempart, il faut maintenant accélérer pour faire en sorte d’être encore plus forts. Et cela, il faut en prendre conscience, ça n’est pas toujours le cas, nous pêchons côté pédagogie, apprentissage et compréhension de l’institution.»

Une méconnaissance qui a ses conséquences… politiques. «Car notre principal ennemi, ne nous y trompons pas, c’est bien l’abstention.» Qui par ricochet favorise l’émergence des extrêmes dans les rangs parlementaires. «Et si l’on a un parlement des extrêmes, qui ne propose rien de constructif, dans une assemblée de chaises vides, on court à la catastrophe. L’Europe se construit jour après jour, elle avance, édicte des lois qui correspondent aux attentes des peuples, sans oublier personne. Le travail est lourd, mais avec un bon parlement, on avance vite et bien. 80% des lois qui sont votées à l’Assemblée nationale sont inspirées par l’Europe, ça n’est pas si abstrait… C’est même primordial.»

D’autant, souligne l’élue niçoise, qu’il s’agit d’entrer dans une nouvelle phase de crédits européens (2014-2020), qu’il serait dommage de manquer. «Nous y avons déjà travaillé. Université, ligne Nice-Vintimille-Turin, il ne faut pas louper le coche ! Chez nous aussi, il faut construire l’avenir.»

 

Pour Agnès Rampal, il est encore un peu tôt pour trouver ses marques : tout dépendra des commissions déjà attribuées par sa tête de liste, Renaud Muselier. «Là, je potasse… Mais je crois être assez souple pour m’adapter à toutes les missions, s’il s’agit de m’impliquer pour mon territoire.»

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias