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Vendredi 22 novembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
27 l
Culture >
A Marseille,
requalification urbaine r¨¦ussie
MuCEM+Fort Saint-Jean, l¡¯autre visage de la cit¨¦ phoc¨¦enne.
eu de projets rel¨¨vent
finalement d¡¯une requa-
lification urbaine, c¡¯est-
¨¤-dire d¡¯une capacit¨¦ ¨¤
modifier positivement le rap-
port des habitants avec leur
cit¨¦ sans pervertir l¡¯identit¨¦
premi¨¨re. Marseille, c¡¯est tou-
jours le malaise social, la dif-
ficile assimilation en p¨¦riode
de crise, mais c¡¯est aussi la
remarquable r¨¦ussite de l¡¯op¨¦-
ration d¡¯envergure ancr¨¦e sur
le mle portuaire J4, un cube
en dentelle de b¨¦ton fibr¨¦ gris
poussi¨¨re, le MuCEM.
L¡¯architecture de Rudy
Ricciotti d¨¦concerte a priori
par sa rectitude, la vacuit¨¦
faon hangar du hall avec des
ascenseurs menant aux autres
¨¦tages d¡¯exposition, ¨¤ des cou-
loirs sans chaleur pour d¨¦bou-
cher sur une ¨¦blouissante
terrasse d¨¦clinant ombre et
lumi¨¨re, pass¨¦/pr¨¦sent, ¨¦crin
somptueux au paysage du
vieux port, ouvert sur l¡¯infini
maritime. Une rare r¨¦ussite
¨¤ contempler, ¨¤ parcourir,
estomaqu¨¦s par l¡¯¨¦lan d¡¯une
passerelle de 110 m¨¨tres d¡¯un
seul jet reliant le MuCEM et
ses expositions au Fort Saint-
Jean, solide ensemble d¨¦fen-
sif, longtemps inaccessible
au public, d¨¦dale de jardins,
de salles, de terrasses, d¨¦di¨¦
aux arts et traditions popu-
laires coupl¨¦s ¨¤ l¡¯histoire et ¨¤
l¡¯art. Une v¨¦ritable cit¨¦ de la
culture plongeant dans les tr¨¦-
fonds de l¡¯histoire de la ville,
abordant les interrogations
du temps, s¡¯ouvrant ¨¤ l¡¯autre
rive de la M¨¦diterran¨¦e.
Propositions ouvertes ¨¤ des
niveaux de culture tr¨¨s vari¨¦s,
concerts, ¨¦v¨¦nements, films,
happenings, conf¨¦rences,
recherches se m¨ºlent dans ce
creuset qui fait red¨¦couvrir
la ville et rebondit, par une
autre passerelle de 70 m¨¨tres
au dessus de la route, vers
l¡¯¨¦glise Saint-Laurent dans le
quartier du Panier. Marseille
retrouve sa juste fiert¨¦ et c¡¯est
un ind¨¦niable succ¨¨s ¨¦cono-
mique qui accompagne cette
ann¨¦e 2013 en termes de tou-
risme.
Et comme de telles
grimpettes, parcours et ¨¦mo-
tions donnent faim, le Mle
Pass¨¦dat est l¨¤ en grand
gagnant : un kiosque grigno-
tage ¨¤ l¡¯entr¨¦e, un restaurant,
La Table, menu ¨¤ 49 (r¨¦ser-
vation sur internet) et un bis-
trot, La Cuisine (formules ¨¤
partir de 17,50) ¨¤ la terrasse,
un Caf¨¦ (menu ¨¤ 31) au Fort
et m¨ºme une Ecole de cuisine.
On peut aussi choisir d¡¯aller
un tout petit peu plus loin,
du ct¨¦ du Palais de Justice,
chez Michel Portos au Mal-
thazar rue Fortia (formules ¨¤
14 et 22 le midi, 31 le soir),
remarquable rapport qualit¨¦/
prix.
Liliane Tiberi
D¨¦tente
D¨¦tente
Th¨¦tre
> Alpenstock, l¡¯¨¦trange et
l¡¯absurde au doux pays du Kyrol
out va bien. Grete
nettoie sa maison ¨¤
tour de bras, tout
le temps, inlassable-
ment. Fritz est au
travail, il adore son
administration et
les coups de tam-
pon qu¡¯il dispense
all¨¨grement. On
est au Kyrol, la
vie s¡¯¨¦coule paisi-
blement entre la
femme d¨¦vou¨¦e
et soumise, et
son x¨¦nophobe de mari. La resplendissante m¨¦nag¨¨re
voulant ajouter un nouveau produit ¨¤ sa collection de
d¨¦tergents se rend au march¨¦ voisin. Assez cosmopolite
et surtout tr¨¨s balkano-carpato-transylvanien comme le
malotru qu¡¯elle y rencontre et qui va devenir son amant.
Le monde bascule alors en mode crescendo dans l¡¯uni-
vers poliss¨¦ de ce couple. Tout explose dans un bazar
tonitruant et f¨¦roce o¨´ r¨¨gnent l¡¯obscur, la b¨ºtise, l¡¯ab-
surde et le meurtre. Alpenstock est une pi¨¨ce de R¨¦mi
De Vos, aussi d¨¦capante que les produits de Grete l¡¯obs¨¦-
d¨¦e de propret¨¦, effrayante et incorrecte, inhumaine sur
beaucoup d¡¯aspects, mais aussi via la force du ridicule
terriblement drle. La mise en sc¨¨ne est sign¨¦e Julien
Duval, un ancien ¨¦l¨¨ve de l¡¯Ecole R¨¦gionale d¡¯Acteurs
de Cannes qui a eu un vrai coup de coeur pour la pi¨¨ce.
