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Vendredi 13 d¨¦cembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
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e vice-pr¨¦sident du MEDEF
l¡¯affirme : oui, la France est
un enfer fiscal. En cause, le
poids des pr¨¦l¨¨vements et des
d¨¦penses publiques (les records de
l¡¯OCDE), l¡¯instabilit¨¦ avec le m¨¦ca-
nisme de projet de loi de finances
qui donne lieu tous les ans ¨¤ la foire
aux amendements et qui emp¨ºche
les chefs d¡¯entreprises d¡¯avoir de la
visibilit¨¦ et donc d¡¯investir. Une ins-
tabilit¨¦ de r¨¨gles chronique qui ne date
pas de ce gouvernement, parce que
Bercy raisonne sur une ann¨¦e fiscale
et ne fait pas de plans pluriannuels, et
l¡¯on n¡¯est pas capable de garantir aux
entrepreneurs une vraie stabilit¨¦. Le
MEDEF a d¡¯ailleurs demand¨¦ ¨¤ Jean-
Marc Ayrault un moratoire : parado-
xalement, lui veut tout remettre ¨¤ plat,
nous on lui demande de ne surtout
plus rien toucher ! Nous avons ¨¦ga-
lement demand¨¦ ¨¤ avoir une visibilit¨¦
au moins sur le quinquennat. Autre
motif de discorde : la complexit¨¦,
avec 147 taxes sp¨¦cifiques cr¨¦¨¦es
au fur et ¨¤ mesure. D¨¨s qu¡¯il y a un
probl¨¨me, on cr¨¦e une commission,
avec pour r¨¦sultat la cr¨¦ation d¡¯une
nouvelle taxe. Chaque secteur a droit
¨¤ son impt. Et que dire de l¡¯assiette
des pr¨¦l¨¨vements, sans rapport avec
la sant¨¦ ¨¦conomique de l¡¯entreprise.
Enfin, notre syst¨¨me fiscal r¨¦com-
pense ceux qui ne prennent pas de
risque. Or aujourd¡¯hui en France, on
a besoin de cette prise de risque.
Alors, peut-on sortir de cet enfer
fiscal ? Il y a quelques bonnes nou-
velles. La premi¨¨re, c¡¯est la prise de
conscience depuis quelques mois qu¡¯il
existe un ras-le-bol fiscal des particu-
liers et des entreprises. M¨ºme Bercy a
l¡¯air de comprendre que trop d¡¯impt
tue l¡¯impt. Le gouvernement a ¨¦ga-
lement lanc¨¦ l¡¯id¨¦e d¡¯Assises de la
fiscalit¨¦ des entreprises en janvier :
nous irons ¨¤ cette concertation uni-
quement si le but est de baisser les
impts. Et surtout, le MEDEF ne
peut gagner que s¡¯il a des alli¨¦s, dixit
Geoffroy Roux de B¨¦zieux qui se ravit
donc, tout en condamnant ses exc¨¨s,
du ph¨¦nom¨¨ne Bonnets rouges, o¨´
le syndicat s¡¯est retrouv¨¦ dans une
bataille avec les agriculteurs, les trans-
porteurs, les ouvriers¡­ Au total une
nouvelle taxe totalement absurde a ¨¦t¨¦
suspendue sine die et on peut esp¨¦rer
totalement arr¨ºt¨¦e. Il faut ¨ºtre capable
de montrer qu¡¯on est d¨¦termin¨¦, et le
faire avec des alli¨¦s montre que ce n¡¯est
pas juste les salauds de patrons qui
d¨¦fendent leurs dividendes, ce sont les
Franais qui se battent pour l¡¯emploi,
pour la croissance ¨¦conomique, parce
qu¡¯il n¡¯y a que les entreprises priv¨¦es
qui peuvent recr¨¦er de l¡¯emploi, et que
moins d¡¯impts c¡¯est plus de marge,
donc plus d¡¯investissements et plus
d¡¯emplois.
Lizza Paillier
Actualit¨¦
Actualit¨¦
L'enfer fiscal, c'est pas les autres...
... C'est nous ! Ce que Geoffroy Roux de B¨¦zieux a tent¨¦ de d¨¦montrer lors des Entreprenariales.
L
ans les all¨¦es, les stands,
sur la terrasse d¡¯Acro-
polis, on ¨¦change, on
bavarde, on fait connais-
sance. Dans les salons feutr¨¦s
o¨´ les conf¨¦rences s¡¯enchanent,
on¡­ milite. Pour un statut revu
et corrig¨¦ du chef d¡¯entreprise,
enfin reconnu ¨¤ sa juste valeur.
Et donc soutenu. Le message
port¨¦ par Herv¨¦ Novelli, ancien
ministre, p¨¨re de l¡¯auto-entre-
preneur, qui r¨ºve d¡¯une grande
chane de solidarit¨¦ patronale
pour inverser la courbe de la
fiscalit¨¦. Ou par Thibault Lan-
xade, vice-pr¨¦sident du MEDEF,
qui veut remettre le risque en
pole position pour faire sortir
notre soci¨¦t¨¦ du marasme. Ou
par Nicolas Beytout, confr¨¨re
qui s¡¯est surtout montr¨¦ brillant
commercial pour pr¨¦senter son
nouveau quotidien¡­ C¡¯est aussi
cela, l¡¯entrepreneuriat.
