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Vendredi 25 octobre 2013 l Tribune Bulletin Cte d¡¯Azur l
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LE CHIFFRE
C¡¯est le pourcentage de jeunes qui
sont sans emploi un an apr¨¨s l¡¯ob-
tention de leur diplme, d¡¯apr¨¨s une
enqu¨ºte men¨¦e fin septembre 2013 par l¡¯AFIJ (Asso-
ciation pour Faciliter l¡¯Insertion des Jeunes dipl-
m¨¦s) sur un ¨¦chantillon de 934 jeunes diplm¨¦s en
2012.
Bien que 84% d¡¯entre eux aient travaill¨¦ au cours de
l¡¯ann¨¦e, seulement 37% occupent actuellement un
emploi durable (CDI ou CDD de plus de 6 mois),
et 16% sont en contrat de moins de 6 mois. Quant
aux autres (les 47% au chmage), 31% ont travaill¨¦
depuis un an mais sont sans emploi au moment de
l¡¯enqu¨ºte, et 16% n¡¯ont occup¨¦ aucun poste depuis
l¡¯obtention de leur s¨¦same.
La situation de l¡¯acc¨¨s ¨¤ l¡¯emploi s¡¯est l¨¦g¨¨rement
am¨¦lior¨¦e en un an (+3 points par rapport ¨¤ sep-
tembre 2012 pour les diplm¨¦s 2011) mais a perdu
5 points en deux ans. Avec 53%, le taux de jeunes
en emploi un an apr¨¨s l¡¯obtention de leur diplme
revient au niveau des chiffres de 2009 sur les pro-
mus 2008.
L¡¯autRE CHIFFRE
C¡¯est la hausse de l¡¯absent¨¦isme au
travail en 2012. Le taux d¡¯absent¨¦isme
(4,53% contre 3,84% en 2011) a repr¨¦-
sent¨¦ une moyenne de 16,6 jours d¡¯absence par
salari¨¦ (14 jours en 2011), et a cot¨¦ pr¨¨s de 7Mds
aux entreprises (¨¦tude CSA pour Alma Consulting
Group publi¨¦e le 5 septembre).
Cette hausse a touch¨¦ presque toutes les r¨¦gions,
principalement l¡¯Ile de France, le Nord, la M¨¦diterra-
n¨¦e, mais on note une diminution dans le Sud-Ouest
et en Rhne-Alpes.
Le secteur des services et celui de la sant¨¦ sont les
plus touch¨¦s (19,7 jours), alors que l¡¯absent¨¦isme
dans le BTP reste stable (10,3 jours). Le ph¨¦nom¨¨ne
est en forte hausse dans les entreprises de plus de
1.000 salari¨¦s. Pour la premi¨¨re fois, les grandes
groupes enregistrent des taux plus importants que
la moyenne nationale. Si les cadres sont les moins
absents, le taux d¡¯absence des employ¨¦s, techni-
ciens et agents de matrise rejoint celui des ouvriers,
jusqu¡¯¨¤ pr¨¦sent toujours plus ¨¦lev¨¦.
En plus du cot pour les entreprises, l¡¯absent¨¦isme
a cot¨¦ 8,77Mds ¨¤ l¡¯Etat en termes d¡¯indemnit¨¦s
journali¨¨res, soit une facture de pr¨¨s de 16Mds en
2012 pour le secteur priv¨¦.
La BONNE NOuVELLE
C¡¯est l¡¯obtention du label OJD pour 2012, d¨¦cern¨¦
¨¤ notre hebdo apr¨¨s contrle pr¨¦cis de la diffusion.
Un label qui n¡¯est attribu¨¦, dans notre d¨¦partement,
qu¡¯¨¤ Nice Matin et Tribune-Bulletin Cte d¡¯Azur,
sorte de barom¨¨tre garantissant la bonne distri-
bution desdits titres. L¡¯examen 2013, pass¨¦ avec
succ¨¨s dans nos locaux niois le mois dernier, a
¨¦t¨¦ dirig¨¦ par Didier Cantonny (directeur d¨¦velop-
pement qualit¨¦ OJD) et Ang Nakak (expert-comp-
table), et s¡¯est conclu par une diffusion arr¨ºt¨¦e ¨¤
plus de 4.750 exemplaires par semaine (moyenne),
soit une augmentation de 4,65% sur un an. Petite
(auto) satisfaction sur un segment presse pourtant
¨¦conomiquement malmen¨¦. Et remerciements cha-
leureux ¨¤ nos lecteurs et abonn¨¦s.
