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journal n°733 - publié le 20/03/2014

BA06 Event a passé la quatrième

Beau succès pour cette édition 2014 de la grand-messe de l'innovation, accélérateur de business pour les startups azuréennes. Alors, accélérons !

Le 19 mars, les locaux de la Chambre de commerce et d'industrie à Nice se sont vus annexés par les forces vives de l'innovation. L'objectif de cette journée pas comme les autres : mettre en relation des porteurs de projets (innovants, il va de soi) avec des investisseurs, des donneurs d'ordres et des experts en tous genres. Et à l'organisation, les équipes de Georges Dao, président de la commission Développement économique durable de l'UPE 06 et de l'association BA06 Accompagnement, commencent à être sérieusement rodées.

 

Près de 350 rendez-vous préprogrammés pour les 46 startups inscrites (pour moitié des  nouvelles venues) avec une vingtaine d'investisseurs (institutionnels et particuliers confondus) et autant de donneurs d'ordres, des diagnostics éclair de 15 minutes avec les accompagnants (avocats, experts en ressources humaines...), les 20 meilleurs Elevator Pitches (courtes vidéos de présentation de l'entreprise), 16 plateaux TV dans l'atrium du Palais consulaire... Pas de temps mort pour nos JEI.

 

La rude journée s'est soldée par la remise des traditionnels trophées, après l'incontournable visite des officiels : Bernard Kleynhoff en ses murs, Yvon Grosso pour l'UPE 06, Christian Tordo pour la Métropole, le CEEI qui a activement œuvré à l'organisation, et même Jean-Pierre Mascarelli, ce qui laisse les optimistes augurer d'une nouveauté pour l'édition 2015 : une participation du Conseil général ?

 

 


Du côté des startups

 

Option Way cherche des billets pour aller plus haut

Spécialisée dans les options sur les billets d'avion, la jeune pousse basée à Sophia est venue rencontrer des donneurs d'ordres, pour lever 500.000€ et se développer.

 

Leur slogan : «partez à votre prix». Option Way est une agence de voyages sur internet, qui propose  au client de fixer tous les critères du vol qu'il souhaite acheter : dates, destination, et surtout... prix.

«J'ai envie de partir à New York du 1er au 8 mai, et je vois qu'aujourd'hui, le tarif le plus bas est à 800€, illustre Mathieu Chauvin, président de la société. Je propose mon propre prix, par exemple 600€, je rentre les coordonnées de ma carte bancaire, j'active l'option, c'est vraiment un ordre d'achat ferme. Option Way vérifie les prix en permanence, et dès qu'un vol correspondant aux critères atteint le prix de 600€, le billet est acheté automatiquement.»Un outil particulièrement souple, souligne le jeune entrepreneur, puisque les critères sont modifiables, et l'option peut être annulée tant qu'elle n'a pas abouti. Mathieu Chauvin précise que sa solution est intéressante surtout sur les moyens et longs courriers : «sur un Nice-Paris, seulement deux compagnies se partagent le marché, et les tarifs ne fluctuent pas beaucoup, alors que sur un Paris-New York par exemple, les prix sont beaucoup plus volatils.»

 

Et si les particuliers sont dans la ligne de mire d'Option Way, la startup s'est inscrite à BA06 Event pour prendre contact avec des donneurs d'ordres : «les entreprises sont une cible intéressante parce qu'il y a beaucoup de déplacements.» Et donc des économies potentielles à réaliser. Manifestement, l'idée séduit: sur la dizaine de rendez-vous programmés sur la journée, deux donneurs d'ordres se sont montrés intéressés pour tester le concept.

 

Mais Option Way cherche aussi de l'argent : «nous voulons lever 500.000€. Nous sommes déjà en contact avec des investisseurs, et BA06 Event est l'occasion d'en rencontrer d'autres.» Trois objectifs : «étoffer l'équipe (actuellement sept personnes) pour avoir un vrai service clients et des développeurs supplémentaires, se faire connaître donc investir sur le marketing et le web marketing, et enfin continuer nos travaux de recherche et développement. Nous avons déposé un brevet et travaillons en partenariat avec le laboratoire Dieudonné (UNS et CNRS) sur le principe des options: la levée de fonds participera à la poursuite de ces travaux.»

 

 

 

Du côté des investisseurs

 

Créazur, une jeune entreprise pour investir dans les startups

Ce fonds d'investissements tout neuf est une filiale du Crédit Agricole Provence Côte d'Azur, mais se veut indépendant et autonome.

