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journal n°729 - publié le 20/02/2014

4,6M€ levés par les startups niçoises

Elections obligent, c’est à Christian Estrosi qu’échoit l’honneur d’annoncer la bonne nouvelle pour nos jeunes pousses métropolitaines en devenir.

Les fonds affluent fort opportunément sur le CEEI (Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation) et personne ne s’en plaindra. Surtout pas les sept startups hébergées à Nice Premium et abondées dans leur envie de grandir.

Et tout le monde peut marquer des buts au grand jeu de l’investissement entrepreneurial: il est jeune, beau et célèbre, il est une fierté pour le Comté, c’est Hugo Lloris à titre personnel qui s’est lancé dans l’aventure de Global Sport (solutions en ligne pour entraîneurs et clubs de… foot) et qui s’est vu érigé en symbole, par webcam interposée, lors de cette journée de présentation où jeunes pousses et investisseurs ont reçu les officielles félicitations métropolitaines. L’occasion d’encenser les équipes du CEEI dirigées par Marie-Christine Vidal, qui cocoonent ces belles plantes en devenir.

 

L’occasion aussi pour Christian Estrosi de donner une petite leçon sur l’art de bien lever des fonds, avec quelques bons conseils : être clair dans son positionnement, concis devant des investisseurs surbookés, explicite quant aux possibilités de développement. «Lever des fonds n’est pas une fin en soi, cela sert à accélérer le démarrage ou conforter la croissance.»

Une leçon digérée et assimilée, même si sur le terrain, les préliminaires agapes paraissent souvent longues, trop longues devant l’appétit de structures en pleine crise d’adolescence.

Pour en parler, sept convives autour de la table des négociations : Advansolar, Global Sport, Les Enchères Immo, Liganz, Qualisteo, Solar Games et la plus aboutie Vulog, sept pépites désormais bien accompagnées.

 

La salle est comble, les cœurs joyeux. Surfant entre les groupes, à l’aise dans son élément, Georges Dao, fondateur du Fonds Entrepreneurial 06 (FCPR 06) soutenu par l’UPE et la Métropole. Pour lui, le CEEI est un sacré terrain de chasse. Il y trouve les pépites de demain, mais aussi de beaux partenaires, pôles de compétitivité, réseaux divers, incubateur, permanences de fonds d’amorçage et de développement comme Wiseed ou Viveris Management…

 

Dans le domaine de l’investissement, la proximité a du bon. Et il y a le CEEI lui-même, dont l’une des plus nobles missions est d’épauler les jeunes entreprises dans la recherche des fonds propre à les emmener vers d’autres rivages, à l’international. Ainsi, si la collective levée de fonds a été annoncée à 4,6M€ en trois mois par la com' métropolitaine, il serait réducteur pour nos équipes métropolitaines de ne pas signaler qu’il s’agit en fait de l’aboutissement de 18 mois de travail… Car le chemin est long jusqu’à la salvatrice levée de fonds, quelle que soit la somme.

 

 

> Advansolar : le coup du roi

 

Ce n’est pas un, mais deux investisseurs pour deux levées consécutives qu’a décrochés l’entreprise spécialisée dans la fabrication et le design d’ombrelles photovoltaïques et autres gadgets solaires. Un partenaire industriel (à hauteur de 70.000€) et le FCPR 06 (pour 150.000€) vont l’aider à changer de caps, industriel et commercial, sans perdre les commandes.

Comment David LeBreton et Raphaël Brière ont-ils réussi leur coup ? «En y croyant. Un chef d’entreprise pour lever des fonds doit être tenace, il doit avoir la foi et la garder jusqu’au bout.» La route est longue jusqu’à la signature du pacte d’actionnaires, «il faut être entourés, et surtout, pour obtenir la confiance d’investisseurs, arriver avec un marché clairement identifié, un modèle économique compréhensible. Et s’appuyer sur le CEEI, avec l’avantage du bon aiguillage au bon moment.»

 

> Global Sport : le capital VIP

 

Hugo Lloris, entrepreneur en herbe ? Le gazon du succès s’ouvre pour le capitaine de l’équipe de France de foot, sans doute le plus populaire de nos investisseurs du jour. Son credo : la solution en ligne pour entraîneurs et clubs de foot. Entre Hugo et le fonds Viveris, Thomas de Pariente atteint les hauts de tableau avec 592.000€ levés. «Si on ne croit pas en son projet, ce sera difficile d’intéresser un investisseur.»

