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Vendredi 1er novembre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
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Collectivit¨¦s
Collectivit¨¦s
En bref
Monaco sur orbite en 2014
Les fronti¨¨res mon¨¦gasques bougent, sur la mer avec l¡¯extension maritime ¨¤ l¡¯¨¦tude,
et dans l¡¯espace avec un satellite ¨¤ lancer.
n cours de montage
et de test dans les
salles blanches de
Thales Alenia Space
¨¤ Cannes, MonacoSat, cinq
tonnes ¨¤ la pes¨¦e (¨¤ titre
de comparaison, c¡¯est le
poids de la capsule Apollo
11) et d¡¯un cot de 300M
(lancement et installations
au sol comprises) est donc
un produit 100% made in
Cte d¡¯Azur. C¡¯est la soci¨¦t¨¦
mon¨¦gasque Space Sys-
tems International (SSI
Monaco) qui sera charg¨¦e
de louer les 38 canaux de
communication (net, t¨¦l¨¦-
vision, t¨¦l¨¦phonie, radio,
e- work ing , t ¨¦l¨¦m ¨¦de -
cine¡­) ¨¤ des pays ou ¨¤ des
soci¨¦t¨¦s.
Pour un pays aussi petit,
cette ouverture sur l¡¯espace
est particuli¨¨rement pro-
metteuse, s¡¯exclamait le
ministre d¡¯Etat Michel Roger, lors
d¡¯une r¨¦cente visite dans les ateliers
cannois de TAS. Ce sera m¨ºme l'un
des plus importants satellites au
monde car depuis son orbite, Mona-
coSat irriguera une zone allant de
la Chine ¨¤ la Sib¨¦rie, touchant pr¨¨s
de trois milliards de personnes. Le
projet a ¨¦t¨¦ engag¨¦ en 2005, quand
la Principaut¨¦ a d¨¦pos¨¦ une demande
aupr¨¨s de l'Union internationale des
t¨¦l¨¦communications pour exploi-
ter des fr¨¦quences de position orbi-
tale. Attribution accord¨¦e en 2010,
l¡¯ann¨¦e o¨´ la Principaut¨¦ confie ¨¤ SSI
la construction et l¡¯exploitation sur
20 ans du satellite.
Monaco rejoindra donc en 2014
le club ferm¨¦ des 15 pays qui pos-
s¨¨dent leur propre satellite de t¨¦l¨¦-
communications. D¨¨s 2011, le
Turkm¨¦nistan prenait une option
pour l¡¯exploitation de 26
canaux, un beau contrat
qui a permis de financer
le projet. Gestionnaire
des 12 canaux restants,
SSI signait en juillet der-
nier un accord avec l'op¨¦-
rateur luxembourgeois
SES Atria, sp¨¦cialiste des
satellites de t¨¦l¨¦commu-
nications, pour l'exploi-
tation commune d'une
couverture Moyen-Orient
et Afrique du Nord. Des
compagnies mon¨¦gasques
vont pouvoir y d¨¦velopper
des services, et en premier
lieu Monaco Telecom. Des
discussions, actuellement
en cours, pourraient g¨¦n¨¦-
rer de nouveaux contrats
notamment en Asie cen-
trale. Une exploitation
commerciale qui promet
d¡¯¨ºtre lucrative : la rede-
vance annuelle d¡¯un seul
canal satellitaire s¡¯¨¦l¨¨verait ¨¤ un mil-
lion d¡¯euros (¨¤ mettre en regard avec
la dur¨¦e de vie de MonacoSat, ¨¦va-
lu¨¦e ¨¤ 16 ans minimum). Fort de ce
succ¨¨s, SSI imagine d¨¦j¨¤ commander
un second satellite.
Michel Bovas
aRCHIs
Tribune-Bulletin
a eu du nez...