Actualit¨¦
Actualit¨¦
Quoi de neuf
cette semaine ?
uelles sont-elles, ces
mensurations id¨¦ales
capables de faire d¡¯une
entreprise une machine
de guerre ? Pour Bruno Fine,
quatre indicateurs s¡¯imposent:
l¡¯intensit¨¦ capitalistique
(mesure de la capacit¨¦ ¨¤ g¨¦n¨¦-
rer du chiffre d¡¯affaires grce
¨¤ ses actifs engag¨¦s), la renta-
bilit¨¦ des capitaux employ¨¦s,
la solvabilit¨¦ (ou mesure de la
capacit¨¦ de l¡¯entreprise ¨¤ cou-
vrir son endettement net, tant
il est important de ne pas trop
d¨¦pendre de son banquier¡­) et
enfin la croissance organique
ou externe, pour un d¨¦velop-
pement harmonieux. Et sur
2.500 soci¨¦t¨¦s cot¨¦es en Europe,
seules 500 r¨¦pondent ¨¤ ces
canons, pr¨¦cise le fondateur
de Roche-Brune Asset Mana-
gement. Pour exemple, la toute
puissante Areva, avec beaucoup
trop d¡¯actifs engag¨¦s, ne serait
pas ¨¦ligible ¨¤ l¡¯investissement
pour l¡¯exigeant Bruno Fine.
Au contraire d¡¯une Thales ou
de l¡¯autochtone Virbac, ¨¤ deux
doigts du Top 10 des meilleures
pr¨¦conisations¡­ Classer de la
valeur pour faire de la perfor-
mance, c¡¯est a, notre m¨¦tier,
assume Bruno Fine. Alors,
qu¡¯est-ce qui fait de Virbac une
valeur¡­ sre ?
Virbac, un OVNI pour le
financier : d¨¦tenue ¨¤ 50% par
la famille, cot¨¦e en bourse sur
le reste. Et Virbac va bien. Pour
son Directoire repr¨¦sent¨¦ par
Eric Mar¨¦e, sa notori¨¦t¨¦ tient
en trois points : son omnipr¨¦-
sence sur le secteur v¨¦t¨¦rinaire,
son arriv¨¦e en bourse et¡­ un
catamaran d¡¯enfer driv¨¦ par
Jean-Pierre Dick, fils du fon-
dateur. Une triple-visibilit¨¦ qui
aide. Mais surtout une histoire
¨¤ la Apple, avec un cabinet
v¨¦t¨¦rinaire ouvert ¨¤ Nice, puis
une foi sans concession dans
la progression du march¨¦ de
l¡¯animal de compagnie, une ins-
tallation ¨¤ Carros, suivie d¡¯un
esprit visionnaire qui pousse
vers l¡¯export, ¨¤ une ¨¦poque (les
ann¨¦es 80) o¨´ l¡¯Europe repr¨¦-
sentait l¡¯horizon. Et Virbac, tr¨¨s
tt, se positionne, longtemps
premier ind¨¦pendant derri¨¨re
les grands labos pharmaceu-
tiques au niveau mondial. Avec
700M de chiffre d¡¯affaires en
2012, 30.000 salari¨¦s sur 30
filiales dans le monde, Vir-
bac ne r¨¦alise que 15% de son
chiffre en France, et pourtant se
complat dans la plaine du Var.
Le groupe multiplie les acqui-
sitions grce ¨¤ un cash flow
bien huil¨¦, s¡¯impose d¨¦sormais
comme co-leader sur le march¨¦
indien, investit la Nouvelle-
Z¨¦lande, l¡¯Australie, et surtout
le Chili avec une sp¨¦cialisation
sur l¡¯aquaculture et sa s¨¦curi-
sation alimentaire. Un poisson
en super forme, frais vaccin¨¦,
le dernier challenge : c¡¯est le
meilleur rendement ¨¦nerg¨¦tique
du monde animal, avec les pois-
sons, on peut nourrir la plan¨¨te,
c¡¯est l¡¯avenir¡­ Et Virbac est
dans la place. Ce qui lui permet
de survivre en terrain hostile :
Eric Mar¨¦e ne se cache pas, en
France, et en Europe, la crois-
sance va s¡¯affaisser, les normes
de plus en plus contraignantes
nous obligent ¨¤ de lourds inves-
tissements. Pour preuve, cette
unit¨¦ ¨¤ 25M pour Carros, des-
tin¨¦e ¨¤ la fabrication de pro-
duits injectables st¨¦riles pour
nos amis les b¨ºtes¡­ L¡¯activit¨¦
export contrebalance, et Virbac
se maintient. Pour Eric Mar¨¦e,
le 50/50 entre capital familial
et cotation boursi¨¨re a du bon:
l'assemblage id¨¦al entre un
actionnaire longue dur¨¦e, for-
tement impliqu¨¦, et l¡¯aiguillon
du march¨¦, la stimulation. Un
bon cocktail, et un climat social
apais¨¦ par une gouvernance
sereine.
Autre exemple, autre fili¨¨re :
Ragni, sp¨¦cialiste de l¡¯¨¦clairage,
en est ¨¤ sa quatri¨¨me g¨¦n¨¦ra-
tion aux r¨ºnes d¡¯une entreprise
qui a su avancer avec le progr¨¨s.
Le ferronnier d¡¯antan n¡¯a pas
loup¨¦ le virage de la f¨¦e ¨¦lec-
tricit¨¦. A chaque d¨¦cennie son
innovation, et Ragni SA, fond¨¦e
en 1927 par Victor, grand-p¨¨re
de l¡¯actuel dirigeant, m¨¨ne sa
barque avec maestria, avec
aujourd¡¯hui 48 pays clients au
compteur¡­ Tout comme Vir-
bac, la France ne repr¨¦sente
que 10% du chiffre d¡¯affaires,
mais reste le socle. L¨¤ o¨´ l¡¯on
¨¦labore, petit ¨¤ petit, l¡¯¨¦clairage
intelligent, intuitif, pilot¨¦. Les
march¨¦s ¨¤ conqu¨¦rir sont ail-
leurs, en Am¨¦rique du Nord, en
Afrique, ¨¤ l¡¯est de l¡¯Europe avec
fen¨ºtre ouverte sur la Russie. A
Denver (USA), Ragni a investi
avec en ligne de mire 20M$
¨¤ glaner d¡¯ici cinq ans. Jean-
Christophe, St¨¦phane, Sandra
et St¨¦phanie : la quatri¨¨me
g¨¦n¨¦ration est en marche, d¨¦j¨¤
sur le terrain, au Kazakhstan
ou ailleurs. La d¨¦localisation?
Nous y avons r¨¦fl¨¦chi¡­ Sur
notre secteur, nombre d¡¯entre-
prises ont ¨¦t¨¦ rachet¨¦es par de
grands groupes, comme Philips,
et se sont ¨¦teintes petit ¨¤ petit.
Marcel Ragni r¨¦fute ce sc¨¦na-
rio. Nous ne sommes pas des
financiers, et le fait d¡¯¨ºtre un
enfant du pays, de rester dans la
comp¨¦tition en investissant sur
de nouvelles techniques, avec
de solides et fid¨¨les partenaires,
c¡¯est une option gagnante. La
main d¡¯uvre en France est la
meilleure du monde¡­ pour peu
qu¡¯elle se mette au travail. Chez
Virbac et Ragni, le message est
pass¨¦. Et si l¡¯on ne s¡¯y posi-
tionne pas comme financiers,
les pros, eux, s¡¯y int¨¦ressent¡­
Finalement, la famille aurait
du bon.
Isabelle Auzias
Investir en France ?
Oui, mais¡­
Belle initiative que celle du r¨¦seau W Finance (groupe Primonial) :
le t¨¦moignage de solides entreprises locales qui cultivent la r¨¦ussite.
Et permettent de croire en l¡¯avenir de la finance.
Q
Philippe Leon, dirigeant de Tribune Bulletin Cte d'Azur,
et les responsables des diff¨¦rents services ont accueilli
Didier Cantonny et Ang Nakak pour l'OJD.
47%
18%
Aux ct¨¦s de Mickal Bouchain, l'¨¦quipe organisatrice de W Finance / Groupe Primonial.