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journal n737 - publi le 17/04/2014

Le manifeste des 370 startups

La Cte d'Azur est candidate au label French Tech, initi en janvier par Fleur Pellerin, alors ministre dlgue l'Economie numrique. Mais la French Tech, quzaco ?

> "La French Tech ? C'est vous !"

D'après le site web dédié, le terme désigne "tous les talents qui font le numérique en France."


Parmi ces talents, on trouve les entrepreneurs en tête, mais sont aussi cités les investisseurs, ingénieurs, designers, marketeurs, chercheurs, étudiants... De quoi faire de la France une "Startup République d'envergure mondiale".

L'objectif du ministère: renforcer la croissance et le rayonnement des PME et des écosystèmes numériques pour que, d'ici quelques années, "des milliers de startups s'épanouissent en France, s'imposent sur la scène internationale et passent de quelques salariés à plusieurs milliers," d'après le manifeste publié sur le site officiel. D'où l'initiative lancée par Fleur Pellerin.

Deux axes : mobiliser les moyens pour accélérer la croissance des entreprises de la filière, et changer la "perception négative" dont souffre parfois la France.
L'aventure French Tech est dotée d'une enveloppe de 215M€ dans le cadre du Programme Investissements d'Avenir. Le coeur de l'initiative consiste en "la labellisation éponyme de quelques Métropoles qui se caractérisent par un écosystème numérique de niveau international et un projet ambitieux et fédérateur de croissance de cet écosystème," territoires qui répondent en outre à un cahier des charges strict, un volet dédié à "l'accélération", avec "200M€ investis dans des initiatives privées qui aident les entreprises numériques à croître plus vite pour devenir des champions internationaux", et une partie "attractivité internationale" avec une enveloppe dédiée de 15M€.

Le tout sera piloté par la Mission French Tech, rattachée au ministère devenu depuis secrétariat d'Etat.

 

Il n'y a pas de date butoir pour les dépôts de candidatures. Tout projet déposé fait l'objet d'une période de "co-construction" avec la Mission French Tech. A l'issue de cette phase, trois possibilités : la labellisation avec passage en "phase d'expérimentation", le retour à la "co-construction" si le projet n'est pas jugé assez mûr, ou le refus clair et net de labellisation. Si tout va bien, la phase d'expérimentation (un an) débouchera sur le maintien du label, pendant trois cycles de trois ans.



www.lafrenchtech.com

 

 

>  Au commencement étaient les politiques

Chez nous, même si la réflexion était engagée depuis près d'un an, tout a démarré en octobre 2013 d'une volonté politique commune, une fois n'est pas coutume, au-delà des frontières intra-départementales.


Sous la bannière Côte d'Azur se sont rassemblées Métropole, CASA, interco des Pays de Lérins et de Grasse, et même le Conseil général, comme si on avait enfin compris qu'à part chez nous, les querelles de clocher n'intéressent personne. C'est bien. Mais pour monter un dossier, il faut aussi des entrepreneurs (les principaux concernés). Pierre Callède (Cabinet Vaughan), Philippe Ravix (StarTTechs) et Sylvain Theveniaud, ambassadeur Côte d’Azur de France Digitale, se sont donc lancés : ils ont créé le site french-riviera-tech.com, sur lequel est publié un manifeste pour soutenir la labellisation, qui avait déjà recueilli 370 signatures le 14 avril, jour de la réunion de "lancement de la mobilisation" de la French Tech Côte d'Azur.

Cette réunion a rassemblé environ 150 chefs d'entreprises de tout le département, invités au campus Sophiatech par le Club des Dirigeants de Sophia et Team Côte d'Azur.

 

Jacques Lesieur et Sylvie Deschamp ont repris les documents officiels pour présenter l'initiative (avec une petite digression sous forme de légende amérindienne), mais l'objectif était surtout de susciter des vocations : pour monter le projet, une dizaine "d'entreprises emblématiques" sont demandées pour mettre la main à la pâte.

C'est le moment de "fédérer pour définir une stratégie, identifier des projets, participer au dossier de candidature et à la gouvernance." Bref, prouver qu'effectivement, il existe un «écosystème numérique» dans les Alpes-Maritimes, même si on nous rabat les oreilles depuis des plombes avec le rayonnement international de Sophia Antipolis.

Et ça commence à urger, puisque même si aucune date n'est imposée par le ministère et que la labellisation se fait au fil de l'eau, Sylvie Deschamp a évoqué la fin du mois de mai pour l'envoi du dossier (dossier qu'il "faut se fader", pour reprendre l'expression d'un participant qui semblait suggérer que ledit dossier était particulièrement indigeste).

Heureusement, à Paris, les Azuréens ne sont pas des inconnus, puisque le 10 avril dernier, une délégation d'entrepreneurs a pu rencontrer Axelle Lemaire, toute fraîche secrétaire d’Etat en charge du numérique, ainsi que David Monteau, directeur de la Mission French Tech.

 

 

 

 

 


Lizza Paillier