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journal n°720 - 12/12/2013
Entreprenariales : rendre à César…
Ah ça non, les patrons n’ont pas le moral. Gouvernement, législateur, presse, l’entrepreneuriat, en bon martyr, suffoque. Et pourtant, il y aurait des jeunes intéressés…

Dans les allées, les stands, sur la terrasse d’Acropolis, on échange, on bavarde, on fait connaissance. Dans les salons feutrés où les conférences s’enchaînent, on… milite. Pour un statut revu et corrigé du chef d’entreprise, enfin reconnu à sa juste valeur.

Et donc soutenu. Le message porté par Hervé Novelli, ancien ministre, père de l’auto-entrepreneur, qui rêve d’une grande chaîne de solidarité patronale pour inverser la courbe de la fiscalité.

 

Ou par Thibault Lanxade, vice-président du MEDEF, qui veut remettre le risque en pole position pour faire sortir notre société du marasme.

Ou par Nicolas Beytout, confrère qui s’est surtout montré brillant commercial pour présenter son nouveau quotidien… C’est aussi cela, l’entrepreneuriat.

«C’est indécent, aujourd’hui il vaut mieux investir dans un tableau que dans une entreprise», dénonce Thibault Lanxade entre deux appels à l’abonnement pour L’Opinion.

Lui, parlera d’une approche anglo-saxonne, où le risque existe, où l’échec rode, mais où le rebond est toujours possible. Laurent Lachkar et son programme consulaire éponyme est donc un garçon dans le vent…

 

 

 

 

 

 

 

L’on se penche alors sur l’avenir, avec cette enquête commandée par l’UPE 06 à la niçoise école de commerce ISCAE.

Surprise, plus de la moitié des futures forces vives se montrent favorables, voire intéressées par une création d’entreprise. Mais l’esprit y est-il vraiment ?

Pas si sûr, il s’agirait surtout de se mettre à l’abri des coups du sort, de se tenir éloigné d’un salariat aujourd’hui synonyme de mille et un maux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce vraiment suffisant pour devenir entrepreneur ? Certainement pas pour le philosophe Raphaël Enthoven, grand témoin de cette édition 2013 des Entreprenariales, qui parle d’une entreprise comme d’un enfant qu’il faut désirer, éduquer, entretenir, voire abandonner pour qu’il suive sa propre destinée…

Une seconde vie, parallèle et indissociable de son quotidien, une (pro)création qui seule peut mener à la joie, la vraie, celle qui dépasse tous les bonheurs et plaisirs fugaces.

 

Le chemin sera long, et nos spécialistes sont unanimes : sans le soutien du système éducatif, pour l’heure peu enclin à aborder l’économie dans ses réalités et ses proximités, rien ne sera envisageable. Il va falloir bouger le mammouth, le driver sur l’économie de marché, l’habituer aux success stories qui parfois débutent mal.

Il faudra aussi, Thibault Lanxade y exhorte, que les patrons se soutiennent et s’engagent : en acceptant les mandats que leur propose la société civile, en donnant de leur précieux temps à la collectivité. «Car c’est aussi cela, un chef d’entreprise.» La grande mutation devra donc commencer par une prise de conscience… individuelle et partagée.

 

 

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias