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Vendredi 29 novembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
27 l
Spectacle >
Avec Daniel Herrero,
stage intensif de rugby en salle
Le lion toulonnais n¡¯a rien perdu de sa superbe, et sa faconde vaut
amplement ses exploits d¡¯antan. Non, Anth¨¦a n¡¯est pas tomb¨¦e sur le chien¡­
ond noir,
crini¨¨re
blanche,
bandeau
rouge. Le plaisir
du contact imm¨¦-
diat, le tacle verbal
facile, la provoc'
au bout des l¨¨vres,
et le talon bien
plant¨¦ en po¨¦tique
Ovalie. L¡¯homme a
de l¡¯me, et a se
sent. La conqu¨ºte
de l¡¯ar¨¨ne est
presqu¡¯imm¨¦diate:
carte blanche
offerte par Daniel
Benoin ¨¤ Daniel Herrero,
l¡¯homme des planches contre
celui du stade, pris dans une
collective m¨ºl¨¦e de bons mots.
Daniel Herrero sur sc¨¨ne, c¡¯est
d¡¯abord de la g¨¦n¨¦rosit¨¦ : deux
mi-temps plus la pause sans
reprendre son souffle, un jeu
permanent avec la premi¨¨re
ligne de spectateurs, par-
fois m¨ºme avec les arri¨¨res,
en milieu de salle. a n¡¯est
pas un one man show, c¡¯est
comme au rugby c¡¯est un tra-
vail¡­ d¡¯¨¦quipe, qui s¡¯est jou¨¦
¨¤ guichets ferm¨¦s et ¨¤ gorges
d¨¦ploy¨¦es. Ma m¨¨re aimait
les mots, mon p¨¨re aimait les
matches : d¡¯o¨´ sans doute
cette reconversion r¨¦ussie -et
donc atavique- pour Daniel le
sauvageon des vestiaires, qui
cite les philosophes comme
on lche un drop. D¡¯ailleurs,
en ¨¦coutant entre les vannes,
ne sera-ce pas une fabuleuse
leon de vie que nous d¨¦livre
l¡¯entraneur d¡¯un soir? Comme
coach en entreprise, ce serait
le grand Chelem. Tout vient
des tripes, Tonton Platon
l¡¯affirmait d¨¦j¨¤ : dans ce cas,
en voil¨¤ un s¨¦v¨¨rement trip¨¦,
avec du cur au ventre. Et
lorsqu¡¯Herrero narre l¡¯Ovalie,
l¨¤, tout ¨¤ coup, m¨ºme le poulpe
le plus sceptique se prend ¨¤
r¨ºver d¡¯affronter un car de All
Blacks. Parfois, on sent m¨ºme
les ¨¦paules et la t¨ºte du voisin
qui se rel¨¨vent. Les
mots ont donc un
pouvoir, pour peu
qu¡¯on les dise avec
conviction. Et c¡¯est
cela, le talent d¡¯un
Herrero, fort, seul,
loin de son pack et
pourtant victorieux.
Gouleyant et appli-
qu¨¦, qui monte son
spectacle comme on
¨¦labore une strat¨¦-
gie. Et la victoire
est au bout : une
salle qui chante en
langue provenale,
Toulonnais et Anti-
bois main dans la main, purs
sportifs et ¨¦quip¨¦s du bocal
en communion. Lui conti-
nue son tour de passe-passe,
interpelle le public comme
on demande le ballon. M¨ºme
Daniel Benoin, au premier
rang, ne semble pas si loin de
courir acheter son billet pour
Cardiff¡­
Une carte blanche r¨¦ussie
qui en augure bien d¡¯autres,
et qui place Anth¨¦a loin du
hors jeu sur l¡¯¨¦chiquier de la
(bonne) surprise. Prochain
rendez-vous le 16 d¨¦cembre
avec Bernand Venet.
Isabelle Auzias
D¨¦tente
D¨¦tente
Perf'
> Les drles de souvenirs
de Monsieur Pivot, expert
gratteur de t¨ºtes...
a l l e M i c h e l
Simon,
Th¨¦tre Natio-
nal de Nice. On
pourrait s¡¯en ¨¦ton-
ner, mais c¡¯est bien
Bernard Pivot qui
sera seul en sc¨¨ne
d¨¦but d¨¦cembre.
Celui qui a, ¨¤ la
t¨¦l¨¦vision pendant
pr¨¨s de trente ans,
¡°excit¨¦ la mati¨¨re
grise des ¨¦crivains
afin qu¡¯ils livrent
le meilleur de leur
intelligence et de
leur sensibilit¨¦¡±
et qui, soit dit en
passant, a r¨¦colt¨¦
des audimats ren-
versants pour des
¨¦missions litt¨¦raires, se frotte aux trois coups du
th¨¦tre. Il lit ses propres textes, savoureux, il raconte
ses rencontres, savoureuses elles-aussi. A priori, il
n¡¯¨¦tait pas partant pour cette exp¨¦rience, mais Jean-
Michel Ribes, directeur du Th¨¦tre du Rond-Point ¨¤
Paris, a fini par l'en convaincre. Sans doute avait-il
saisi que derri¨¨re l¡¯homme m¨¦diatique, il y avait aussi
un ¨ºtre qui saurait jouer le jeu avec une rare sensibilit¨¦
et cette perp¨¦tuelle malice qui frle souvent l¡¯¨¦motion.
Entre ses ¨¦crits, et ceux d¡¯autres auteurs qu¡¯il adore
jeter en pture au public avec gourmandise, il parle
aussi un peu de lui, de certains moments de sa vie.