Jolle Baeta
Le 29 novembre ¨¤ 20h30. Th¨¦tre de la Licorne, Cannes.
www.madeincannes.com
T
ertes, cet
int¨¦r¨ºt
pour
la
vieillesse dyna-
mique n¡¯est pas
sans lien avec la
consommation.
Vieux et actifs,
avec revenus
corrects, c¡¯est
bricolage, loisirs
cr¨¦atifs, salles
de sport, tou-
risme -¨¤ nous
les croisi¨¨res
dont on a tou-
jours r¨ºv¨¦- soins
esth¨¦tiques et
libido loin d¡¯¨ºtre en berne¡­ C¡¯est aussi le cr¨¦neau moins
joyeux -raison de plus pour en profiter quand on est
encore valide- des maisons de retraite ou de la vieillesse
pr¨¦caire, le droit d¡¯¨ºtre vieux en ¨¦tant un peu moche,
plus tr¨¨s dynamique, vieux quoi, tout naturellement,
sans qu¡¯on nous infantilise ni qu¡¯on nous oublie parce
qu¡¯on fait un peu tache.
Tout ceci ¨¦tant repr¨¦cis¨¦ pour ¨¦viter l¡¯attaque
frontale, on va se pr¨¦cipiter pour rigoler entre vieux et
surtout entre g¨¦n¨¦rations ¨¤ Cap 3000 qui nous a concoct¨¦,
sous la houlette de Val¨¦rie Arboireau, le genre d¡¯expo-
sition qui bouscule un tantinet les habitudes, partant
du constat qu¡¯on reste impr¨¦gn¨¦ du parfum de ses 20
ans. Quand c¡¯est celui des baby boomers et m¨ºme celui
de quelques ann¨¦es avant (une sacr¨¦e envie de sortir de
la morosit¨¦ des ann¨¦es enfance de guerre), de l¡¯adoles-
cence ¨¦pat¨¦e des standards anglo-saxons, de la pop, des
jeans, du rock, du disco¡­ et de tout ce qui a ¨¦t¨¦ avec, on
en garde trace et on ne se sent pas ¨¤ des ann¨¦es lumi¨¨re
de ses petits-enfants. Vision un rien d¨¦jant¨¦e, pas dans
le genre troisi¨¨me ge mais plutt m¨¦m¨¦ fonceuse type
La minute vieille d¡¯Arte ou les in¨¦narrables photos de
Mamika, la super grand-m¨¨re de Sacha Goldberger.
Une expo d¡¯art r¨¦unissant photographes et plasticiens,
tendre, interactive, positive avec son plein d¡¯¨¦v¨¦nements
satellites.
Liliane Tiberi
Du 28 novembre au 28 f¨¦vrier aux Galeries Lafayette de Cap 3000.
C
Expo >
A la retraite oui,
pas en retrait de la vie,
ni d¨¦cid¨¦ ¨¤ virer vieux con
P
Restaurant >
Un cosy coin d¡¯Italie
avec Raimondo et B¨¦rang¨¨re
L¡¯Intimo, l¡¯une de ces petites adresses ¨¤ noter dans son carnet.
¡¯ e m b l ¨¦ e ,
l¡¯ambiance
est relax et
Raimondo
officie entre expli-
cation des plats,
bises aux copains
et coup de main
au service. Jolie
client¨¨le d¡¯habi-
tu¨¦s avec franche
majorit¨¦ issue du
barreau niois.
Pas de surprise :
les deux complices
qui ont repris
l¡¯affaire, notre
coll¨¨gue musico-
logue distingu¨¦ et
passionn¨¦ Christian Jarniat et
Raimondo Agostino sont tous
deux avocats fans d¡¯op¨¦ra.
Comme, entre temps, Rai-
mondo avait ¨¦pous¨¦ la brune
B¨¦rang¨¨re, cuisini¨¨re et solide
gestionnaire, au d¨¦tour d¡¯un
dossier, il a soudain plong¨¦.
Pas tout ¨¤ fait le hasard pour
un gourmand dont les racines
italiennes fr¨¦missent ¨¤ la
pasta de la Mamma et dans la
belle charcuterie fin taill¨¦e.
La petite adresse genti-
ment bistrot ¨¤ d¨¦cor soign¨¦
accueille sa vingtaine de cou-
verts plus une petite terrasse
avec de belles assiettes d¨¦cli-
nant la vaste gamme des ptes
italiennes : les torsad¨¦es,
les farcies, les gratin¨¦es,
avec petits l¨¦gumes, sauces
fantasques ou
classiques pour
16. Ct¨¦ viandes,
le ha mb ur ge r
¨¤ l¡¯italienne, la
daube polenta,
une belle mila-
naise, une entre-
cte, propositions
qui ne d¨¦passe-
ront pas les 17.
Au rayon desserts,
toujours du fait
maison. Le soir
est le domaine
des assiettes gour-
mandes accompa-
gnant un verre de
vin plus qu¡¯abor-
dable au royaume des petits
producteurs, de 3,20 ¨¤ 5,50,
de quoi passer un moment
sympa entre copains sans se
ruiner, surtout quand l¡¯am-
biance jazzy est au rendez-
vous.
Liliane Tiberi
L¡¯Intimo, 26 rue Htel des Postes
¨¤ Nice, 04 93 85 59 47
D
Raimondo en ses oeuvres.
Du frais et du vrai (voir notre vid¨¦o).
La passerelle spectaculaire joignant MuCEM et Fort Saint-Jean.
Mamika
tirage papier 120 x 80 cm
Sacha Golberger