C¡¯est ind¨¦cent, aujourd¡¯hui
il vaut mieux investir dans un
tableau que dans une entre-
prise, d¨¦nonce Thibault Lan-
xade entre deux appels ¨¤ l¡¯abon-
nement pour L¡¯Opinion. Lui,
parlera d¡¯une approche anglo-
saxonne, o¨´ le risque existe, o¨´
l¡¯¨¦chec rode, mais o¨´ le rebond
est toujours possible. Laurent
Lachkar et son programme
consulaire ¨¦ponyme est donc
un garon dans le vent¡­ L¡¯on
se penche alors sur l¡¯avenir,
avec cette enqu¨ºte command¨¦e
par l¡¯UPE 06 ¨¤ la nioise ¨¦cole
de commerce ISCAE. Surprise,
plus de la moiti¨¦ des futures
forces vives se montrent favo-
rables, voire int¨¦ress¨¦es par une
cr¨¦ation d¡¯entreprise. Mais l¡¯es-
prit y est-il vraiment ? Pas si sr,
il s¡¯agirait surtout de se mettre
¨¤ l¡¯abri des coups du sort, de
se tenir ¨¦loign¨¦ d¡¯un salariat
aujourd¡¯hui synonyme de mille
et un maux. Est-ce vraiment
suffisant pour
devenir entrepre-
neur ? Certaine-
ment pas pour
le philosophe
Raphal Entho-
ven, grand t¨¦moin
de cette ¨¦dition
2013 des Entre-
prenariales, qui
parle d¡¯une entre-
prise comme d¡¯un
enfant qu¡¯il faut
d¨¦sirer, ¨¦duquer,
entretenir, voire
abandonner pour
qu¡¯il suive sa propre destin¨¦e¡­
Une seconde vie, parall¨¨le et
indissociable de son quotidien,
une (pro)cr¨¦ation qui seule peut
mener ¨¤ la joie, la vraie, celle
qui d¨¦passe tous les bonheurs
et plaisirs fugaces.
Le chemin sera long, et nos
sp¨¦cialistes sont unanimes :
sans le soutien du syst¨¨me ¨¦du-
catif, pour l¡¯heure peu enclin
¨¤ aborder l¡¯¨¦conomie dans ses
r¨¦alit¨¦s et ses proximit¨¦s, rien
ne sera envisageable. Il va fal-
loir bouger le mammouth, le
driver sur l¡¯¨¦conomie de mar-
ch¨¦, l¡¯habituer aux success sto-
ries qui parfois d¨¦butent mal. Il
faudra aussi, Thibault Lanxade
y exhorte, que les patrons se
soutiennent et s¡¯engagent : en
acceptant les mandats que leur
propose la soci¨¦t¨¦ civile, en don-
nant de leur pr¨¦cieux temps ¨¤
la collectivit¨¦. Car c¡¯est aussi
cela, un chef d¡¯entreprise. La
grande mutation devra donc
commencer par une prise de
conscience¡­ individuelle et
partag¨¦e.
Isabelle Auzias
Rendre ¨¤ C¨¦sar¡­
Ah a non, les patrons n¡¯ont pas le moral. Gouvernement, l¨¦gislateur,
presse, l¡¯entrepreneuriat, en bon martyr, suffoque. Et pourtant,
il y aurait des jeunes int¨¦ress¨¦s¡­
D
Et le jeune entrepreneur
de l'ann¨¦e est...
Mathieu Di Fazio, pour son projet d'interrup-
teur ¨¦lectrique unique et tactile pour g¨¦rer les
commandes d'une pi¨¨ce enti¨¨re d'un seul clic. Il
est pass¨¦ par le BACE (bureau d'aide ¨¤ la cr¨¦ation
d'entreprise
de l'univer-
sit¨¦ de Nice),
et s'¨¦tait d¨¦j¨¤
illustr¨¦ au
concours de
la
Fonda -
tion Unice,
remportant
2.000 pour
parfaire son
prototype.
" L ' o r i g i n a -
lit¨¦ de mon
syst¨¨me, c'est son utilisation : aujourd'hui, les
commandes sont soit manuelles, soit n¨¦cessitent
beaucoup de r¨¦glages. Mon objectif : une p¨¨ce,
un interrupteur, pour une maison intelligente et
facile." Tous les logis sont ¨¦ligibles, et l'installa-
tion ne demande aucune formation pr¨¦alable
pour les professionnels de l'¨¦lectricit¨¦. En com-
pl¨¦ment, Mathieu Di Fazio propose une appli-
cation smartphone d¨¦di¨¦e... Laur¨¦at 2013 de ce
prix Jeune Entreprise des Entreprenariales, notre
prometteur porteur de projet se verra ¨¦paul¨¦ par
quelques sympatiques ch¨¨ques-conseil pour pro-
fiter d'un accompagnement performant : Dev-
Help (soutien aux PME innovantes), Deveum
(ing¨¦nierie financi¨¨re externalis¨¦e) et Astema
(conseil RH, recutements et bilan de comp¨¦-
tences) seront ¨¤ ses ct¨¦s pour une aide cibl¨¦e
au d¨¦marrage. Cap sur le d¨¦veloppement...
Roger Melzer, directeur de l'ISCAE, d¨¦crypte
sondage ¨¤ l'appui l'entrepreneur de demain (vid¨¦o).
Raphal Enthoven, ou la voix de la sagesse au service de l'entreprise.
Osez le geste cr¨¦ateur ! (voir notre vid¨¦o)
500 patrOns azur¨¦ens
sOrtent le cartOn jaune
Sur notre vid¨¦o, la manif du 11 d¨¦cembre
dernier en images et en chantant. Yvon Grosso,
patron des patrons, meneur du jour, s'explique
devant ses troupes rassembl¨¦es devant la
Pr¨¦fecture de Nice.