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Vendredi 13 d¨¦cembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
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Actualit¨¦
Actualit¨¦
onfront¨¦ ¨¤ cette
¨¦volution, le niois
Interima revoit son
mod¨¨le : nous d¨¦ve-
loppons d¡¯autres acti-
vit¨¦s, comme le recrutement ou
la formation. Nous allons nous
recentrer sur des int¨¦rimaires
embauch¨¦s en CDI charg¨¦s de
r¨¦pondre ¨¤ la demande de nos
clients dans des secteurs d¡¯acti-
vit¨¦ en tension, comme l¡¯indus-
trie ou la logistique. Ce personnel
parfaitement form¨¦ sera calibr¨¦
pour r¨¦pondre aux demandes
r¨¦elles de nos clients parte-
naires et fid¨¨les. Fin novembre
Prism¡¯Emploi, organisation
professionnelle nationale qui
regroupe les entreprises de
travail temporaire franaises,
soutenait le plan national de
lutte contre le travail ill¨¦gal et
le d¨¦tachement abusif pr¨¦sent¨¦
r¨¦cemment par le ministre du
Travail. Combattre les abus
d¡¯entreprises europ¨¦ennes qui
d¨¦tachent des travailleurs en
France sans en respecter la
l¨¦gislation est primordial pour
assurer notre comp¨¦titivit¨¦
confirme Gilles Lafon, pr¨¦si-
dent de Prism¡¯Emploi. Rap-
pelez-vous l¡¯affaire des abattoirs
Gad, qui avaient embauch¨¦ une
centaine de travailleurs rou-
mains dans le Morbihan, alors
m¨ºme qu'¨¦taient supprim¨¦s
900 emplois dans le Finist¨¨re...
L'entreprise fait des ¨¦conomies
sur les charges sociales qui
sont pay¨¦es, comme le pr¨¦voit
la directive europ¨¦enne, dans
le pays d'origine. En plus ces
travailleurs, recrut¨¦s via une
soci¨¦t¨¦ d'int¨¦rim ¨¦trang¨¨re,
toucheraient moins de 600 par
mois. L¡¯organisation demande
le renforcement des contrles
op¨¦r¨¦s par l¡¯Inspection du tra-
vail, l¡¯accroissement de l¡¯arsenal
l¨¦gislatif national pour mieux
sensibiliser matres d¡¯ouvrage et
donneurs d¡¯ordres, et le d¨¦velop-
pement des conventions entre
administrations et branches
professionnelles concern¨¦es.
Un premier pas pour stopper les
d¨¦rives actuelles. Prism¡¯Em-
ploi rappelle par ailleurs l¡¯en-
jeu important des n¨¦gociations
europ¨¦ennes de ce 9 d¨¦cembre.
La proposition de directive dis-
cut¨¦e vise en effet ¨¤ renforcer
les conditions d¡¯application
de la directive d¨¦tachement
de 1996 afin de mettre fin aux
nombreux abus constat¨¦s.
Michel Bovas
Int¨¦rim : sous la coupe
des pays de l¡¯Est
Apr¨¨s le BTP, le secteur d¨¦nonce ces soci¨¦t¨¦s ¨¦trang¨¨res
low cost qui s¨¦duisent entreprises et collectivit¨¦s.
C
nOs
entreprises
- nOVemBre 2013 -
- source annonces l¨¦gales parues dans les Alpes-Maritimes -
Quel est le cot r¨¦el
de votre intervention
sur le march¨¦ franais ?
Nos salari¨¦s d¨¦tach¨¦s touchent un salaire net
franais, nos charges sociales sont effectivement
plus faibles car acquitt¨¦es en Pologne. Toutefois,
nous prenons ¨¤ notre compte les frais d¡¯h¨¦berge-
ment et de d¨¦placement du personnel polonais
d¨¦tach¨¦. Nous r¨¦glons ¨¤ l¡¯administration fiscale
franaise l¡¯impt sur le revenu de ces salari¨¦s car
nous sommes inscrits au fichier des entreprises
¨¦trang¨¨res. Le cot r¨¦el factur¨¦ de notre mission ¨¤
une entreprise franaise n¡¯est donc pas d¡¯un diff¨¦-
rentiel si important, par rapport aux soci¨¦t¨¦s int¨¦-
rimaires franaises. Nous intervenons surtout
dans des r¨¦gions ¨¤ fort d¨¦ficit de main d¡¯uvre.