Le Concours d'architec-
ture contemporaine, cr¨¦¨¦
par le Syndicat des Archi-
tectes de la Cte d¡¯Azur, a
d¨¦cern¨¦ ses prix en octobre
au Mus¨¦e International de la
Parfumerie ¨¤ Grasse. Parmi
les laur¨¦ats, certains avaient
fait l¡¯objet de portraits dans
notre hebdo cet ¨¦t¨¦. Ainsi, le
prix Logement Collectif a-t-il
¨¦t¨¦ attribu¨¦ ¨¤ Anouk Matecki
pour son programme origi-
nal de logements ¨¤ Vence
(TBCA ¨¦dition du 26/07). Le
prix Equipement est revenu
¨¤ Christophe Erades et
C¨¦line Bouzat pour le Ple
culturel Auguste Escoffier ¨¤
Villeneuve-Loubet (12/07).
Les autres prix sont all¨¦s ¨¤
Sophie Nivaggioni pour la
r¨¦alisation de l¡¯Ilt des Soli-
darit¨¦s ¨¤ Nice, le prix Habitat
individuel group¨¦ ¨¤ Nicolas
F¨¦vrier, Maurice Giauffret et
Aur¨¦lien Liutkus (paysagiste)
pour une habitation ¨¤ Saint-
Jean Cap Ferrat, le prix Archi-
tecture Industrielle ¨¤ Pierre
Andr¨¦ Comte et St¨¦phane
Vollenweider (Ple d'aviation
d'affaires ¨¤ Mandelieu) et le
prix Villa ¨¤ daniel Allione pour
La Grande Bastide ¨¤ Saint-
Jean Cap Ferrat.
E
La parfumerie grassoise
class¨¦e par l¡¯Unesco ?
Jean-Pierre Leleux a officiellement demand¨¦ l¡¯inscription
au patrimoine culturel immat¨¦riel de l¡¯humanit¨¦
du savoir-faire li¨¦ au parfum.
a
d¨¦marche
e n g a g ¨¦ e
e n
octobre n¡¯est
pas si ¨¦trange,
sachant que l¡¯Unesco
a d¨¦j¨¤ inscrit depuis
2008 dix patrimoines
immat¨¦riels natio-
naux comme le repas
des Franais, le com-
pagnonnage, l'¨¦qui-
tation, la charpente...
Et certains sont li¨¦s
¨¤ des territoires,
tel le fest-noz bre-
ton, la tapisserie et
peut-¨ºtre demain la
parfumerie, activit¨¦
¨¦troitement attach¨¦e
depuis le XVIe si¨¨cle
¨¤ l¡¯histoire du pays
grassois. Candidature
est donc port¨¦e par
l'association Patri-
moine vivant du Pays de Grasse, et le
minist¨¨re d¨¦di¨¦ d¨¦cidera (ou non) de
poursuivre l¡¯action entam¨¦e.
Le classement englobe la culture
des plantes ¨¤ parfum, la connaissance
des mati¨¨res premi¨¨res et l¡¯art de com-
poser les fragrances. Un savoir-faire
global que maintiennent producteurs
d'essences, horticulteurs et indus-
triels. Selon Prodarom (qui repr¨¦sente
70 soci¨¦t¨¦s en activit¨¦, 3.600 salari¨¦s
pour 1,4Md de chiffre d¡¯affaires), la
fili¨¨re est fortement menac¨¦e par la
mondialisation. La culture des plantes
¨¤ parfum a du mal ¨¤ ¨ºtre ¨¦conomi-
quement ¨¦quilibr¨¦e et disparat du
paysage grassois.
La partie indus-
trielle (mati¨¨res
premi¨¨res aro -
matiques, cr¨¦a -
tion de parfums et
d¡¯armes) est sous
la pression de la
concurrence inter-
nationale. Pour
appuyer cette can-
didature, une expo-
sition au Mus¨¦e
International de la
Parfumerie pr¨¦sen-
tera un vaste pano-
rama de l¡¯activit¨¦
depuis la culture,
la connaissance des
mati¨¨res premi¨¨res
naturelles et leur
transformation,
l'art de composer
le parfum. Le clas-
sement par l¡¯Unesco aurait pour but
de maintenir l¡¯industrie grassoise
autrefois florissante mais aujourd¡¯hui
cantonn¨¦e ¨¤ un avenir mus¨¦al. Ce qui,
au vu des performances de certains
acteurs locaux (Mane, Robertet-Cha-
rabot¡­) serait quelque peu restrictif
pour son image.
Michel Bovas
L