 

Créée fin 2012, opérationnelle depuis juillet 2013, la SAS Créazur est plus jeune que certaines startups présentes sur BA06 Event. Et pourtant, elle dispose d'un million d'euros de capital à investir dans des entreprises en création. Pour Jean-François Richardoz, chargé d'affaires, missionné sur place pour flairer les talents, «nous avons un vrai rôle à jouer en tant qu'investisseur pour les entreprises présentes aujourd'hui, qui cherchent 200.000 ou 300.000€,.» Et pas de panique, même si Créazur est une filiale à 100% de la Caisse régionale du Crédit Agricole, aucune obligation d'être client de la banque pour voir son dossier examiné. «Nous avons une vraie approche en tant qu'associé potentiel. Ce qui nous intéresse, ce sont les TIC, les biotechnologies, l'innovation au sens très large du terme, parce qu'elle est créatrice de valeur et qu'il y a un potentiel de développement rapide.»

Les critères pour séduire ? «Nous regardons les possibilités en termes de créations d'emplois sur le territoire, mais nous cherchons aussi évidemment à savoir comment on peut se projeter à cinq ans. Nous gardons une approche professionnelle en investissant au plus juste, selon nos possibilités.»

 

L'entreprise est exigeante, et il faut le temps que la machine se mette en marche, pour peut-être voir plus gros : «aujourd'hui notre capital est d'un million d'euros, et si les affaires se multiplient, nous pourrons toujours solliciter notre actionnaire pour aller plus loin, plus haut. Sachant qu'il y a aussi un roulement naturel qui fait que, quand on a rentré un certain nombre de participations, quatre ou cinq ans après, on ressort du capital et si tout se passe bien, on récupère de l'argent que l'on peut alors ré-investir dans d'autres entreprises...»

 

Une sorte de cercle vertueux, qu'intégreront peut-être des participants de BA06 Event, puisque sur une quinzaine de rendez-vous, cinq startups ont d'ores et déjà tapé dans l'oeil de Jean-François Richardoz.

 

 

Le mot du président

 

Georges Dao, ou l'art délicat de convaincre les donneurs d'ordres
Difficile de les mobiliser, mais une fois le pas franchi, ils sont plutôt ravis.

C'est le père de l’événement, et à la voir sur le terrain, omniprésent, hyperactif, on ne doute pas un instant de sa passion: «BA06 Event, c'est un système gagnant-gagnant». Et les donneurs d'ordres commencent à le comprendre. Il fallait les convaincre, les fidéliser, Georges Dao l'a fait. «C'est cela, ma vraie satisfaction, qu'ils soient conquis dès qu'ils franchissent la porte». Et de citer l'exemple de Daniel Sfecci, président de l'APPIM, venu presque pour lui faire plaisir, «et qui m'a dit en repartant qu'on devrait faire ça tous les jours !» Le résultat d'un travail de longue haleine, «qui demande vraiment de l'énergie et heureusement qu'il y a une équipe de 35 bénévoles autour de moi qui se motivent tout au long de l'année.» Pour organiser un événement véritablement professionnel.

 

350 rendez-vous programmés, une séance filmée de pitch pour apprendre aux dirigeants à se vendre, des plateaux TV... «Savoir s'exprimer devant un client, un partenaire, un employé, un media, ça fait aussi partie du rôle d'un chef d'entreprise même si BA06 Event est avant tout un lieu de rencontres. Où l'on offre à tous les participants les moyens de progresser.»

 

«Pourquoi l'innovation du territoire ne sert-elle pas d'abord le territoire ? Et pourquoi les entreprises qui innovent sont-elles obligées d'aller chercher ailleurs, en France ou à l'étranger, leurs premières cibles ? Il me paraît plus normal que les potentiels clients soient à proximité, ne serait-ce que pour tester l'innovation !» Pour convaincre les donneurs d'ordres, le discours est rôdé : chez BA06 Event, on démontre par A+B que l'innovation est essentielle pour survivre et se développer, et qu'en intégrant des nouvelles technologies locales, «ils font une action sociétale en donnant des références aux créateurs, tout en faisant entrer à moindre coût cette innovation dans leur propre entreprise». Un discours qui commence à être entendu : ceux qui sont venus reviennent. Tel Orange via son programme Orange Partner, pour «servir de tremplin aux jeunes pousses». «Sur un territoire, plus il y a d'actions, d'idées pour aider les entreprises, et plus nos chances de réussir augmentent.»                      

 

 

 

 

     
Lizza Paillier