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journal n°726 - publié le 30/01/2014

Fédérer pour mieux commercer

A Nice, 19 associations de commerçants unissent leurs forces de vente pour mieux se faire entendre. L'opération FCNA est lancée...

ia_19_oct_euro_p3_300_01FCNA pour Fédération du commerce niçois et de l’artisanat, appellation contrôlée qui s’offre une nouvelle identité visuelle pour ses dix ans d’âge. C’est à la CCI qu’a été officialisé ce mariage (pour tous) de raison, tout à la gloire du commerce de proximité, de l’artisanat de qualité mais aussi de quelques excroissances plus tendance, des plans FISAC au e-commerce. Au rang des parrains, le petit frère OCAN (Office du commerce et de l'artisanat de Nice), la ville de Nice, la Chambre de métiers, le Conseil général et la CCI of course.

 

Une CCI qui surfe sur la vague, avec son programme Fédé 2015 défendu toutes trompettes dehors par Bernard Kleynhoff et Laurent Lachkar, son vice-président dédié : une convention signée l’année dernière, de l’analyse préalable, de la consultation, de la vision stratégique, un zeste de réseau, une pincée de diagnostic, quelques réunions d’usage, pour une définition de stratégie commune et la validation d’ordres de mission sur le terrain, de l’événementiel à la sécurité en passant par les projets et doléances.

Forte de ses 1.000 adhésions, la FCNA est un sacré terreau pour mener le commerce et les institutions consulaires sur les chemins les plus vertueux. La revitalisation et l’animation de l’économie de proximité se feront dans la concertation ou ne se feront pas, tel est le message envoyé aux collectivités, qui se voient priées de faire un peu plus attention au tissu commercial, en particulier lors de grands bouleversements urbanistiques, travaux du tram’ compris. Pas question de revivre la mésaventure de la Ligne 1, c’est en amont que les commerçants et artisans se sont armés. Pour preuve : de huit associations en 2004, les voilà 19 aujourd’hui. Philippe Desjardins, président de la Fédération, a une définition à cela : «une volonté sans faille».

 

Au programme de la super-structure au service du commerce et de l'artisanat : un menu survitaminé côté proximité, avec la mise en place d'animations dédiées, d'opérations de promotion, et surtout des missions d'accompagnement de l'évolution du commerce qui peuvent souffrir des aménagements urbains. L'on pense bien sûr aux travaux (ils sont attendus en force sur Riquier ou sur Cessole), mais le moindre déséquilibre (comme l'installation d'une grande surface...) peut mener à l'échec et à la fermeture définitive : ce qu'il faudra combattre en priorité. Pour cela, les équipes du président Desjardins comptent sur l'analyse la plus complète possible des nouvelles législations, usages ou implantations, fort en amont, pour "apporter des réponses concrètes".

 

Pour ce faire, ont été mises en place quatre commissions, référents dédiés à l'appui, traitant chacune d'une problématique bien distincte : communication & réseaux, animation & événementiel, urbanisme commercial & projets, et enfin réglementation & sécurité. Toutes porteront de concert leur "participation à la mise en oeuvre d'un schéma de développement commercial cohérent et pragmatique en adéquation avec l'expérience et le vécu des professionnels".

On sent quand même, derrière ce vocable tout administratif, le soutien des collectivités et chambres consulaires, impliquées de fait aux côtés des associations qu'elles bichonnent en ces climats électoraux. Mais n'est-ce pas le résultat qui compte ?

 

ia_19_oct_euro_p3_300_01Parlons vocable justement, et décryptons l'acronyme : de Fédération du Commerce Niçois et Azuréen, nous sommes désormais sous l'ère de la Fédération du Commerce Niçois et de l'Artisanat. La FCNA reste la FCNA, mais le territoire s'est redéfini et les artisans ont pris du poil de la bête, contrairement aux professions libérales, pourtant admises.

Ces petites mises au point auront-elles un impact ? De l'avis général, aucun... Mais la multiplication des associations de commerçants, elle, pourrait changer la donne. Finie la mainmise des quartiers historiquement marchands, le commerce d'aujourd'hui se décline sur l'ensemble de la ville, et si aucune structure, sur un périmètre donné, ne représente ses commerces de proximité, rien n'empêche la candidature induviduelle pour entrer dans le saint des saints, sous réserve de l'acceptation du conseil d'administration.

 

Vitesse de croisière : une réunion mensuelle pour le bureau qui devra rendre compte de ses travaux. Et qui ainsi, pourra aiguiller (ou aiguillonner) les commissions commerces pré-existantes, qu'il s'agisse de la CCI, de la CMA ou de la ville de Nice, qui seront en échange les premiers financeurs de la fédération. Sous sa bannière Fédé 2015, la CCI se positionne ouvertement au contact, et continue son savant maillage... fédérateur.

 

 

Isabelle Auzias

 

 

Dans les villages aussi...

 

ia_19_oct_euro_p3_300_01Et là, c'est la CMA 06 qui prend les devants. Ainsi, ce 27 janvier, c'était au tour de Marc Daunis de signer la Charte de soutien à l'activité économique de proximité, mise en place par la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA 06) au printemps 2013, pour laquelle une cinquantaine de communes ont donné leur accord de principe, pour une vingtaine de signatures actées.

 

Pour le sénateur-maire de Valbonne, cette charte est «la reconnaissance de la politique engagée depuis de nombreuses années entre la commune et la CMA». Un engagement «très impo rtant, pour le maintient de l'activité économique, la promotion de l'artisanat local, favoriser les circuits courts et les emplois non délocalisables». Marc Daunis le rappelle volontiers : «tous nos jeunes n'ont pas envie d'être cadres sur la technopole, nous avons besoin de boulangers, d'électriciens, de maçons...»

Valbonne est d'ailleurs la première commune de France à avoir lancé, dès 2008, le droit de préemption sur les petits commerces, souligne l'édile qui n'a pas l'intention de se reposer sur ses lauriers : «c'est un travail de tous les instants, inscrit dans la durée.»

D'où cette charte et ses quatre priorités : promotion de l'artisanat, urbanisme commercial, transmission d'entreprise et accompagnement.

 

Grandes villes du littoral ou petits villages de montagne, l'objectif de la Chambre consulaire reste le maillage du territoire, pour que tous les artisans du département aient accès aux mêmes services, à la même information, au même soutien.

Et le président Jean-Pierre Galvez et ses élus n'hésitent pas à aller au charbon : à Valbonne ou à Guillaumes, ils rencontrent les professionnels sur place, notamment lors de ces signatures. L'occasion d'informer les artisans sur le rôle et les services proposés par la CMA 06, et de discuter ensemble des difficultés quotidiennes.

Un exutoire pour certains artisans, qui confondent parfois les missions de la Chambre consulaire avec celles du législateur : fiscalité des entreprises ou travailleurs détachés n'entrent pas dans les attributions de la CMA...

 

LP