La voix est juste, sre, l¡¯humour est l¨¤, comme le trait
d¡¯impertinence, et l¡¯¨¦picurien ne renie rien. Il ¡°fait l¡¯ac-
teur¡± naturellement, depuis quelques mois ici et l¨¤, et
le public en redemande. Apr¨¨s Apostrophes, Bouillon de
Culture et quelques m¨¦morables dict¨¦es, les Souvenirs
d¡¯un gratteur de t¨ºtes sont un excellent cru.
Jolle Baeta
Du 4 au 7 d¨¦cembre au TNN - infos et r¨¦sas www.tnn.fr
S
es salons
de ce type
fleurissent
¨¤ l¡¯approche
des f¨ºtes. Pour
sa 18¨¨me ¨¦di-
tion ¨¤ l¡¯Espace
Fontvieille, la
Monte-Carlo
G as t r on o mi e
tient toujours
la corde. Certes,
comme ailleurs,
ce ne sont plus
les foules des
premi¨¨res ¨¦di-
tions quand de nombreux produits ¨¦taient encore
exclusifs. L¡¯offre gourmande fleurit partout, internet
compris. Mais Promocom d¨¦fend encore bien son
rendez-vous avec une offre de qualit¨¦ en produits de
f¨ºte, nombreux vins, gastronomie italienne et belles
provinces de France. Un doigt d¡¯exotisme et une forte
pr¨¦sence du Caf¨¦ de Paris avec ¨¦l¨¦gant espace de res-
tauration. Hommage appuy¨¦, ¨¤ ct¨¦ du chariot pour
flamber les cr¨ºpes Suzette, aux Perles de Monte-Carlo,
ces hutres locales venues de l¡¯Ecloserie Marine ¨¤ deux
brass¨¦es de l¨¤, et vendues Quai Jean-Charles Rey. Fort
belle qualit¨¦, volontiers mise en avant par Jean-Claude
Brugel, MOF souriant, chef du Caf¨¦ de Paris, lors d¡¯une
didactique d¨¦monstration tr¨¨s suivie : double recette
en version chaude ou froide d¡¯un foie gras tr¨¨s terre
et mer dans la tradition gersoise de ses origines. Jolie
proposition ¨¤ pr¨¦parer quelques jours en amont pour
¨¦tonner sans trop risquer l¡¯¨¦chec.
L.T.
L
Gourmandise >
Les perles
de Monte-Carlo Gastronomie
Petit salon aux joies gourmandes de l¡¯¨¦picerie fine.
F
show >
Les Trockadero,
de Monte-Carlo ¨¤ Antibes
Rien ¨¤ voir avec la Principaut¨¦, cette compagnie est newyorkaise.
¡¯est ¨¤ sa cr¨¦ation en 1974
aux Etats-Unis que la sin-
guli¨¨re troupe des Trocka-
dero d¨¦cide d¡¯ajouter un
clin d¡¯oeil ¨¤ son appellation en
r¨¦f¨¦rence aux l¨¦gendaires Bal-
lets de Monte-Carlo. Compos¨¦e
de danseurs professionnels de
tr¨¨s haut niveau bien d¨¦cid¨¦s ¨¤
mettre un peu de charivari dans
les r¨¦pertoires classiques, voire
contemporains, elle s¡¯approprie
¨¤ sa faon les grands rles des
¨¦toiles f¨¦minines. Le succ¨¨s
couronne tr¨¨s vite ces hommes
en tutus et pointes (un v¨¦ri-
table d¨¦fi) qui d¨¦tournent avec
une audace folle et une tech-
nique ¨¦poustouflante les ballets
romantiques. Sans une once de
vulgarit¨¦, et en faisant sourire
et parfois rire aux ¨¦clats un
public ravi. Les Trockadero de
Monte-Carlo courent le monde depuis bientt
quarante ans avec le m¨ºme concept, toujours
habiles ¨¤ parodier les faiblesses et ¨¤ manier
le second degr¨¦ en r¨¦alisant de v¨¦ritables
prouesses sur sc¨¨ne.
Ils sont ¨¦videmment irr¨¦sistibles dans les
extraits embl¨¦matiques du Lac des Cygnes, de
Giselle ou encore de Don Quichotte, culott¨¦s
et drles en oiseaux, sylphides ou princesses
romantiques. Leur notori¨¦t¨¦ internationale
a m¨ºme incit¨¦ quelques divas de la danse
classique ¨¤ faire une apparition sur sc¨¨ne ¨¤
leurs ct¨¦s. Preuve qu¡¯elles ne leur en tiennent
pas rigueur. Preuve aussi qu¡¯il est mal ais¨¦,
parfois, de choisir entre la facilit¨¦ d¡¯un rire
spontan¨¦ et le bravo admiratif d¨¦clench¨¦ par la
performance esth¨¦tique et physique. Les Troc-
kadero de Monte-Carlo songent aujourd¡¯hui ¨¤
¨¦toffer la troupe et ¨¤ travailler sur de nouveaux
ballets. Dans l¡¯imm¨¦diat, cap sur Anth¨¦a.
Jolle Baeta
Le 12 d¨¦cembre, Anth¨¦a, Salle Audiberti, Antibes.
www.anthea-antibes.fr
C
Ils sont impr¨¦visibles et int¨¨grent all¨¨grement des fac¨¦ties dans les canons
classiques. S¡¯ils amusent beaucoup, ils stup¨¦fient aussi par l¡¯exceptionnelle
matrise de leur art.
Sasha Vaughn
Sur notre vid¨¦o, la l¨¦gende du rugby
¨¤ la sauce provenale...