Et la passion est bien cramponnée. «Aujourd’hui, si l’on veut être chef d’entreprise, il ne faut pas avoir peur, sans en oublier le principe de Peter : rester au bon niveau de compétence. Et se montrer transparent : les perspectives de sortie, la solidité de l’équipe, la capacité à poursuivre le projet, tout compte.»

 

> Les Enchères Immo : adjugé !


 

Déjà un beau succès d’estime pour ce site web de ventes immobilières aux enchères représenté ce jour par Xavier Manuel : «la levée de fonds va nous permettre de valider notre modèle économique. Ce qui nécessite une bonne auto-critique : forces, faiblesses, opportunités et menaces, l’investisseur est aussi là pour nous éclairer, pour nous aider à grandir.»

150.000€ pour changer de braquet et se tester à l’échelle nationale grâce à un investisseur privé issu de la presse hebdomadaire locale qui ne compte pas son temps pour driver ses nouveaux poulains.

 



> Liganz : bien dans ses bottes

 

«La qualité d’un chef d’entreprise, c’est d’être visionnaire, d’être optimiste pour pouvoir séduire, et d’être réaliste pour ne pas décevoir.» Banco pour Jérôme Lescure, créateur de cet outil d’aide au shopping en ligne, qui décroche 300.000€ d’un investisseur privé.

«Cette levée de fonds va nous permettre de démontrer à nos futurs investisseurs la pertinence et la réalité d’un marché et d’un potentiel. Dans cette démarche, il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur un avocat pour éviter de se retrouver dans une mauvaise posture. Même si l’investisseur n’a pas vraiment intérêt à ce que le dirigeant perde sa motivation.»

 



> Qualisteo : le développement durable et gourmand

 

Record pour notre entreprise spécialisée dans les solutions techniques pour réduire la consommation énergétique des bâtiments : 2M€ décrochés auprès de fonds nationaux dédiés, Demeter et Emertec.

Christophe Robillard collectionnait déjà les clients de belle envergure (SNCF, MacDonald's, Renault, Suez, Veolia, Vinci…), le voilà rassuré sur son avenir : «maintenant que notre technique est au point et solidement référencée, il faut y aller franco. Grâce à cette levée de fonds, nous allons renforcer nos structures commerciales et opérationnelles, en ouvrant des filiales à Paris et dans les principales capitales d’Europe de l’ouest.» Pas de doute, Qualisteo est entrée dans la cour des grands…

 

> Solar Games : le tiercé gagnant

 

Jean-François Herbert, Alexandre Bullock et Léon Chicheportiche sont des dirigeants heureux. Et s’accommodent bien du chiffre 3 : «l’objectif de cette levée de fonds est triple, accélérer notre mise sur le marché, préparer la génération suivantes de produits, se tester à l’international.»

Et ça pulse pour l’éditeur d’applications multimédias et autres serious games, 150.000€ tout frais grâce au FCPR 06 et un dernier conseil : «il faut incarner son projet. Et un avocat, lorsqu’il est impliqué dès la création, c’est quelqu’un qui porte au même titre que vous le concept.» A méditer avant de créer…

 

> Vulog : démarrage en trombe

 

Spécialisée dans la conception et la commercialisation de logiciels d’auto-partage pour la mobilité en milieu urbain, la société de Georges Gallais a le vent en poupe, en levant 1,2M€ des fonds FCPR 06 et PACA Investissement (Turenne Capital), de Conseil Plus Gestion et d’investisseurs privés.

Une union qui fait la force et ouvre des portes : «c’était une décision importante pour se positionner à l’international. Ce qui a fait pencher la balance ? Sans doute l’optimisme, oui il fait mauvais temps, mais derrière la montagne il y a l’éclaircie et il faut aller la chercher. Dommage que la démarche soit si chronophage, c’est énergivore. Un an de travail, avec le CEEI, des juristes, mais aussi des gens qui ont déjà suivi ce parcours. S’entourer, c’est important. Fin 2014, nous saurons si nous avons réussi…»

 

 

 

 

 



Isabelle Auzias