Ainsi, nous venons de conclure un march¨¦ avec
une industrie agroalimentaire pour fournir 50
salari¨¦s de septembre ¨¤ fin d¨¦cembre, r¨¦pondant
en cela ¨¤ une carence locale. Cette entreprise peut
ainsi assumer sa production saisonni¨¨re. Notre
personnel est parfaitement form¨¦ aux consignes
de s¨¦curit¨¦ et d¡¯hygi¨¨ne. La variable h¨¦bergement
reste un facteur important. Elle nous emp¨ºche,
par exemple, de r¨¦pondre ¨¤ la demande de l¡¯htel-
lerie ou de la restauration dans des r¨¦gions ¨¤ forte
fr¨¦quentation touristique.
Alors pourquoi
cette alerte de Prism¡¯Emploi ?
Certaines soci¨¦t¨¦s jouent sur la r¨¦glementation
europ¨¦enne pour porter une concurrence d¨¦loyale
en France en ne s¡¯acquittant pas de toutes les obli-
gations. Car toutes n¡¯ont pas notre d¨¦ontologie.
Elles ne disposent souvent que d¡¯une simple bote
aux lettres en Pologne ou en Roumanie. Au sein
du Syndicat professionnel de travail temporaire
polonais, je fais actuellement du lobbying pour
d¨¦noncer ces pratiques pr¨¦judiciables ¨¤ notre
image. Il n¡¯en reste pas moins qu¡¯en Pologne, le
niveau de salaires rejoint celui pratiqu¨¦ en France,
et nous commenons ¨¤ avoir du mal ¨¤ recruter
du personnel. Nous d¨¦veloppons un d¨¦partement
recrutement, car la main d¡¯uvre polonaise est
de grande qualit¨¦. Le secteur sant¨¦ en France est
d¡¯ailleurs particuli¨¨rement demandeur. Et m¨ºme
Ple Emploi passe r¨¦guli¨¨rement des annonces
dans les journaux polonais pour trouver du per-
sonnel qualifi¨¦. D¡¯autre part, certaines soci¨¦t¨¦s
int¨¦rimaires franaises, si promptes ¨¤ d¨¦noncer
notre intervention, poss¨¨dent des filiales dans les
pays de l¡¯Est et font ¨¦galement du d¨¦tachement.
Notre offre int¨¦rimaire permet ¨¤ des entreprises
franaises d¡¯obtenir une main d¡¯uvre qualifi¨¦e
pour faire face ¨¤ la variation d¡¯un cycle de pro-
duction et conserver ainsi leur activit¨¦ en France.
Elles peuvent en profiter pour surclasser leur per-
sonnel permanent vers des postes plus nobles ou
plus qualifi¨¦s.
Michel Bovas
> La r¨¦ponse du polonais In Temporis
au franais Prism¡¯Emploi
Pierre Maksymowicz, pr¨¦sident d¡¯In Temporis, soci¨¦t¨¦ polonaise de travail temporaire qui
intervient en France, en Allemagne ou en Belgique avec du personnel intracommunautaire
d¨¦tach¨¦, se d¨¦fend.
reperes
Les salari¨¦s d¨¦tach¨¦s en France
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En 2013, le minist¨¨re du Travail ¨¦value ¨¤ 33.000 le
nombre des salari¨¦s d¨¦tach¨¦s en ¨¦quivalent temps
plein tous secteurs confondus (contre 25.000 en 2012
¨C source Les Echos).
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Ils seraient en fait plus de 300.000 (source CGT via
AFP, estimation bien sr officieuse).
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Le BTP concentre 42% de ces d¨¦tachements, le
segment du travail temporaire 19% (¨¦quivalent temps
plein), l¡¯industrie 15% (source Les Echos).
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Ct¨¦ nationalit¨¦s repr¨¦sent¨¦es, les Polonais arri-
vent en t¨ºte (18%) devant les Portugais (15%) et les
Roumains (13%).
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Via le Plan national d¡¯action contre le travail ill¨¦gal,
pr¨¨s de 1.500 contrles ont ¨¦t¨¦ effectu¨¦s en 2012
(chiffres minist¨¨re du Travail). Six sur dix ont touch¨¦
des entreprises ayant d¨¦clar¨¦ au moins un salari¨¦
d¨¦tach¨¦. Cible : le BTP (70% des contrles).
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En moyenne, un travailleur d¨¦tach¨¦ accepterait
des contrats jusqu¡¯¨¤ 40% moins cher que la main
d¡¯uvre locale.