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journal n725 - publi le 23/01/2014

Exposition : au village global, Selfies, Ultra et quelques anges

Lgrie de Dali et de Warhol lassaut du march de lart.

Figure référentielle des années 60 de la Grosse Pomme: remarquablement belle, intelligente et cultivée, Ultra Violet, ingérable jeune fille de bonne famille flirte, très à l’aise, avec un monde de liberté débridée dont elle s’éloigne  après 68 avant de traverser un épisode de mort clinique en 1973 et d’en ressortir avec un intérêt croissant pour la spiritualité et les anges.

 

C’est à Nice, où elle revient une grande partie de l’année auprès de son père vieillissant, que débute sa carrière d’artiste en 1990. Si le personnage fascine, l’Ecole de Nice va rapidement camper sur son pré carré et ne guère lui ouvrir de portes. Comme elle le reconnaît avec sa parole toujours très libre, Ultra Violet fait alors des choses «assez moches» sur des matériaux de bric et de broc.

Mais ce serait oublier qu’elle a été élève de Dali, qu’elle a participé à l’atelier collectif qu’était la Factory et que le concept prime dans l’art contemporain. Elle approfondit, travaille, dessine et projette sur son travail sa profonde passion pour les anges et sa volonté de resacraliser l’art.

 

New York, qui ne l’a jamais oubliée, commence à lui ouvrir les portes d’actives galeries. Et comme l’hiver nord-américain est trop rude à sa santé, la voici pour quelques mois à Nice avec des œuvres qui démontrent désormais autre chose qu’un bricolage. Une réflexion sur le monde contemporain au temps d’internet et des Selfies, cette manie générale de s’exposer à longueur de Facebook en autoportraits.

Vision esthétisée en cadres vénitiens, tendance baroque coloré, encadrant un miroir où refléter sa célébrité, comme un instant d’éternité. Cônes de lumière en sculpture automate d’algues matissiennes et  ballons poulpes, tableau d’anges qui mérite le détour.

Le Mickeyangelo reprend en symétrie couronnée de nuages la création d’Adam : anatomie masculine à tête de Mickey et main de Dieu, étonnante version de phallus en pistolet. Certes, on saisit le jeu de mot, les allusions au machisme, mais s’y ajoute le fait qu’elle ne voulait pas représenter des attributs aussi riquiqui que ceux de l’original qui, à la demande du Pape, avaient viré «à la petite noix entre les jambes».

Quant à Mickey, qui connaît son sexe ? On l’a compris, l’impertinence un rien dandy est toujours là, à côté d’un sens pratique très américain, ne rechignant jamais à annoncer les prix, à saisir les opportunités ou à mobiliser les collaborations bénévoles.

 

Toujours de violet vêtue, nœud d’organdi sur cheveux gris, cœur flamboyant en broche, Ultra reste fidèle à elle-même.

 

 

 

 

 

Liliane Tiberi
Vidéo Isabelle Auzias

 

 


Jusqu’au 8 février, Galerie Depardieu hors les murs,
18 avenue des Fleurs (au fond de l’impasse) - 04.93.96.40.96