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journal n°730 - publié le 27/02/2014

Top départ pour la Silicannes Valley

Le projet de technopole cannoise entre dans le vif du sujet avec l’inauguration de CréACannes, une pépinière d’entreprises hi-tech.

Elles sont treize. Treize jeunes entreprises locales issues de l’économie créative à avoir élu domicile à la Bastide Rouge à La Bocca. Ce bâtiment inauguré le 24 février (pour un coût de 1,9M€) va accueillir sur 800m² la pépinière CréACannes. Ce nouveau fleuron de l’économie locale devrait offrir «un environnement favorable à l’entrepreneuriat, un catalyseur de croissance» selon le premier adjoint David Lisnard.

 

Le projet à peine lancé, les dix-huit bureaux ont déjà tous trouvé preneurs. Une véritable prise de la Bastide. Pour s’y installer, les entreprises ont signé une convention d’occupation de 23 mois avec la ville, renouvelable une fois. En plus d’un loyer avantageux, elles bénéficient du tout confort : locaux meublés, open spaces, salle détente, espaces verts, parkings et internet haut débit. «Ici, on dispose surtout d’un écosystème favorable, se réjouit Sébastien Aubert, directeur d'Adastra Films. Toutes les entreprises gravitent dans des domaines analogues. Et cela peut grandement faciliter les partenariats.»

 

La CCI Nice Côte d’Azur a profité de l’aubaine pour s’installer au cœur de ce nouveau bastion de l’économie hi-tech. Pôle de compétitivité, couveuse, incubateur  ou business angels: tout ce que Cannes compte de pistons économiques gravitera également en ses flambants murs.
Cette pépinière n’est que la première pierre de l’ambitieuse «opération technopolitaine» souhaitée par la Ville. Derrière ce néologisme, une zone d'activités entière rassemblant un Fab Lab, un laboratoire d’imagerie numérique, un multiplexe cinéma, un campus universitaire et des commerces. Bref, faire de La Bocca la petite soeur surdouée de Sophia Antipolis.

 

 

> Replay Story : une histoire à écrire

 

Replay Story est l’une des jeunes startups résidentes de la Bastide Rouge. L’ambition est évidemment de continuer son développement.

 

C’est sur un créneau pour le moins original qu'Olivier Leborgne et Elodie Atlan ont créé Replay Story en 2010. «Au départ on organisait des enquêtes policières pour les entreprises et les particuliers, ça existe encore, ça s’appelle les Murder parties» détaille Olivier. Ce concept original de jeux d'enquêtes à mi-chemin entre le jeu de rôles et le spectacle interactif fait rapidement connaître la société. Pas assez toutefois au goût des deux entrepreneurs. Ils optent pour la diversification: «aujourd’hui nous arrivons à la pépinière CréACannes avec une nouvelle activité qui s’appelle le Curriculum Vidéo, révèle Olivier. Cela consiste à se présenter via l'image pour chercher un emploi. Nous sommes franchisés par une entreprise basée à Paris.» D’abord destinée aux demandeurs d’emplois, «la démarche a aussi séduit des chefs d’entreprises locaux».

Mais c’est en tant que société de production «made in Cannes» que les deux Azuréens souhaitent à présent péreniser leur existence. Quoi de plus normal au vu du sérail local. Leur spécialité : documentaires et films «co-produits la plupart du temps avec des réalisateurs français ou étrangers». Démarrée en 2012, l’activité de production a déjà bouclé quelques projets et devrait accoucher cette année d’un documentaire sur le musicien anglais Alan Reeves.

 

Au vu de cette activité protéiforme, Olivier et Elodie n’ont pas hésité quand l’opportunité d’investir les locaux de la Bastide Rouge s’est présentée: «cette pépinière s’inscrit dans le cadre d’un grand projet, avec notamment la création d’un pôle technologique de l’image. On veut participer à ça, on a déjà des projets en production et plein d’idées dans ce domaine.» Les cinéastes misent aussi sur l’émulation impulsée au sein de CréACannes : «être installés aux côtés d’autres entreprises innovantes, c’est important. L’ensemble des collaborateurs qu’on peut trouver ici travaillent dans des domaines différents, le web, la création, la 3D. Ça permettra peut-être de faire des projets à plusieurs.» Créer des synergies, l’un des objectifs assignés de la Bastide Rouge.



www.replaystory.com

 


> Mediadeals, le business Angel qui vous veut du bien

 

Représentante d’un réseau européen d’investisseurs, la structure n’a pas hésité à délaisser Paris pour la future technopole cannoise.

L’implantation de Mediadeals au sein de la Bastide Rouge n’est pas anodine. Cette association créée en 2008 est très en vue parmi les business Angels hexagonaux.  Elle s’est fait une spécialité d’apporter des financements privés à des industries créatives. Déjà basé à Berlin, Bruxelles et Londres, l’organisme vient de troquer ses bureaux parisiens contre une place sous le soleil azuréen, au sein de la pépinière d’entreprises CréACannes.

 

«C’était vraiment intéressant pour nous de venir ici, confie Thierry Baujard, président de Mediadeals. L’intérêt est même multiple.» Et d’énumérer les avantages de la situation cannoise : l’événementiel du secteur d’affaires, un bassin d’investisseurs potentiels important, des startups locales intéressantes ou des possibilités d’implantation pour les entreprises internationales. Bref, les atouts de Cannes, le «village mondial» comme aiment à le décrire ses élus, ont séduit Mediadeals. L’entité espère jouer rapidement son rôle d’entremetteur. «En tant que réseau, nous allons tenter faciliter les relations entre entreprises et investisseurs» confirme le président.

 

Le portefeuille de capitaux a de quoi exalter l’imagination. Une quarantaine d’investisseurs disséminés à travers l’Europe dont «la capacité d’investissement se porte à plus de 500M€, avec 25 à 40M€ investis chaque année» selon leur représentant. Un business angel providentiel ? Un peu tôt pour le dire. Si le groupe projette de lancer dès le mois de mai un Business Club DG Connect, club d’investissement centré sur les nouvelles technologies et la production de contenus, Thierry Baujard est plus prudent lorsqu’il s’agit d’évoquer les potentialités cannoises: «pour l’instant ces entreprises sont encore petites et pas encore prêtes. Nous allons donc les accompagner pour mieux comprendre leur profil et les aider ensuite à susciter l’envie d'investir.»

 

 

 

 

 


Pierre-Olivier Burdin