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Vendredi 15 novembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
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a mise en place d¡¯un pro-
gramme de carte d¡¯achat
se r¨¦v¨¨le certes ambitieuse
du ct¨¦ des collectivit¨¦s,
et demande volont¨¦ soutenue
comme r¨¦organisation d¡¯enver-
gure. De plus, rares ¨¦taient les
¨¦tablissements bancaires ten-
t¨¦s de la commercialiser, hor-
mis le Cr¨¦dit Mutuel-CIC, la
Soci¨¦t¨¦ G¨¦n¨¦rale, BNP Paribas
et la Banque Populaire, prin-
cipaux acteurs de la finance
¨¦conomique dans nos temp¨¦-
r¨¦es r¨¦gions. Un pr¨¦ carr¨¦ qui,
tout doucement, glisse vers plus
d¡¯ouverture.
Concr¨¨tement, cette carte
d¡¯achat permet aux agents
publics des collectivit¨¦s et ¨¦ta-
blissements publics locaux de
commander directement aupr¨¨s
de fournisseurs (produits ou
services) dment r¨¦f¨¦renc¨¦s au
pr¨¦alable. Elle peut ¨ºtre utilis¨¦e
chez les commerants de proxi-
mit¨¦, dans le cadre de ventes ¨¤
distance classiques (courrier,
t¨¦l¨¦copie, mail¡­) ou sur le
cr¨¦neau ¨¦lectronique (sites de
e-commerce, places de march¨¦,
catalogues d¨¦mat¨¦rialis¨¦s¡­).
Pour l¡¯heure, ses applications
les plus fr¨¦quentes sont recen-
s¨¦es sur l¡¯achat de fournitures,
de petit mobilier de bureau,
mais aussi sur les services d¡¯im-
primerie et/ou reprographie, de
restauration¡­ A priori, aucun
achat r¨¦current de faible mon-
tant n¡¯est exclu du champ de
ladite carte, si l¡¯on isole le sec-
teur des travaux qui n'est pas de
son ressort.
Le secret, c¡¯est de trouver
des collectivit¨¦s motiv¨¦es qui
s¡¯engagent hors bonne volont¨¦
d¡¯usage et pieux principes. Voire
tr¨¨s motiv¨¦es pour les petites
et moyennes entit¨¦s, soudain
confront¨¦es ¨¤ un surcrot de tra-
vail et de responsabilit¨¦ (la carte
est nominative) que les agents
publics ne souhaitent pas tou-
jours assumer. Il est d¡¯ailleurs
d¨¦sormais d¡¯usage pour les
responsables de souscrire une
assurance personnelle ¨¤ cet
effet. Ainsi, les cartes dites de
niveau 3 ne sont pas utilis¨¦es
comme des cartes bancaires, et
si elles sont effectivement nomi-
natives, elles quittent rarement
le coffre¡­ Dans ce cas, la vali-
dation de commande se fait
souvent une fois par mois, au vu
des relev¨¦s et non plus lors de
multiples mandats sur facture,
consid¨¦r¨¦s trop chronophages
pour ¨ºtre efficaces.
Que faire pour que ce sys-
t¨¨me de carte se d¨¦veloppe,
et profite enfin aux PME-TPE
locales ? Il faudrait avant tout
favoriser les ¨¦changes entre les
quatre acteurs du dispositif :
collectivit¨¦s territoriales d¡¯une
part, ¨¦tablissements financiers
(¨¦metteurs des cartes), four-
nisseurs et comptables publics
de l¡¯autre. Ses atouts ? En plus
de remplacer le traditionnel
ch¨¨que, dont le traitement est
de plus en plus on¨¦reux et qui
ne permet aucune collecte d¡¯in-
formations annexes destin¨¦es ¨¤
faciliter la gestion, la carte auto-
rise le paiement ¨¦lectronique,
gage de rapidit¨¦ et de souplesse.
Louis Baume, PDG de One
Emballage (Saint-Laurent du
Var) l¡¯utilise depuis six ans d¨¦j¨¤
et s¡¯en f¨¦licite ouvertement.
C¡¯est le service du Commissa-
riat des Arm¨¦es (via la plate-
forme Achats finance sud-est
de la BCRM de Toulon) qui lui
avait alors propos¨¦ de devenir
entreprise-pilote pour sa mise
en place. En choisissant la carte
d¡¯achat niveau 3 et la BPCA
(en partenariat avec Ogone
pour le paiement en ligne), il
s¡¯est assur¨¦, dit-il, des gains
en termes de tr¨¦sorerie et une
fluidit¨¦ sans pr¨¦c¨¦dent dans la
gestion des cr¨¦ances. Depuis,
¨¤ partir de la commande effec-
tu¨¦e avec accord de l¡¯utilisation
de la carte, lors de la livraison,
r¨¦ception et conformit¨¦ sont
v¨¦rifi¨¦es le jour-m¨ºme par l¡¯ar-
m¨¦e, qui ordonne imm¨¦diate-
ment la demande de paiement:
le virement sera valid¨¦ par la
banque dans un d¨¦lai de quatre
jours maximum.
En aot 2012, avec une
carte d¡¯achat niveau 1, Louis
Baume a m¨ºme mis en place
un terminal bancaire GPS pour
encaissement ¨¤ la livraison de
commandes ponctuelles. Aussi
conseille-t-il chaleureusement
l¡¯utilisation de cette salvatrice
carte, qui donne un engage-
ment contractuel avec un mar-
ch¨¦ public dont les cots de
gestion (1,2% pour la BPCA)
sont ¨¤ mettre en balance avec
la disparition d¡¯autres para-
m¨¨tres, comme ce cr¨¦dit du
client ¨¤ quatre jours au lieu des
traditionnels 45 jours apr¨¨s fac-
turation. Pas vraiment du small
business act dans l¡¯acceptation
compl¨¨te du terme, mais un
sacr¨¦ bon d¨¦but¡­
Jacques Pugnaire
Carte d¡¯achat : la small
business solution ?
Malgr¨¦ moult efforts, le small business act ¨¤ la franaise reste le monstre
du Loch Ness de l¡¯¨¦conomie hexagonale. Un Nessie que l¡¯on ¨¦voque,
mais que l¡¯on ne voit jamais, sauf mentions hypoth¨¦tiques. Et pourtant¡­
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LE CHIFFRE
+0,5%
C¡¯est l¡¯¨¦volution du chiffre d¡¯affaires r¨¦gional pour
le premier semestre 2013 (chiffres CCI R¨¦gion, son-
dage sur 3.800 entreprises en aot et septembre).
C¡¯est un peu moins bien que le second semestre
2012 (+1%). Selon la Chambre Provence-Alpes-Cte
d¡¯Azur, globalement, ce sont les grandes entreprises
d¡¯au moins 50 salari¨¦s qui contribuent au maintien de
l¡¯activit¨¦ (+1,5% de CA en moyenne). Pour les PME,
la situation reste stable, mais en revanche, ce sont
les TPE de moins de 10 salari¨¦s qui enregistrent un
recul significatif, avec un CA en baisse de 3% en
moyenne.
Les pr¨¦visions restent donc prudentes : des car-
nets de commandes tr¨¨s moyennement et/ou tardive-
ment garnis, et ce dans tous les secteurs d¡¯activit¨¦,
avec une insuffisance marqu¨¦e dans le commerce
de gros. Le constat est identique quel que soit le lieu
d¡¯implantation sur le territoire r¨¦gional. Par ailleurs,
un tiers des dirigeants jugent leur niveau de marges
insatisfaisant, tandis qu¡¯un chef d¡¯entreprise sur deux
l¡¯estime normal. Enfin, si la tendance est plus posi-
tive dans l¡¯industrie et les services, il n¡¯y aurait pas
encore de r¨¦percussions sur l¡¯emploi. Des pr¨¦visions
en ad¨¦quation avec deux autres enqu¨ºtes r¨¦alis¨¦es
par la Banque de France et l¡¯INSEE.
LA NOUVEAUTE
C¡¯est le service Commercity06 d¨¦sormais propos¨¦
par la CCI Nice Cte d¡¯Azur : une ¨¦tude d¡¯implanta-
tion pour d¨¦terminer les zones de chalandise, iden-
tifier les ¨¦ventuels concurrents et estimer parts de
march¨¦ et chiffres d¡¯affaires potentiels, ¨¤ destination
des cr¨¦ateurs d¡¯entreprises d¨¦sirant s¡¯essayer ¨¤ ce
diagnostic de commercialit¨¦ driv¨¦ par l¡¯Observa-
toire du commerce. D¨¦mographie, profil socio-¨¦co-
nomique, activit¨¦s d¨¦taill¨¦es par secteurs, la fiche
synth¨¦tique finale est calcul¨¦e ¨¤ partir des temps
d¡¯acc¨¨s (5, 10 et 15 minutes ¨¤ pied ou en voiture)
depuis le point d¡¯implantation envisag¨¦. Un passe-
relle est aussi mise en place ct¨¦ collectivit¨¦s pour
favoriser la redynamisation de certains territoires
(analyse des concepts commerciaux ¨¤ privil¨¦gier,
interface entre enseignes et bailleurs, mise en
conformit¨¦ des locaux...). Objectif : cr¨¦er de nou-
velles polarit¨¦s urbaines et commerciales. Infos
urbaco@cote-azur.cci.fr (ple Equipement et urba-
nisme commercial Direction territoires CCI).
LE dEFI...
... et la belle r¨¦compense de l'¨¦quipe Tribune-
Bulletin apr¨¨s l'effort : ils ont couru le marathon
Nice-Cannes en 3h, 54',53'', et posent ici en com-
pagnie du vainqueur au classement individuel,
l'¨¦thiopien Abdisa Sori, qui a remport¨¦ cette 6e
¨¦dition 2013 en 2h,13',58''.
Robert Roux, pr¨¦sident du conseil ¨¦conomique m¨¦tropolitain, a r¨¦cemment reu copie du rapport
concoct¨¦ par l'¨¦quipe de Laurent Lachkar sur la place d'un small business act adapt¨¦ ¨¤ nos territoires.
Forc¨¦ment int¨¦ress¨¦ par les ¨¦changes avec Jean-Lou Blachier et les donneurs d'ordres publics ¨¤ la CCI...
Dossier
Dossier
Un grand
bravo ¨¤ :
Karl Ligerot,
Valentina Caputo,
Franck Gambini,
Winni Schreiber
Baldet,
Jean-Max Vialatte
et Philippe
Sanseverino.
+ de photos sur
www.tribuca.fr
Louis Baume, un averti converti.